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Six ans d’EPA à Saint-Etienne, et après ?

Aline Gillette |  le 17/05/2013  |  Bouches-du-RhôneEtat

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L’établissement public d’aménagement (EPA) de Saint-Etienne dresse le bilan de six ans de mandat : quatre ZAC et un appui technique, juridique et financier à la Ville. Mais l’avenir de ses financements reste incertain.

Lors de sa création en 2007, l’EPA de Saint-Etienne (Epase) a reçu pour mandat « d’accélérer l’aménagement, le renouvellement urbain et le développement économique » de la Ville. Créé en accord avec les élus locaux, financé à majorité par l’Etat, il appartient à la dernière génération des établissements publics d’aménagement, après une première série créée dans les années 1970 en lien avec les villes nouvelles. « Que ce soit Euromed à Marseille ou l’EPA Mantois Seine-Aval, ces EPA ont été créés pour démêler des configurations politiques ou institutionnelles complexes et résorber des problèmes urbains, tandis que les précédents étaient les bras armés de l’Etat », analyse Gilles Pinson, politiste (1). « A Saint-Etienne, le contexte de création est représentatif, poursuit-il. On avait un déficit d’expertise locale, produit d’une rivalité entre Ville et agglomération, et de lourdes difficultés à résorber. » L’Epase a donc pris plusieurs projets en main.

Rapidité et compétences

A son actif, après six ans d’intervention, on compte quatre ZAC en maîtrise d’ouvrage directe : le quartier d’affaires autour de la gare de Châteaucreux (photo ci-dessus), un pôle commercial en périphérie, un quartier résidentiel dans l’hypercentre et le quartier créatif Manufacture-Plaine Achille, où s’est implantée la Cité du design. En outre, le quartier des Ursules est en maîtrise d’ouvrage partagée avec la Ville. Au total, 330 ha sont concernés. Ce bilan semble emporter l’adhésion des partenaires. « Sans cet outil, il aurait été difficile de gérer de grandes opérations commerciales ou tertiaires comme Pont de l’Ane-Monthieu ou Châteaucreux, estime Florent Pigeon, adjoint à l’urbanisme à la Ville de Saint-Etienne. Elles auraient mis du temps à voir le jour car certaines compétences comme la commercialisation et la promotion sont peu développées en interne. »
La rapidité d’intervention est aussi liée au fonctionnement de l’EPA. « Contrairement à une municipalité où les validations politiques sont nombreuses, l’EPA peut lancer les opérations rapidement du moment qu’il obtient l’accord du conseil d’administration », rappelle Gilles Pinson. Un atout nécessaire pour faire ses preuves. Au-delà de 2014, nul ne sait si les financements inscrits au contrat de projet Etat-région seront renouvelés à même hauteur. « Nous nous mobilisons pour que l’exercice perdure. Le maire est très actif sur le sujet, confie Florent Pigeon. Mais il est évident qu’en l’absence de l’Epase, nous devrions nous réorganiser. »

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PHOTO - 719559.BR.jpg - © Nicolas ROBIN/EPASE
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PHOTO - 719560.BR.jpg - © epase
Pascal Hornung, directeur général de l’Epase.

Dès sa création, le mandat de l’Epase a été d’aider la Ville dans sa reconversion post-industrielle et de conforter sa place au sein du pôle métropolitain lyonnais. Il a fallu pour cela relancer le développement économique, en passant par une tertiarisation des activités - c’est l’objet de Châteaucreux -, et renforcer l’attractivité résidentielle et commerciale avec des projets comme Jacquard ou Pont de l’Ane/Monthieu. L’apport de l’EPA est pour partie financier. Son budget de 260 millions d’euros sur huit ans a permis de lancer des projets que la Ville n’aurait pu mener seule. Mais il a aussi amené une expertise, avec des compétences techniques et juridiques permettant de piloter des opérations complexes. Concernant le foncier, l’Epase travaille étroitement avec l’Epora (EPA de l’Ouest Rhône-Alpes), dans un souci de valorisation des quartiers. Dans certains cas, l’Epase a été promoteur pour s’assurer de l’arrivée rapide d’activités. Il faudra entre dix et quinze ans pour achever les projets en cours. Le rendez-vous de 2014 est en cela important car il décidera de la deuxième étape de financement.

(1) Lire son analyse dans « Desseins de villes : un retour de l’Etat aménageur ? » de Jean-Michel Guénod, Editions de l’Aube, 2012.

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