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Scénario catastrophe en vue pour les travaux publics
Travaux publics: activité au ralenti au premier trimestre 2014 - © ©fntp

Scénario catastrophe en vue pour les travaux publics

Olivier Baumann et Laurence Francqueville |  le 13/05/2014  |  TP ConjonctureTravaux sans tranchéeFrance entièreParis

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Alors que le Forum TP se tiendra le 15 mai à Paris, le président de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) confirme ses prévisions de baisse d’activité pour 2014. Et s’attend au pire pour la suite.

« Pour 2014, c’est plié », estime Bruno Cavagné, président de la Fédération nationale des travaux publics, confirmant lors d’une conférence de presse organisée le 13 mai que l’activité reculera cette année de 4% comme annoncé. Après un léger rebond au quatrième trimestre 2013 (-0,6% au final sur l’année) dû au lancement de chantiers routiers et à des conditions météorologiques favorables juste avant les élections municipales et malgré la montée en régime des travaux de modernisation ferroviaires, l’activité ralentit à nouveau depuis début 2014 et reste faible, note la FNTP. 2014 sera ainsi la plus faible année en termes d’activité pour le secteur depuis 15 ans (-21% par rapport au point haut de 2007 en euros constants).

Une catastrophe annoncée

Mais la profession s’inquiète davantage encore pour la suite. « En dehors de la montée en puissance des investissements ferroviaires (+4 à 5% sur un an), tous les robinets de la commande publique se ferment en même temps », s’indigne Bruno Cavagné. Le sort de l’écotaxe n’est toujours pas réglé (voir aussi notre article sur la remise du rapport Chanteguet en cliquant ici) « alors que tous les éléments sont désormais là pour décider ». Le cofinancement par l’Agence de financement des infrastructures de transport (Afitf) de nombreux projets est de fait bloqué, notamment ceux issus de la prochaine génération de contrats de plan Etat-Région, de l’appel à projets sur les transports collectifs en site propre…. « Avec un budget prévisionnel en baisse de 20% par rapport à 2013 et des autorisations d’engagement en chute de 90%, l’Agence vit actuellement sur les avances faites par RFF. Comment seront payées les entreprises quand il n’y aura plus d’argent du tout ? », s’est inquiété le président de la FNTP. Le plan de relance autoroutier, « seul dossier qui ne coûte pas un sou à l’Etat », lui aussi est au point mort, toujours pas notifié aux autorités européennes...

Surtout, après le trou d’air causé par les élections municipales puis le renouvellement des équipes cette année, la FNTP redoute l’impact « catastrophique » de la baisse de 11 milliards d’euros des dotations de l’Etat aux collectivités d’ici à 2017: sur la base du scénario pessimiste de la Banque Postale, qui n’est pas le moins crédible, la FNTP a calculé qu’une chute de 34 % sur trois ans entraînerait la destruction de près de 60 000 emplois directs et indirects dans les TP! Car même si des économies de fonctionnement sont décidées, il faudra plusieurs années pour qu’elles redonnent des marges de manœuvres aux élus au bénéfice de l’investissement, qui sera une fois encore sacrifié à court terme (-6% attendu dès 2014).

Des indicateurs défavorables

Cela se traduit d’ores et déjà sur le terrain : les marchés conclus baissent de 8,7% en mars 2014 sur douze mois glissants, les indicateurs avancés de suivi des lots TP dans les appels d’offres ont fortement reculé au premier trimestre 2014 (après -4,6% en valeur au quatrième trimestre 2013 par rapport au quatrième trimestre 2012), les enquêtes d’opinion sur les carnets de commandes (-23 points par rapport à leur moyenne sur longue période) confirment le décrochage de la commande publique sans que la commande privée (30% du chiffre d’affaires) ne prenne le relais.

Des décisions et vite !

Rappelant qu’«investir dans les infrastructures se traduit immédiatement dans l’emploi et améliore l’attractivité du pays », Bruno Cavagné a posé la situation dans ces termes : « De nombreuses entreprises, surtout les plus petites, redoutent l’avenir à court terme. Nous avons urgemment besoin de visibilité. Tant que l’avenir est aussi sombre, nos entreprises ne pourront pas s’engager seules dans un pacte de responsabilité. L’Etat doit donc prendre des décisions d’ici l’été, fixant clairement ses ambitions, des financements et un calendrier. Dépendant à 70% de la commande publique, nous demandons une concertation tripartite, seule voie possible pour ouvrir des discussions et fixer des objectifs en termes d’emplois dans le cadre du Pacte de responsabilité », a plaidé Bruno Cavagné, tablant sur le poids politique de Ségolène Royal pour l’aider à faire valoir ses arguments. Rendez-vous le 15 mai au Forum TP puisque la ministre de l’Ecologie en clôturera les débats.

Les travaux en quelques chiffres

8000 entreprises, dont 90% emploient moins de 50 personnes

280 000 emplois

41 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France et 25 milliards à l’international

Valeur du chantier moyen : 100 000 euros

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