Règles techniques

Sécurité incendie : mise en conformité avant le 4 août 2011 pour les hôtels de 5ème catégorie

Pour la première de ses matinales de la construction, le Syndicat des Entreprises de Construction Paris IDF a choisi le thème : « Construire ou rénover en respectant la réglementation incendie – Les réponses du Gros Œuvre et de la Plâtrerie ». L’occasion de faire le point sur les principes de la réglementation française, unique au monde et de rappeler qu’il ne reste que quelques mois aux hôtels de 5ème catégorie pour se mettre aux normes.

Dans le cadre de ses matinales de la construction, réunions mensuelles d’entreprises, d’industriels et de négociants autour d’un sujet réglementaire, le Syndicat des Entreprises de Construction Paris IDF a retenu, pour son premier rendez-vous, le thème : « Construire ou rénover en respectant la réglementation incendie – Les réponses du Gros Œuvre et de la Plâtrerie ». Animée par Jean-Charles du Bellay, délégué général du GIMSSI (entité sécurité incendie de la FFB), cette réunion a permis de faire un tour d’horizon sur l’évolution de la réglementation et d’aborder le cas des hôtels de 5ème catégorie qui devront se mettre aux normes avant le 4 août 2011. Et de rappeler que le feu est responsable chaque année de près de 600 décès. Pour mémoire : le 15 avril 2005, incendie de l’hôtel Paris-Opéra : 22 morts ; le 15 novembre 2010, incendie du foyer Adoma à Dijon : 7 morts.

Si la réglementation incendie des ERP est relue chaque année et modifiée en fonction des incendies qui se sont déclarés, l’exception française vient surtout du fait qu’à chaque type de destination du bâtiment correspond une réglementation distincte (28 au total); en effet, chaque ministère (logement, intérieur, environnement et travail) a rédigé son propre règlement incendie, d’où de très grandes différences qui aboutissent à une forte complexité.Outre le cadre réglementaire défini par le Code du travail, le Code de la construction et de l’habitat et le Code de l’environnement, lesquels donnent les postulats essentiels, il existe une multitude d’arrêtés, voire de circulaires qui apportent des précisions et auxquels il faut se référer. En résumé, pour un bâtiment, il n’y a pas qu’un seul texte. « Dans le cas d’un hôtel, par exemple, il faut se baser sur la législation hôtel mais aussi sur le règlement sanitaire départemental pour le restaurant à l’intérieur de l’hôtel et encore sur le Code du travail », explique Jean-Charles du Bellay.
Reste que la stratégie française en matière de sécurité incendie est de miser sur la prévention à travers 16 points essentiels (1) encadrant la construction, contrairement à celle des Etats-Unis qui porte sur l’utilisation de sprinkers (en France pour les centres commerciaux).

 

Classifications françaises et européennes

En sécurité incendie, la « réaction au feu » (manière dont un matériau va se comporter comme combustible) et la « résistance au feu » (temps durant lequel, lors d’un feu, un élément de construction conserve ses propriétés physiques et mécaniques)sont deux caractéristiques essentielles. Elles sont codifiées au niveau national et européen de manière stricte.
Pour la réaction au feu des matériaux, le classement français, composé de 5 catégories, de M0 (le plus difficilement inflammable) à M4 (le plus facilement inflammable) sera remplacé dans 4 à 5 ans, par les Euroclasses que l’on voit d’ailleurs déjà apparaître sur certains produits. Les Euroclasses, plus poussées que les normes françaises, divisent les matériaux en deux familles, les sols et les autres produits. Ceux-ci sont ensuite codifiés de A à F en fonction de leur réaction. Les Euroclasses tiennent compte aussi de deux autres critères essentiels : l’opacité des fumées (quantité et vitesse) notée « s » pour smoke (s1 : faible quantité/vitesse, s2 : moyenne quantité/vitesse, s3 : haute quantité/vitesse) et les gouttelettes et débris enflammés noté « d » pour droplets (d0 : aucun débris, d1 : aucun débris dont l’enflammement ne dure plus de 10 secondes, d2 : ni d0 ni d1).

Tableau de correspondance entre le classement M et les Euroclasses

Ancienne classification française  Caractère Classement européen équivalent 
 M0  Incombustible  A1
 M1  Ininflammable  A2, B
 M2  Difficilement inflammable
 C
 M3  Moyennement inflammable
 D
 M4  Facilement inflammable
 D, E
 NC  Non classé
 F

 

Pour la résistance au feu, la classification française distingue 3 catégories :
–  Stable au feu – SF: l’élément de construction conserve, durant le temps indiqué, ses capacités de portance et d’auto-portance; – Pare – Flammes – PF : l’élément est stable au feu et évite, durant le temps indiqué, la propagation, du côté non sinistré, des gaz de combustion et des fumées et – Coupe – Feu – CF : l’élément est pare-flammes et évite, durant le temps indiqué, la propagation de la chaleur du côté non sinistré.
Les Euroclasses de résistance au feu tentent d’harmoniser les systèmes nationaux au sein de l’Union européenne. Il existe 3 classes : R pour résistance mécanique ou stabilité; E pour étanchéité aux gaz et flammes et I pour isolation thermique (forcément utilisé en complément d’une classification R ou E). Ces lettres sont suivies de 2 ou 3 chiffres donnant le temps de réistance en minutes; par exemple, une poutre stable au feu 1 h : R60, un mur porteur coupe-feu 1h1/2 : REI90.

Equivalence

SF Stabilité au feu (SF)
PF Pare-flammes (PF)
CF Coupe-feu (CF)

 

Hôtels 5ème catégorie : plus que quelques mois pour la mise en conformité

Suite à une succession d’incendies, un nouvel arrêté a vu le jour le 24 juillet 2006 afin de renforcer les règles relatives à la sécurité incendie dans les hôtels de 5ème catégorie (moins de 100 personnes) qui représentent en France 80% de l’hôtellerie. « A Paris, 1982 hôtels de ce type ne sont pas conformes, alors que la mise aux normes sera obligatoire avant le 4 août 2011, souligne Jean-Charles du Bellay. Les travaux de mise en conformité représentent un marché de 11 milliards d’euros, marché qui profitent à de nombreux métiers du bâtiment ».
Les principales exigences de cette nouvelle réglementation concernent :
– la détection automatique d’incendie,
– le système de sécurité d’incendie et l’équipement d’alarmes,
– la création d’un deuxième escalier,
– l’encloisonnement des escaliers (effectif supérieur à 50 personnes) au moyen de de parois coupe-feu d’1 heure, avec blocs-portes pare-flammes d’une ½ h,
– le désenfumage,
– des portes résistantes au feu dans tous les locaux,
– des parois et planchers résistants au feu dans les locaux à risques,
– des revêtements intérieurs de type M2
– l’éclairage de sécurité
– la formation du personnel en sécurité-incendie deux fois par an.
Tous les matériaux devront être classés selon la règle 421 : M4 pour la moquette, M2 pour les murs et M1 pour le plafond (les lambris y sont exclus)

 

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