Culture

Slow architecture, l’officieux slogan de la Biennale de Venise 2018

Mots clés : Architecture - Manifestations culturelles

Prendre le temps de regarder l’espace. Une invitation lancée le 3 mars depuis Paris par Yvonne Farrell et Shelley McNamara, commissaires de la 16e Mostra internationale d’architecture.

A quoi ressemblera la Biennale internationale d’architecture 2018, programmée du 26 mai au 25 novembre à Venise (Italie) ? « Pour l’instant, on garde le secret, il faudra venir voir vous-mêmes », ont informé les deux discrètes commissaires, Yvonne Farrell et Shelley McNamara, lors d’une présentation officielle organisée le 7 mars à l’Institut culturel italien, à Paris (VIIe).

Les deux architectes irlandaises, dont l’agence Grafton est basée à Dublin, n’ont pas montré de projets, seulement des « images symboles » se rapportant au thème général de la 16e Mostra : « Freespace ». Parmi elles, deux photographies prises à Venise. Sur la première, piazza San Marco, une fenêtre du Palais des Doges est traversée par un rayon de soleil. Sur la seconde, dans les Giardini, la structure en béton du Pavillon des pays nordiques est transpercée par un arbre. Bref, Yvonne Farrell et Shelley McNamara nous invitent à « ralentir et prendre le temps de regarder » l’architecture, la nature et leurs composants : matière, lumière, ombre, air, gravité, etc. A les entendre, elles plaident presque pour une slow architecture (architecture lente), capable de générer des lieux qui inspirent le calme et le bien-être.

 

Espaces généreux

 

« Avec ces deux commissaires, nous ramenons les architectes à l’architecture, estime Paolo Baratta, président de la Biennale de Venise. Nous leur posons aussi la question de l’espace, de la qualité de l’espace, de l’espace libre et gratuit. » Pour Yvonne Farrell et Shelley McNamara, les architectes français Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal sont – en version originale non sous-titrée – « the masters of freespace ». « En offrant le double de la surface demandée au programme, comme à l’école d’architecture de Nantes, Lacaton et Vassal sont les maîtres de l’espace généreux », estiment-elles.

Pour l’édition 2018, 71 pays ont répondu à l’appel de la Biennale, dont sept nouveaux venus : Antigua-et-Barbuda, Arabie saoudite, Guatemala, Liban, Mongolie, Pakistan et Saint-Siège. La France présentera l’exposition « Lieux infinis », dont l’agence Encore heureux assure le commissariat. « Nous poserons trois questions, indique l’architecte Nicola Delon. Quels sont aujourd’hui les espaces de liberté ? Quelle est la responsabilité des architectes ? Faut-il mieux faire des bâtiments ou bien des lieux ? » Yvonne Farrell et Shelley McNamara espèrent que « chaque pays traduira dans sa langue et ses projets la notion d’espace ». En attendant, sur le fond et sur la forme, elles prendront leur temps : « Take it slow… »

 

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