Chantiers

Série des grands chantiers 1/7 : Iter prépare le nid géant du réacteur à fusion nucléaire

Iter est l’un des ouvrages exceptionnels que Le Moniteur vous emmène visiter. Le chantier sur le site d’Iter, dans les Bouches-du-Rhône, porte sur l’installation du plus grand tokamak du monde et la construction des installations adjacentes. La livraison du complexe est prévue en 2016.

Le site du Réacteur thermonucléaire expérimental international (Iter), dans les Bouches-du-Rhône, accueille un chantier colossal. Objectif : permettre l’installation et la mise en service du plus grand tokamak du monde, une machine de confinement magnétique capable de produire les conditions nécessaires à la fusion nucléaire contrôlée.

En synthèse

Chiffres clés

23 000 tonnes : C’est ce que pèsera le tokamak, soit trois fois le poids de la tour Eiffel.
150 000 m3 de béton sont nécessaires à la construction des bâtiments.
500 personnes travaillent actuellement sur le chantier, qui en comptera 3 000 lors du pic d’activité.
13 milliards d’euros : Coût estimé de la phase de construction du programme Iter.
1 million d’éléments venus du monde entier seront acheminés sur le site.

La phase en cours porte sur la création du radier des bâtiments destinés à contenir le tokamak, ainsi que les installations adjacentes. Le futur complexe représentera une charge de 360 000 tonnes, dont 23 000 tonnes pour le tokamak. Haut de 80 mètres, large de 80 mètres et long de 120 mètres, l’édifice comprendra trois bâtiments : le tokamak proprement dit ; le système de diagnostics et de pilotage ; l’installation Tritium, qui servira à produire le plasma qui alimentera le réacteur. Pas moins de 16 000 tonnes de ferraillage, 150 000 m³ de béton et 7 500 tonnes de métal seront utilisés pour créer la structure des bâtiments.

 

493 plots parasismiques

 

La qualité du substrat rocheux de la plate-forme d’Iter, qui s’étend sur 42 hectares, a déterminé l’emplacement exact du complexe. Le radier est en cours de réalisation. Le chantier a débuté en 2013 et devrait s’achever à la fin 2014. Il va prendre place au fond d’une fouille de 90 mètres par 130 mètres, profonde de 17 mètres. Elle a été excavée et renforcée entre 2010 et 2012.

Huit mois ont été nécessaires pour achever les travaux de terrassement et d’investigation de la roche. Le radier repose sur 493 poteaux, coiffés d’autant de patins parasismiques. Ces derniers sont composés de couches de néoprène et d’acier sur 18 centimètres dont la tête, surmontée d’armatures en acier, est solidarisée à la dalle. L’amplitude latérale que procurent ces patins est de 10 centimètres environ, ce qui doit permettre d’endiguer les mouvements du sol en cas d’événements sismiques.


Des précautions loin d’être théoriques, puisque le site de Saint‑Paul-lès-Durance, où est basé Iter, se trouve dans une zone de moyenne sismicité. Les travaux de préparation, de coffrage et d’étayage ont été réalisés en 2013. Le maillage particulièrement serré du ferraillage, qui comprend 4 000 tonnes d’acier, a rendu les opérations de bétonnage complexes. D’autant qu’il n’était pas imaginable de couler d’un coup les 14 000 m3 de ce radier exceptionnel. C’est pourquoi cette opération a été segmentée en 15 étapes, qui se répartissent sur une durée d’environ dix mois. Il restera alors un peu plus d’un an pour monter les voiles et réaliser la couverture. La livraison des trois bâtiments est prévue en 2016. Après ces opérations de génie civil viendra l’assemblage de la machinerie, qui comptera un million d’éléments de haute technologie en provenance du monde entier. On n’a pas fini de voir des grues à Cadarache…

 

Focus

Fiche technique

Maîtrises d’ouvrage : Iter Organization (structure mondiale) ; Fusion For Energy (structure européenne) ; Iter France (structure française). Maîtrise d’œuvre : consortium Engage regroupant Assystem, Egis Industries, Empresarios Agrupados et Atkins. Entreprises de gros œuvre du bâtiment : Vinci Construction Grands Projets (leader), Dodin Campenon Bernard, Vinci Construction France, Ferrovial Agroman, Razel-Bec.

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