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Smart city : comment la Banque des territoires veut s'engager
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Smart city : comment la Banque des territoires veut s'engager

AEF Habitat et Urbanisme |  le 05/04/2019  |  Caisse des DépôtsVie du BTPSmart CityBanque des territoires

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Depuis 2016, la Caisse des dépôts accompagne les collectivités sur les enjeux de "smart city" par le biais d’un programme dédié, aujourd’hui intégré à la Banque des territoires. Responsable de ce programme rattaché au département transverse de la stratégie digitale, Jeanne Carrez-Debock retrace les grandes lignes de la stratégie déployée sur les projets de territoires intelligents.

La Banque des territoires, lancée en mai 2018 par la Caisse des dépôts, est de tous les événements, ou presque, consacrés à l’appropriation des enjeux liés à la smart city par les collectivités locales. Et pour cause. En tant qu’acteur de la ville, la CDC s’est investie pendant plusieurs années sur ces sujets avant de créer un programme dédié en 2016. À l’époque, il s’agit non seulement de se positionner sur le terrain de la ville intelligente, mais aussi de développer des synergies au sein du groupe entre les différentes filiales afin d’apporter la réponse la plus pertinente possible, le tout soutenu par un volet expérimentation organisé autour de territoires démonstrateurs.

"Depuis, nous avons créé la Banque des territoires. Mais nous maintenons une animation du programme smart city avec les filiales (Bpifrance, CDC biodiversité, CDC habitat, Egis, Icade, Transdev et la Scet) car le partage des expertises reste intéressant", resitue Jeanne Carrez-Debock, responsable du programme smart city. Rattachée au département transverse de la stratégie digitale, l’équipe du programme travaille en collaboration avec les trois directions métiers de la Banque des territoires que sont la direction des prêts, la direction de l’investissement et la direction des clientèles bancaires. Pour rester en prise avec le terrain, elle s’appuie par ailleurs sur les directions régionales, chacune disposant d’un responsable numérique territorial.

Le levier « Action Cœur de ville »

"Notre rôle est d’explorer les nouveaux sujets, de faciliter l’expérimentation de projets et de favoriser la construction de nouvelles offres au service des territoires", explique encore Jeanne Carrez-Debock. Pour remplir cette mission, le programme sollicite tous les leviers disponibles au sein de la Banque. Cette dernière déploie un volet consacré à l’accompagnement des territoires, notamment via le programme "Action cœur de ville" lancé en décembre 2017. "Il comprend une enveloppe dédiée aux sujets innovation et smart city", précise Jeanne Carrez-Debock. De fait, sur ce programme qui mobilisera plus de 5 milliards d’euros d'ici 2022, la Banque des territoires participe à hauteur de 1,7 milliard d’euros dont 50 millions pour le soutien aux innovations et "smart" solutions, via des cofinancements d’études stratégiques, opérationnelles et d’expérimentations.

Pour autant, si 165 des 222 conventions signées mentionnent au moins un projet innovant, seule une cinquantaine de villes envisage une stratégie de smart city globale à proprement parler. Trois secteurs en particulier qui participent à la redynamisation des centres-villes sont particulièrement présents dans les conventions : les projets autour de la digitalisation de commerces, la mobilité, surtout traitée sur le volet des services innovants et les projets de tiers lieux.

Un annuaire Smart City

Sur le volet conseil, la Banque des territoires a par ailleurs lancé en novembre 2018 un annuaire de la smart city qui compte actuellement 150 entreprises référencées. "Quand les collectivités locales veulent lancer un projet, elles ne savent pas toujours quels sont les prestataires sur ces sujets-là, et les entreprises, en particulier les start-up, ne peuvent pas toujours accéder commercialement aux collectivités locales", précise la responsable du programme smart city.

Une façon de faire se rencontrer l’offre et la demande en permettant à chacun d’afficher ses projets et références. "Nous n’auditons pas en détail les offres référencées, ce n’est pas un label", prévient-elle. Et d’ajouter : "Avec cet annuaire, nous sommes parfaitement dans la logique de plateforme qui est celle de la Banque des territoires, c’est-à-dire que nous voulons être animateur d’écosystème et facilitateur de projets smart city."

Intracting et co-investissement

Pour accompagner les collectivités dans leurs projets, le programme s’appuie aussi sur le rôle de financeur de la Banque des territoires, que ce soit via de l’investissement en fonds propres ou via des prêts. Plusieurs champs liés à la smart city bénéficient ainsi de financement tels que le très haut débit, socle de la ville intelligente (600 M€ de fonds propres et 550 M€ de prêts mobilisés depuis 2005), et divers projets où sont impliqués d’autres investisseurs. "Nous avons récemment investi dans Enrcit, un outil destiné à favoriser le développement de projets citoyens et participatifs autour des énergies renouvelables", cite en exemple Jeanne Carrez-Debock. "Comme nous l’avions fait avec des universités, nous aimerions développer un dispositif d’intracting (1) visant à financer des actions d’économie d’énergie dans les bâtiments des collectivités ou dans leur éclairage public", complète-t-elle.

L’investissement porte enfin sur les start-up "quand leurs solutions smart city servent les politiques publiques et qu’elles participent à la structuration de marchés encore peu matures". La Banque des territoires a notamment soutenu le service de partage de vélos électriques Zoov, Cap collectif qui développe une plateforme de co-construction des décisions publiques, ou encore l’opérateur de services d’écomobilité Clem’.

Des collectivités moyennes bien armées pour « désiloter »

Du côté des collectivités, plusieurs obstacles au développement de projets "smart" persistent malgré tout. "Elles sont parfois confrontées à un manque de ressources humaines et financières tandis que ces sujets présentent une certaine complexité technique voire juridique", considère Jeanne Carrez-Debock. Sans compter que les bénéficiaires du programme "Action cœur de ville", par exemple, entrent dans le dispositif avec des problématiques anciennes telles que la revitalisation de leur centre-ville ou les logements vacants. Il s’agit alors d’injecter de l’innovation dans ces chantiers prioritaires. Cependant, certaines villes, y compris de taille moyenne, entrent de plain-pied dans la transition numérique "à l’image par exemple d’Arras, de Dunkerque", cite la responsable du programme smart city.

Pour faire face au manque de moyens, notamment des petites communes et villes de taille moyenne, la Banque des territoires commence par ailleurs à s’intéresser à d’éventuelles pistes de mutualisation entre collectivités, par exemple sur des projets d’opendata. Un autre espoir pour ces petits territoires réside paradoxalement dans l’un des freins potentiels à l’essor de projets "smart", estime Jeanne Carrez-Debock : "Pour travailler sur la smart city, il faut s’attaquer aux silos et organiser la transversalité entre services, ce qui est sans doute plus facile pour des collectivités de taille modeste".
(1) Contrat de performance énergétique interne entre les différents services de la collectivité.

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