Immobilier

Simi : Des Immeubles à Vivre bois, solution pour la ville durable ?

Mots clés : Architecte - Bois - Démarche environnementale

Promoteurs, architectes, membre de la DHUP se sont réunis, lors d’une conférence organisée par Adivbois au Simi, pour faire un tour d’horizon des potentiels des Immeubles à Vivre bois.

Quel est le potentiel des Immeubles à Vivre Bois pour la promotion immobilière ? Tel était l’objet d’une conférence organisée par Adivbois au Simi. Frank Mathis, le président de l’Association pour le développement des immeubles à vivre bois a positionné ces bâtiments qui cumulent verticalité et design en bois comme « une solution innovante au sein du Plan Ville Durable ». Un avis que partage Oriane Lafargue de REI, qui compte une dizaine de constructions en bois à son actif, et pour qui il est important de lutter contre le réchauffement climatique et de faire entrer la nature dans les projets. « Nous constatons d’ailleurs que de gros acteurs de l’immobilier s’y intéressent aujourd’hui. La construction bois, plus qu’un effet de mode, est devenue une véritable tendance de fond », affirme-t-elle.

 

Faire travailler la filière locale

 

Les projets bois se multiplient donc. Icade Promotion en compte de plus en plus à son actif que ce soit en habitat ou en tertiaire. « Des projets avec lesquels nous souhaitons démocratiser la construction bois. C’est un véritable travail de fond », relève Jean-Christophe Acquier, d’Icade Promotion. Un travail de fonds qui bouscule les habitudes et permet de faire appel à d’autres acteurs, notamment locaux. Ecopolis, par exemple, est le premier projet en bois de Graam architecture, à Dijon. Leur priorité était de travailler avec des bois locaux et de soutenir activement les emplois locaux. De l’avis de tous, construire en bois permet d’accompagner le développement de la filière forêt et bois, de favoriser les emplois locaux et de travailler en partenariat avec les acteurs de la 2e transformation. Le groupe GCC qui s’est lancé dans la promotion immobilière a par exemple fait appel à la filière locale pour le projet de concours à Saint-Etienne Pop Up. Des panneaux de sapin blanc, ressource locale, ont été choisis pour le mobilier et les espaces de co-working de l’hôtel.

 

Préfabrication et modularité

 

Autre argument de poids soulevé par ces promoteurs et architectes : la préfabrication permettant des délais d’exécution rapides et la modularité. Pour Jean-Christophe Acquier, « l’utilisation de la préfabrication bois avec des modules 3D dans le projet Wood’Art de Toulouse permet une grande rapidité d’exécution tout en visant le haut de gamme. On peut aujourd’hui monter 30 logements en un jour ! ».  Pour Patricia Maciocia-Wattel de GCC, la construction et l’aménagement en bois offre une modularité et une réversibilité intéressante. « Un mode constructif qui permet de faire évoluer les espaces, de les réinventer à loisir. Nous avons travaillé avec des designers stéphanois et une ébénisterie solidaire pour imaginer les mobiliers de Pop Up, tels que les lits et les tables de rencontre dans les logements en co-location ». « La modularité du bois est une évidence et la rapidité d’exécution a fait ses preuves », synthétise Mathias Romvos de Graam Architecture. On est aujourd’hui capable de monter 92 chambres d’hôtel en une semaine. Reste aujourd’hui à réfléchir au bois usage du bois au bon matériau au bon endroit, pour convaincre de sa pérennité ! »

 

Le bois est-il compétitif ?

 

A la question, « le bois est-il compétitif ? », les avis des intervenants divergent. Pour Patricia Maciocia-Wattel de GCC et Oriane Lafargue de REI, « le bois est compétitif si l’on réfléchit suffisamment en amont et en étroite collaboration avec les entreprises de construction ». Mathias Romvos estime quant à lui que les coûts de la construction bois sont assez proches de ceux du béton, entre 1000 et 1500 euros au m2 (pour du passif). Alors que pour Jean-Christophe Acquier, la construction bois est chère car la filière n’est pas encore assez développée. Quoi qu’il en soit, il est important de « former les concepteurs à réfléchir à une meilleure rationalité et inciter les architectes et les ingénieurs à travailler ensemble », soulève Mathias Romvos qui termine en mettant en avant la qualité et le confort : « la valeur patrimoniale a évolué et les nouvelles générations veulent bénéficier tout de suite d’une meilleure qualité de vie, ce que permet notamment le bois ».

En guise de conclusion et de synthèse, les propos de Mikaël Thiery, chef du Bureau de la performance environnementale des bâtiments à la DHUP : « la réduction des GES, la densification, la valorisation des matériaux bio-sourcés, les avantages de la filière sèche, la valeur emploi, la mutabilité des espaces, la construction réversible… sont au cœur des préoccupations de l’État. Ils constituent autant d’arguments encourageants pour créer une véritable offre bois technico-architecturale française. C’est aussi en développant ces démonstrateurs à grande échelle que les coûts diminueront ».

 

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