En direct

Série de l'été 2/6 - Tireur d'élite

christian robischon |  le 03/08/2018  |  MoselleFrance entière

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Moselle
France entière
Valider
Nettoyeur haute pression -

Richard Robinson se faufile en lourde combinaison dans des endroits réputés inaccessibles pour envoyer des jets d'eau ultrapuissants. Dur, mais indispensable.

Pistolet de plusieurs kilos au poing, ample visière, combinaison du cou jusqu'aux pieds recouvrant des bottes à renfort de métal : Richard Robinson fait penser à un soldat. Mais d'un genre particulier. A l'instar des 12 000 opérateurs en assainissement et maintenance industrielle (OAMI) qui exercent dans 600 entreprises en France, il mène un combat qui consiste à maintenir en bon état de fonctionnement des installations industrielles.

A 55 ans, il fait partie de l'équipe de quelques salariés expérimentés que l'entreprise Malézieux Industrie, basée en Moselle, charge d'entrer dans les cuves de produits chimiques, les étroites colonnes de distillation, les canalisations les plus sinueuses, afin de procéder à leur nettoyage à très haute ou ultra-haute pression. A lui d'envoyer au bon endroit de l'eau brûlante, jusqu'à 60 °C, qui sort à vitesse grand V de son « arme », sans se prendre en retour de redoutables projections de substances toxiques, de métal ou de béton.

Pas de doute, ce front-là aussi est fort risqué. « J'ai cru mourir plusieurs fois », finit-il par confier.

L'homme est pudique sur son quotidien, mais on devine qu'à côté d'opérations de maintenance soigneusement préparées, il lui arrive d'intervenir en urgence dans des endroits réputés inaccessibles : « Cette canalisation où il y avait un minimum de place pour passer la tête, puis le corps, je m'en souviens encore. » Pas question donc d'être claustrophobe : le milieu confiné est l'ordinaire du métier. En comparaison, les missions d'hydrodémolition du béton d'ouvrages semblent agréables : « On est à l'air libre, c'est bien mieux. »

Jusqu'à 3 000 bars. Impossible aussi de se montrer intolérant à la chaleur. La température de travail monte jusqu'à 70 °C. A cela s'ajoutent le poids des 5 à 6 kg de la combinaison multicouche en kevlar et la force de poussée du pistolet. Au bout du canon, l'eau s'éjecte jusqu'à 3 000 bars, quand elle vient de la machine la plus puissante de Malézieux Industrie qui ne connaît qu'un équivalent en Europe. « Il faut bien se connaître pour ne pas être sujet aux vertiges, savoir gérer son effort et se relayer au bon moment dans l'équipe », souligne Richard Robinson. Lui confie savoir tenir deux à quatre heures dans ces conditions. Un masque protège des inhalations de produits dangereux. « Le plus compliqué, c'est le bruit. » Malgré l'impressionnant casque de pro-tection acoustique, « il est continu et assourdissant. Parlez plus fort, s'il vous plaît : mes oreilles sifflent sans cesse ».

Il l'avoue, les trente-trois ans de métier l'ont usé, d'autant que les protections n'étaient pas les mêmes à ses débuts. Changer de voie ne lui aurait pas déplu, mais la vie n'a pas offert l'opportunité d'études poussées à ce garçon né de la rencontre d'une Lorraine et d'un Canadien, pilote de l'armée de l'air. « Le métier a surtout besoin d'être reconnu, estime-t-il. Alors que nous mettons une demi-heure à préparer le chantier, trop de clients l'assimilent encore à un bon coup de Kärcher. »

PHOTO - 14308_866139_k5_k1_2035214.jpg
PHOTO - 14308_866139_k5_k1_2035214.jpg - © ARNO PAUL / LE MONITEUR
Formation et salaire

Formation : le certificat de qualification professionnelle (CQP) d'opérateur en assainissement et maintenance industrielle (OAMI) a été créé en 2016.

Salaire : minima de la convention collective à 1 520 euros bruts, avec un treizième mois. Dans les faits, avec l'ancienneté, la rémunération atteint 1 800 euros nets, hors heures supplémentaires.

« Des qualités de résistance physiques et psychiques »

« Le nettoyage haute pression requiert de la résistance physique, mais aussi d'importantes qualités mentales.

Il impose d'être méthodique et précis dans les gestes, de rester toujours calme sans céder à la panique en situations confinées potentiellement anxiogènes. Il suppose d'avoir une fibre mécanique, un esprit “bricoleur” mais dans le bon sens du terme ! Les compétences sont exigeantes, nous considérons qu'il nous faut au moins un an pour bien former.

Pour toutes ces raisons, nous ne retenons qu'un candidat sur dix alors que le travail ne manque pas. Et si je pouvais trouver de suite 10 personnes faisant l'affaire, je les embaucherais. Indispensable, le métier constitue à la fois un pilier et un motif de fierté pour notre entreprise. »

Eric Defrance, directeur général de Malézieux Industrie.

PHOTO - 14308_866139_k4_k3_2035213.jpg
PHOTO - 14308_866139_k4_k3_2035213.jpg - © ARNO PAUL / LE MONITEUR

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Dictionnaire du droit de l’urbanisme

Dictionnaire du droit de l’urbanisme

Date de parution : 02/2019

Voir

Guide pratique du contentieux de l'urbanisme

Guide pratique du contentieux de l'urbanisme

Date de parution : 01/2019

Voir

Code des juridictions financières

Code des juridictions financières

Date de parution : 12/2018

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur