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Série de l'été 3/6 - Un homme toujours au courant

CHRISTIANE WANAVERBECQ |  le 10/08/2018  |  EnergieGardHautes-AlpesVaucluseFrance entière

Monteur de pylônes -

Harnaché comme un alpiniste, Jonathan Girasole se hisse jusqu'à plus de 50 m pour réparer les lignes à haute tension.

Au sein de RTE, Jonathan Girasole est technicien de maintenance au groupe de maintenance réseau (GMR) Cévennes à Nîmes (Gard). Sa mission consiste à entretenir et réparer les lignes électriques hors tension et sous tension (63 000 à 400 000 volts). Mais le trentenaire a d'autres compétences. Parmi les 500 monteurs ou « lignards » de la société, il fait en effet partie d'un cercle restreint de 41 professionnels qui peuvent être détachés au service des travaux héliportés (STH) de la base d'Avignon. Dans ce cadre, il intervient sur des chantiers dans toute la France, tel celui de la rénovation des lignes à haute tension dans le nord des Hautes-Alpes. Depuis le début de l'année, il a été détaché pendant neuf semaines.

Titulaire depuis 2016 de l'habilitation « H », il peut radioguider les pilotes d'hélicoptère depuis le sol afin d'intervenir rapidement sur une ligne électrique. « Cela évite souvent de la couper, ce qui préserve la continuité de l'alimentation électrique, et cela donne accès à des sites difficiles et protégés peu propices à la construction de pistes d'accès », explique-t-il.

Il arrive qu'une nacelle le monte en haut de pylônes, jusqu'à plus de 50 mètres du sol, mais bien souvent, harnaché comme un alpiniste, il les escalade à la force des bras et des jambes. Et cela par tout temps. Un travail de force, mais aussi de précision car il ne faut pas, par exemple, fragiliser les câbles ou casser des isolateurs en verre.

La sécurité est la première des exigences. D'ailleurs, lors de son entrée chez RTE en 2013, Jonathan Girasole a suivi une formation d'une semaine pour apprendre toutes les techniques de montage à un pylône. Depuis, il reçoit une piqûre de rappel chaque année.

Casser la routine. « Je passe un tiers de mon temps sur des pylônes. J'aime l'adrénaline, mais comprendre et savoir pourquoi il faut intervenir, c'est le plus important », tient-il à préciser. Le reste de son temps, il le consacre à réaliser des calculs sur les forces mécaniques de la ligne, à préparer sa consignation pour la mettre hors tension. Il recense aussi les mesures à prendre pour limiter l'impact de l'intervention sur l'environnement.

Cette diversité des tâches lui plaît car elle permet de « casser la routine ». Un désir qui explique son parcours jusqu'à RTE. « J'ai démarré ma vie professionnelle dans une entreprise de bâtiment où je posais du carrelage. En 2009, un ami employé chez Eiffage m'a parlé du métier de monteur. J'y ai postulé et j'ai été pris après un entretien et une séance pour tester ma capacité à grimper sur un pylône », raconte Jonathan Girasole. Attiré par les possibilités d'évolution, il candidate ensuite chez RTE. Il passe cinq ans au GMR de Nice, puis demande à rejoindre celui de Nîmes « pour pouvoir travailler sur des lignes sous tension ». Cette mutation offre au diplômé d'un BEP en électrotechnique l'opportunité de devenir contremaître.

« C'est quelqu'un de fiable et d'assidu. Dans l'avenir, il aura le potentiel pour superviser une équipe d'une vingtaine de personnes », estime Jean-Luc Durand, son superviseur pour les travaux héliportés en Haute-Durance.

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PHOTO - 14417_870486_k2_k1_2045307.jpg - © ERIC FRANCESCHI / LE MONITEUR
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Salaire à l'embauche : de 24 000 euros par an (sans expérience) à 27 000 euros par an. Rémunération à mi-carrière : de 30 000 à 35 000 euros par an.

« Un rôle clé pour faire accepter les interventions »

« La maintenance des lignes aériennes s'exerce dans un contexte où la société regarde de près l'impact de nos installations et de nos activités industrielles sur l'environnement. Nos “ lignards ” sont en lien direct avec les riverains et les collectivités locales. Ils jouent donc un rôle clé pour faire accepter les interventions. Cette fonction d'ambassadeurs de RTE auprès des territoires va être renforcée. Les nouvelles technologies font aussi évoluer nos métiers.

Nous expérimentons depuis 2011 les drones en mode « œil déporté » pour inspecter les lignes. Avec le développement de ces moyens aériens, de la captation automatique des données et de l'analyse en masse de celles-ci, l'inspection de nos ouvrages sera de plus en plus automatisée. Nos équipes pourront se consacrer à des activités à plus forte valeur ajoutée. »

Patrick Bortoli, directeur de la maintenance chez RTE.

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PHOTO - 14417_870486_k5_k4_2045305.jpg - © RTE

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