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«Se faire payer dès la phase études», Benoît Loison, président de l'Union des métalliers (FFB)
Benoît Loison, président de l'Union des Métalliers (FFB) - © BRUNO LEVY/LE MONITEUR

«Se faire payer dès la phase études», Benoît Loison, président de l'Union des métalliers (FFB)

Propos recueillis par Florent Lacas |  le 07/06/2012  |  Réglementation thermiqueParisBouches-du-RhônePas-de-CalaisImmobilier

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L’Union des métalliers (FFB) tient ses troisièmes Assises de la métallerie les 7 et 8 juin à Marseille. L’occasion pour Benoît Loison, son président, d’alerter sur les difficultés de trésorerie des métalliers. L’occasion aussi d’être offensif pour profiter des marchés liés à la RT2012.

Comment se portent les entreprises de métallerie ?

Le premier souci des métalliers, c’est l’état dégradé de leur trésorerie, du fait de la réduction des délais de paiement prévue par la loi de modernisation de l’économie. Nos fournisseurs se regroupent, et nous nous retrouvons en affaire avec des grandes entités face auxquelles nous ne pouvons nous permettre aucun écart de conduite. Ce regroupement des industriels nous inquiète davantage que l’évolution des prix des matières premières. De l’autre côté, il y a nos clients qui devraient nous payer plus tôt. Ils ne le font pas toujours, et nous ne pouvons pas les y obliger. C’est le grand écart !

La phase d’atelier n’accentue-t-elle pas ce décalage de trésorerie ?

Il peut en effet s’écouler jusqu’à six mois entre la réalisation des premières études d’un projet et le début des travaux qui active la facturation. Ainsi, l’entreprise peut avoir déboursé 80 % du montant du chantier alors même qu’elle n’a encore rien touché pour sa prestation : les entreprises de métallerie font office de banquier et financent une partie de la construction ! Nous aimerions donc faire évoluer les mœurs de nos entreprises, en réalisant des facturations plus tôt. Nous songeons, par exemple, à faire payer nos études, ou à faire des situations en cours de fabrication avec transferts de propriété.

Quelle devrait être la tenue du marché en 2012 ?

Comme les autres corps de métiers, nous ressentons très nettement le manque de financement sur tous les marchés. Les collectivités locales sont à la peine et l’on ressent un certain attentisme chez les clients privés. Toutefois, le marché de la métallerie devrait rester stable en 2012. Suivant les régions et l’activité, les affaires vont plus ou moins bien. Nos métiers traditionnels, souvent positionnés sur des niches (fer forgé, constructions navales, signalétiques…) tiennent le coup. Les travaux de charpente métallique, par contre, sont très disputés. Et certaines entreprises voisines, espagnoles ou belges, sont très agressives, ce qui n’arrange rien.

La concurrence des industriels vous inquiète-t-elle ?

La plupart de nos entreprises sont déjà structurées : elles emploient des ingénieurs, intègrent des bureaux d’études. Nous pouvons et devons rester des entreprises capables de réaliser du sur-mesure pour répondre aux demandes des architectes. Nos efforts en recherche-développement ne doivent pas être relâchés afin de ne pas laisser la main aux industriels. Le programme « Règles de l’art Grenelle environnement » (Rage), par exemple, nous permet de rester compétitifs. La prochaine étape sera de travailler sur l’enveloppe du bâtiment et son isolation thermique par l’extérieur. Nous avons une carte à jouer sur le marché des vêtures : murs végétalisés, passerelles d’entretien, garde-corps à remplissage verrier...

GRENELLE DE L’ENVIRONNEMENT

Comment la métallerie appréhende-t-elle la RT2012 ?

Nous espérons en profiter pour augmenter nos parts de marché sur tous les segments, en particulier sur la maison BBC à ossature métallique. Plusieurs avantages jouent en faveur de notre matériau : une phase chantier rapide, la liberté architecturale permise par l’acier et un coût pas plus élevé qu’avec un autre matériau. Dans le cadre du projet Villavenir, dans le Pas-de-Calais, en 2009, nous nous étions fixé comme objectif 1500 euros / m² pour une maison BBC à ossature métallique. Et cela va encore plus loin aujourd’hui avec le projet Villavenir +, en Loire Atlantique. Le durcissement des règles parasismiques joue également en notre faveur puisque l’acier, mis en œuvre avec des éléments très minces, peut faire preuve d’une très bonne résistance aux secousses.

Lors de votre assemblée générale, vous mettrez l’accent sur les vitrages. Pourquoi ?

Nous tiendrons un atelier sur les performances et la mise en œuvre des parois vitrées, un élément d’actualité puisque la réglementation thermique 2012 exige des vitrages plus efficaces en termes d’isolation et de protection solaire. Les parois vitrées ont l’avantage de répondre à ces deux exigences : performance énergétique et confort d’été. Par ailleurs, pour un métallier, le premier poste de dépenses est souvent l’achat de vitrages. Il nous paraît donc opportun de faire le point sur ces solutions. Le verre évolue beaucoup ces dernières années, sur les plans thermique, phonique, mais aussi de la résistance à l’effraction.

L’un des ateliers concerne la « métallerie-feu ». Quel en est l’objet ?

La « métallerie-feu » concerne les solutions de protection incendie comme des portes, fenêtres ou vitrages coupe-feu. Le durcissement de la réglementation anti-incendie, par exemple dans les hôtels l’obligation de mise en sécurité des cages d’escalier pour les issues de secours, nous ouvre ce marché. Chaque métallier doit pouvoir s’y positionner. L’accessibilité fera également l’objet d’un atelier d’échanges. Pour nous, les opportunités y sont nombreuses avec l’installation d’accès-passerelles, tables élévatrices, garde-corps, mains courantes… Nous aborderons les aspects techniques, mais aussi ceux liés aux assurances et à la responsabilité de l’entreprise.

L’acier souhaite donc se positionner comme un acteur fort de la construction durable ?

Nos entreprises sont dans cette dynamique, puisque nous allons entamer un travail visant à établir le bilan environnemental de l’intervention du métallier, pour mieux le maîtriser. Mais aussi pour apporter notre pierre à l’édifice dans l’idée de calculer l’impact environnemental global d’un bâtiment. Nous comptons bien sûr progresser sur les sujets liés à la protection de l’environnement : par exemple, l’un de nos ateliers concerne l’utilisation éco-responsable des revêtements, peintures et solvants sur les ouvrages métalliques.

RECRUTEMENT

Vous encouragez donc les métalliers à engager des démarches qualité en interne ?

En partant des préoccupations écologiques, nous avons débouché sur un travail de longue haleine visant à l’amélioration des modes de travail dans nos ateliers. Un groupe de travail, incluant un consultant et des métalliers, visitera 35 ateliers de métallerie sur tout le territoire. Leurs observations serviront de base  à l’identification des points de faiblesse en matière de qualité, sécurité et environnement. Nous en déduirons une série de recommandations sur ces sujets. Cette action devrait s’étendre sur 3 ans. La prévention est l’une des préoccupations majeures de notre profession. Nous avons déjà travaillé sur des questions telles que la limitation du bruit, l’aspiration des fumées de soudage ou l’utilisation en sécurité des machines-outils.

Vos entreprises ont-elles toujours du mal à recruter des salariés bien formés ?

Oui, et cela sera l’un des sujets que nous aborderons en assemblée générale. Nous menons donc une réflexion sur le type de diplômes à mettre en place, de manière à proposer aux jeunes une véritable filière de formation pouvant aller jusqu’au niveau ingénieur. Dans certaines régions, le lien entre les formateurs et les entreprises est solide : les cursus répondent aux besoins des entreprises. Nous souhaitons étendre à l’ensemble du territoire ces méthodes qui marchent.

Rendez-vous à Métalexpo

- À l’occasion du salon Métalexpo, du 13 au 16 novembre à Paris, l’Union des métalliers publiera une mise à jour du « Guide sur les escaliers », qui reprend les règles de conception, de fabrication et d’installation des différents types d’escaliers.

- Les résultats d’une grande enquête marché concernant les entreprises de métallerie, en cours de réalisation, seront également divulgués à l’occasion de Métalexpo.

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