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Selon l’Ademe, le débat autour de l'incinérateur de Fos-sur-Mer est faussé

Defawe Philippe |  le 13/01/2006  |  CorseAlpes-MaritimesPyrénées-OrientalesBouches-du-RhôneAude

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François-Renaud Siebauer et Jean-François Mauro, ingénieurs à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) donnent leur avis sur le débat
autour du projet d'incinérateur de la communauté urbaine de Marseille à Fos-sur-Mer et du plan concurrent de traitement des déchets du conseil général des Bouches-du-Rhône.

Sur un plan strictement technique, la polémique autour de l'incinérateur prévu à Fos-sur-Mer et du plan départemental d'élimination des déchets présenté comme une alternative est-elle justifiée ?
Le débat est faussé et il ne peut donc répondre aux bonnes questions qui sont: où et comment traiter les déchets et surtout quel est l'intérêt public ? Le débat aurait dû porter sur le fait, qu'une fois de plus, MPM va traiter ses déchets chez le voisin. Ni le projet de Marseille Provence Métropole (MPM) ni celui du conseil général ne semblent convaincants, il y a des points noirs dans les deux, aucun n'est plus vertueux que l'autre.

Quels sont ces points noirs?
Selon le projet de MPM, sur les 600.000 tonnes de déchets produites par an, 170.000 seraient valorisées, en déchetterie ou par tri sélectif. Mais on sait que ces filières ont des taux de refus importants. Que devient alors ce qui n'est pas valorisé ? Ensuite, sur les 430.000 tonnes restantes, 300.000 seraient incinérées et 130.000 traitées par méthanisation.
Pour l'incinérateur, que deviennent les mâchefers ? Contrairement à ce qui est annoncé, il est techniquement impossible de les éliminer à 100%.
Sur la méthanisation, il y aura environ 20.000 tonnes de refus, dont on ne sait pas ce qu'elles vont devenir. Ces questions n'ont pour l'instant reçu aucune réponse technique sérieuse et fiable... Bref, tout ceci paraît très fumeux et la capacité de 300.000 tonnes pour l'incinérateur est insuffisante si on veut éliminer les refus des autres modes de traitement.
Quant au plan du conseil général, il prône une réduction des déchets à la source mais il n'y a eu pour l'instant aucune proposition concrète en ce sens. Cela dit, l'idée d'une réelle coopération départementale est très bonne.

Les opposants à l'incinérateur mettent en avant les risques pour l'environnement et la santé, notamment les émissions de dioxines. Ces risques sont-ils réels et peut-on évaluer leur impact ?
Le danger des dioxines est avéré mais il y a plus de 60 incinérateurs en France et ce n'est pas une solution à écarter pour autant. Aujourd'hui, l'usine sidérurgique Sollac à Fos émet 20 fois plus de dioxines qu'un incinérateur à ordures nouvelle génération! C'est une donnée publique mais elle est occultée dans le débat actuel. Il n'y a toutefois pas d'impact connu.
Il existe des incinérateurs urbains à Toulon, Nice et Antibes, le territoire de MPM pourrait lui aussi accueillir un incinérateur, même si ces implantations ne sont jamais faciles.

Propos recueillis par Laurent Banguet (AFP)

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