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Schneider restructure son appareil industriel

DEVIGE-STEWART Thierry |  le 02/07/2003  |  EntreprisesInternational (hors U.E)France entière

Schneider Electric, affecté par la chute des investissements de ses clients en Europe, a donné le coup d'envoi d'une restructuration de son appareil de production avec l'annonce mercredi de la suppression d'environ un millier d'emplois en France.
Schneider (distribution électrique et automatismes) veut élever le niveau de performance de son appareil industriel, en mettant à profit une conjoncture mondiale morose, marquée par "un marché très plat" et une "visibilité extrêmement faible" et qui ne devrait pas se réveiller avant le début de 2004, selon son PDG Henri Lachmann.
L'objectif du groupe est de faire passer sa rentabilité opérationnelle de 10% actuellement à 14% à la fin de 2004.

Du fait de cette conjoncture, la marge opérationnelle, qui était de 12,2% au premier semestre 2001, devrait être inférieure au premier semestre 2003 aux 10,8% réalisés au premier semestre 2002, tout en restant "une des plus solides de la profession", assure M. Lachmann.
Les analystes d'UBS Warburg s'attendent à un recul du chiffre d'affaires de 7,2% en 2003 (9,06 mds EUR en 2002) contre une prévision initiale de contraction de 5,6%, et à une marge d'exploitation en baisse. Ils anticipent des charges de restructuration de 125 M EUR pour 2003 et de 100 M EUR pour 2004.

Pour élever le niveau de sa rentabilité, Schneider s'attaque à la France après une première restructuration réalisée aux Etats-Unis, représentant environ 30% du chiffre d'affaires du groupe. L'Europe représente 40% des ventes, le solde se répartissant sur le reste du monde.
"Un millier d'emplois environ" sont concernés en France, avec la volonté d'éviter tout licenciement sec, a indiqué mercredi Schneider Electric dans un communiqué. Le groupe emploie près de 75.000 salariés dans le monde sur 180 sites industriels, dont 22.000 salariés en France sur 43 sites industriels.
Le groupe avait déjà annoncé la fermeture prochaine des usines Num d'Argenteuil (fabrication de commandes numériques pour machines-outils) et de Bardin, en région parisienne, employant respectivement 220 et 30 salariés.
M. Lachmann a averti il y a quelques semaines que le groupe envisageait d'"acheter et produire plus en zone non euro", en particulier hors de France, afin d'amortir les effets pénalisants sur ses résultats de l'appréciation de l'euro par rapport au dollar. Il s'est donné pour ligne de rétablir l'équilibre rompu entre les recettes et les dépenses dans une même devise et de rapprocher Schneider Electric de ses marchés.
"Le groupe restera à l'offensive dans sa stratégie d'acquisitions sélectives", a par ailleurs souligné une source proche du dossier. Schneider s'intéresse particulièrement au secteur de l'automatisation industrielle et du bâtiment et leurs services associés.

A peine remis de l'échec de sa tentative de fusion avec Legrand, interdite par un veto de la Commission européenne, Schneider a racheté depuis le début de l'année le Japonais Digital Electronics, et le Suédois T.A.C. dans un de ses métiers principaux, les automatismes industriels.
Il disposait fin décembre 2002 d'une trésorerie de l'ordre de 800 millions d'euros qu'il a décidé d'employer pour "élargir ses marchés accessibles" et devenir ainsi à terme le leader mondial de la distribution et du contrôle électrique.
Ses cibles sont des PME de 300 à 500 M EUR de chiffre d'affaires, leaders sur leur marché et dont l'intégration ne provoquerait "pas de dilution au delà de deux ans".

(avec AFP)

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