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Sévère réquisitoire dans l’affaire des marchés publics d’Ile-de-France

Defawe Philippe |  le 09/06/2005  |  Seine-et-MarneVal-d'OiseYvelinesParisSeine-Saint-Denis

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Le parquet de Paris a requis mercredi une peine de quatre ans de prison dont un ferme contre l'ex-président RPR de l'Ile-de-France Michel Giraud et quatre ans avec sursis pour Michel Roussin, ancien bras droit de Jacques Chirac à la mairie de Paris.

Le procureur Henri Génin a également demandé une amende de 100.000 euros pour chacun des deux prévenus ainsi que la privation de leurs droits civils, civiques et familiaux pendant cinq ans, au terme d'un réquisitoire d'environ neuf heures, devant la 11e chambre du tribunal correctionnel.
A l'encontre du champion olympique Guy Drut, député UMP et membre du Comité international olympique (CIO) investi dans la promotion de Paris pour les JO 2012, il a réclamé une peine de 18 mois de prison avec sursis et 80.000 euros d'amende, pour un emploi fictif présumé.
Pour Gérard Longuet, ex-président du Parti Républicain et actuel sénateur UMP de la Meuse, M. Génin a requis trois ans d'emprisonnement avec sursis, 100.000 euros d'amende et une peine de cinq ans de privation de droits, entraînant de fait une inéligibilité sur cette même période.
Louise-Yvonne Casetta, ex-trésorière occulte du RPR, a fait l'objet d'une réquisition de deux ans d'emprisonnement avec sursis et 10.000 euros d'amende.

Pour le parquet, M. Giraud "savait tout des dérives de l'institution" qu'il dirigeait et qui était impliquée dans cette vaste affaire de "corruption institutionnalisée" dont "la démocratie est certainement sortie meurtrie".
Quant à Michel Roussin - qualifié de "sorte de majordome de l'hôtel de ville, la bouche cousue de fil blanc" -, "il est des silences d'honneur qu'on doit porter comme de véritables cilices", a remarqué le procureur.
Dans une allusion à Jacques Chirac, alors maire de Paris et président du RPR, M. Génin a évoqué "la loyauté et la fidélité dues à son patron qui conduisent en partie M. Roussin à se taire aujourd'hui" tout en soulignant que "parfois aussi on a l'obligation de dire non".
L'autre procureur, Philippe Combettes a estimé que Guy Drut avait bien profité d'un emploi fictif au sein de l'entreprise de BTP Sicra (filiale de l'ex-CGE, groupe Vivendi, ndlr).
Lors de son audition, M. Drut avait expliqué qu'il était "une espèce de clef pour ouvrir les portes vers des décideurs", ajoutant: "toute peine mérite salaire".
"On a trouvé le salaire, on cherche encore la peine", a ironisé le procureur.
Quant à Gérard Longuet, "habitué des prétoires mais familier des non-lieux et des relaxes", sa "responsabilité pénale paraît tout a fait établie", selon M. Génin.
Contre le seul représentant de la gauche poursuivi, Gérard Peybernes, ex-président de l'association de financement du PS, le parquet a demandé 2 ans avec sursis et 10.000 euros d'amende.

Ce scandale politico-financier, constitué par l'attribution de marchés à des entreprises en contrepartie du versement aux partis politiques de 2% de leur montant, a été aussi pour le parquet l'échec de "la première collectivité locale d'Europe", le conseil régional d'Ile-de-France et une faillite des entreprises qui ont choisi de fausser le jeu de la concurrence.
Les deux procureurs ont demandé des peines d'emprisonnement ferme à l'encontre de Gilbert Sananes, ex-président du cabinet Patrimoine Ingiénerie, "pièce maîtresse du dispositif" de corruption et Michel Elbel, élu centriste qui a touché un million de francs en liquide de la part des entreprises alors qu'il était président de la commission d'appel d'offres de la région.

Enfin, contre la trentaine de chefs d'entreprise accusés d'entente, abus de bien social ou corruption, des peines d'emprisonnement avec sursis variant d'un à deux ans, assorties de lourdes amendes ont été demandées.
Le procès se poursuit jusqu'au 6 juillet.

Françoise MICHEL et Eloi ROUYER (AFP)

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