En direct

Sécurité routière : le BTP passe la première

Florent Lacas |  le 08/06/2012  |  Politique socialeTransportsSarthe

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Politique sociale
Transports
Sarthe
Valider
Risques professionnels -

Le risque routier est source de nombreux accidents graves dans le BTP. Les entreprises peuvent s’en protéger en organisant leurs trajets et en sécurisant leurs véhicules.

Le risque routier représentait, en 2010, la deuxième cause d’accidents du travail mortels dans le secteur de la construction. Douze décès étaient à déplorer, d’après les statistiques de la Caisse nationale d’assurance-maladie des travailleurs salariés. « Contre le risque routier, la plupart des entreprises mettent en place des campagnes de communication en interne, note Julien Tonner, ingénieur-conseil à la Caisse régionale d’assurance-maladie d’Ile-de-France (Cramif). Cela joue en faveur d’une prise de conscience, mais ce n’est malheureusement pas suffisant. » Les solutions les plus efficaces sont connues, à commencer par l’organisation de tous les déplacements : mission, trajet domicile entreprise… « Il ne faut pas se déplacer au hasard, confirme Patrick Goulvestre, responsable de domaine travaux publics à l’organisme professionnel de prévention du BTP. Chaque itinéraire doit être préparé pour éviter les voyages inutiles. » Un deuxième levier important pour lutter contre le risque routier consiste en l’amélioration des véhicules utilisés par l’entreprise, en particulier les véhicules utilitaires légers. La Cramif a mis l’accent sur cet aspect en proposant aux PME, jusqu’à fin novembre 2013, une aide financière pour l’aménagement intérieur des fourgons. « Arrimer les charges à l’intérieur du VUL est une procédure indispensable, tout comme l’installation d’une cloison entre la cabine et l’habitacle. Bien sûr, les véhicules doivent passer régulièrement au contrôle technique », détaille Patrick Goulvestre. Les VUL ont l’avantage de pouvoir être conduits par des détenteurs du permis B. Cet atout ne va pas sans un bémol, dans la mesure où un fourgon n’est pas forcément facile à conduire, au contraire. « Le parc des VUL augmente rapidement puisque c’est un véhicule multifonction mais également multirisque, explique Julien Tonner. Nous observons qu’il y a souvent une mésestimation du comportement routier d’un VUL chargé. »

Passer par une formation écoconduite

D’où l’intérêt de faire passer aux salariés concernés des formations à la conduite en sécurité. Une démarche qui, selon Julien Tonner, peut s’appuyer sur l’écoconduite dans le cadre de formations dispensées sur le trajet domicile-travail. « L’écoconduite est basée sur des principes parfois similaires avec ceux de la conduite en sécurité : anticipation, allure modérée. L’aspect ‘‘écologique’’ et économique a l’avantage d’être plus à même d’impliquer les acteurs que l’aspect purement préventif, souvent perçu comme une contrainte. »

PHOTO - 648684.BR.jpg
PHOTO - 648684.BR.jpg - © stephane bellanger/le moniteur
PHOTO - 648714.BR.jpg
PHOTO - 648714.BR.jpg - © Guillaume ATGER/LE MONITEUR
PHOTO - 648683.BR.jpg
PHOTO - 648683.BR.jpg - © Cyril Chigot/le moniteur
Aménager - Améliorer l’équipement des véhicules utilitaires légers

L’un des meilleurs moyens de diminuer le risque routier en entreprise consiste à soigner son parc de véhicules. C’est ce qu’a compris la société Eiffage Energie Thermie - Ouest (plomberie, chauffage, ventilation, climatisation, 120 salariés), utilisatrice de 62 véhicules dont 53 véhicules utilitaires légers (VUL) aménagés en faisant appel à des équipementiers agréés. « La majorité de nos VUL sont équipés d’une cloison de séparation, et tous sont pourvus de rails d’arrimage pour fixer les charges à l’arrière », détaille François Jaulin, animateur prévention qualité sécurité de la société. Par ailleurs, ils sont équipés de ventilations haute et basse pour éviter une concentration de gaz en cas de fuite d’une bouteille, et munis d’un extincteur et d’une trousse de secours. Les caractéristiques techniques d’une trentaine de VUL comprennent l’aide au freinage d’urgence et l’antiblocage de sécurité. « Chaque véhicule possède un carnet de suivi vérifié, chaque semaine, par le responsable du parc automobile. » Les contrôles techniques sont réguliers : état des pneumatiques, contrôle des niveaux et des essuie-glaces... « Nos salariés ont progressivement pris conscience de l’importance d’être attentif à l’état des véhicules », estime François Jaulin.

Le résultat

Les salariés s’impliquent dans l’entretien des véhicules de l’entreprise

Sensibiliser - Former ses salariés à la conduite en sécurité

« Je tenais à ce que nos salariés soient confrontés concrètement à des situations dangereuses sur la route pour apprendre la conduite en sécurité. » Pour cette raison, Laurent Martin, responsable qualité sécurité environnement du groupe Brunet (300 salariés, travaux publics, étanchéité), a décidé de proposer aux salariés du groupe une formation dans un centre de conduite spécialisé. « L’apprentissage théorique est nécessaire, mais il a ses limites. Tous les salariés amenés à conduire l’un de nos 70 véhicules ont pu acquérir, grâce à ces formations d’une journée, les bons réflexes à avoir en cas de difficultés : conduite sur une chaussée humide ou véhicule en surcharge. » Si, au départ, tous les salariés n’étaient pas convaincus par l’initiative, il semble que la démarche les ait conquis. « C’est même l’une des rares séances de formation qui les aient satisfaits, précise Laurent Martin. Nous la proposons systématiquement aux nouveaux entrants dans l’entreprise. Bien sûr, l’effet s’estompe dans le temps, et il est nécessaire de faire des piqûres de rappel. Malgré tout, les réflexes restent. » Le groupe Brunet a également signé un contrat de prévention avec sa caisse d’assurance retraite et de la santé au travail pour équiper ses véhicules d’indicateurs de surcharge. « Un véhicule trop chargé est beaucoup moins maniable. Tous les salariés n’en sont pas conscients. » Prochainement, pour améliorer la maniabilité des véhicules, la société compte investir dans l’installation de l’ESP (contrôle électronique de la trajectoire), un procédé permettant de rattraper certaines petites erreurs de conduite, comme un virage pris avec trop de vitesse. « Nous l’avons inscrit dans le cahier des charges. Nous sommes convaincus que 20 à 30 % des incidents et accidents de la route seront évités si nous en équipons tous nos véhicules. »

Le résultat

Les conducteurs ont acquis des bons réflexes face aux situations dangereuses

Organiser - Effectuer un planning hebdomadaire des trajets

La société Rousseau Agencement, spécialisée dans l’aménagement d’espaces professionnels tous corps d’état et basée dans la Sarthe, opère sur l’ensemble du territoire français. « Nos responsables chantiers et chargés d’affaires sont très souvent en déplacement, ce qui fait du risque routier une préoccupation majeure pour nous », indique Magalie Chevet, responsable ressources humaines de la société de 48 salariés. Chaque jeudi, un planning des déplacements est donc organisé, de manière à optimiser les trajets en fonction de la localisation des véhicules, des salariés et des chantiers en cours. « Lorsque cela est possible, nous privilégions l’utilisation des transports en commun pour les chargés d’affaires, souligne la responsable des ressources humaines. Nous pouvons également, si nécessaire, louer une voiture supplémentaire. » Un système de géolocalisation permet de gérer les déplacements, suivre l’entretien des véhicules, mais aussi de vérifier que les conducteurs roulent à des allures moyennes raisonnables. « Il ne s’agit pas d’être constamment derrière leur dos, mais de pouvoir leur faire, si nécessaire, des remarques », précise Magalie Chevet. Le règlement intérieur de la société prévoit par ailleurs de vérifier la validité des permis de conduire des salariés une fois par an. Rousseau Agencement veille aussi à ce que ses conducteurs soient en bonne forme physique avant de prendre le volant. « S’ils viennent de terminer une journée fatigante, nous leur proposons de passer la nuit à l’hôtel, explique Magalie Chevet. Nous restons également en lien avec le médecin du travail pour nous assurer de leurs aptitudes physiques. »

Le résultat

Les trajets sont optimisés en fonction de la disponibilité des véhicules et des salariés

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Code commenté de la commande publique

Code commenté de la commande publique

Date de parution : 09/2019

Voir

Histoire de l’architecture agricole

Histoire de l’architecture agricole

Date de parution : 07/2019

Voir

Règlement de sécurité incendie ERP avec historique des versions

Règlement de sécurité incendie ERP avec historique des versions

Date de parution : 07/2019

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur