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Sécheresse : attention danger
Les coûts moyens d’indemnisation d’un sinistre retrait-gonflement sont de l’ordre de 15 000 € - © © Uretek

Sécheresse : attention danger

Stéphane Miget |  le 06/07/2011  |  TechniqueQualité

Les sols argileux sont à l'origine de nombreux sinistres, notamment en période de sécheresse. Appelé retrait gonflement, le risque reconnu comme catastrophe naturelle est « contrôlable ». A condition toutefois de maîtriser les techniques qui ne s'appliquent pas sans étude préalable.

Le phénomène est connu. Pourtant, à l'occasion de chaque sécheresse, on semble le découvrir ou le redécouvrir : les bâtiments, particulièrement ceux construits sur des sols argileux, souffrent de dégâts parfois importants dus à l'effet de la déformation desdits sols, appelée retrait-gonflement. Ces constructions sont, en effet, particulièrement sensibles aux variations d'humidité. Résultat : apparition de fissures ou lézardes, affaissement des dallages ou fondations, voire, dans le pire des cas, risques d'écoulement imposant une évacuation des occupants. Dans la mesure où les communes concernées sont déclarées en catastrophe naturelle, ces sinistres sont indemnisés. Et l'addition est loin d'être neutre. D'après l'étude « Projet ARGIC Analyse du retrait-gonflement » et ses incidences sur les constructions, les sinistres indemnisés entre 1989 – date de reconnaissance de ces derniers en catastrophe naturelle – et 2008 représentent 4,1 milliards d'euros et les coûts moyens d'indemnisation d'un sinistre retrait-gonflement sont de l'ordre de 15 000 € par maison. Soit le second poste d'indemnisations derrière celui lié aux inondations. Ainsi depuis 1989, 8 000 communes ont été reconnues en catastrophe naturelle dans 90 départements. Sans compter celles qui ne sont pas reconnues et pour lesquelles la question reste posée, car, dans ce domaine, les pouvoirs publics rencontrent des difficultés pour définir le classement en catastrophe naturelle.

Plans de prévention des risques naturels

Pouvoirs publics qui ont néanmoins initié une politique de prévention des risques. Entre autres par le biais d'une cartographie de l'aléa retrait-gonflement et par des actions d'informations préventives : réunion Agence Qualité Construction, incitation des assureurs, plaquettes jusqu'à un site internet argiles.fr. De même, des Plans de prévention des risques naturels (PPRN), spécifiques au retrait-gonflement des sols argileux, ont été adoptés dans un millier de communes. Elaborés à l'initiative du ministère en charge de l'environnement, ces plans rendent obligatoire le recours à une étude géotechnique préalable en zone réglementée, afin d'adapter au mieux le projet de construction à la nature du sol. Dans le cas particulier des maisons individuelles, des mesures alternatives ont été retenues pour éviter trop de lourdeurs. Mesures qui concernent principalement les fondations qui doivent être armées, bétonnées à pleine fouille, et ancrées de manière homogène à une profondeur minimale comprise entre 0,80 et 1,20 m selon le niveau d'aléa identifié. Structure et maîtrise des eaux dans le sol sont également concernées. Avec, dans le premier cas, chaînages et joints de rupture obligatoires et, dans le second cas, mise en place d'un système périphérique anti-évaporation, d'éloignement des rejets d'eaux pluviales et usées, de drains, de puits et d'arbres. Pour les spécialistes en charge de la rédaction du rapport du projet ARGIC, « la question qui se pose est de savoir si ces dispositions seront suffisantes à l'horizon 2050 ou 2100, dans un contexte de changement climatique probablement engagé, notamment en ce qui concerne la profondeur d'ancrage des fondations ». La réponse dans quarante ans.

Etude préalable

Pour les bâtiments existants, les choses sont différentes. Concrètement, la sécheresse provoque des mouvements différentiels des sols argileux sous les fondations des maisons. Le terrain « dégonfle » – c'est le retrait –, puis c'est le gonflement lorsque l'humidité est de retour. Mais malheureusement pour les occupants, ces mouvements ne sont pas homogènes. D'où des dégâts irréversibles sans interventions techniques. Mais avant d'intervenir techniquement, il importe de réaliser une étude préalable, car les raisons de ce retrait-gonflement sont légion. De fait, les variations de la teneur en eau des sols argileux trouvent leur origine dans l'évaporation directe de celle-ci à partir des surfaces libres du sol, mais aussi dans les prélèvements effectués par les racines des plantes, notamment par les arbres et les arbustes. Parfois, la solution consiste tout simplement à retirer les arbres qui se trouvent trop près des maisons. La topographie du site, le mode de collecte et d'évacuation des eaux de ruissellement et des eaux pluviales, la présence de nappes et/ou de système de drainage jouent également un rôle.

Transférer les charges

Pour les remèdes, les interventions les plus radicales mais aussi les plus onéreuses portent sur les fondations. L'objectif étant de transférer les charges en profondeur jusqu'à un niveau peu sensible ou insensible au phénomène de retrait-gonflement. Le choix de la technique dépend de la géologie du site, des caractéristiques de la structure et de son aptitude à répartir les efforts. D'autres critères rentrent en ligne de compte comme l'accessibilité du site et la possibilité d'intervenir à l'extérieur ou à l'intérieur. Deux techniques sont le plus communément utilisées : la réalisation de plots continus ou discontinus ou celle de micropieux. Pour les dallages, plusieurs options sont également possibles : injection à condition que les sols de la fondation ne présentent pas de risque de retrait-gonflement ou, plus radical, la démolition du dallage et la réalisation d'un plancher porté. Les travaux de confortement de la structure consistent à la rigidifier globalement ou bien à la découper en blocs par la mise en place de joints. La rigidification est réalisée par chaînage dans les directions où la structure cherche à se dilater. Il est possible également de renforcer superficiellement les panneaux de murs.

Construire sur un sol sensible au retrait-gonflement
Construire sur un sol sensible au retrait-gonflement
Nombre d’arrêtés de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle pris par commune au 20/07/2010
Nombre d’arrêtés de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle pris par commune au 20/07/2010

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