En direct

Sanaa : «Une architecture simple mais pas sévère»
Ryue Nishizawa (à gauche) et Kazuyo Sejima (à droite). - © © Takashi Okamoto - Sanaa

Sanaa : «Une architecture simple mais pas sévère»

Propos recueillis et traduits par Marie-Douce Albert |  le 17/01/2014  |  ArchitectureCommunicationPrix d'architectureCultureTourisme

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Profession
Architecture
Communication
Prix d'architecture
Culture
Tourisme
International
Paris
France entière
Bâtiment
ERP
Valider

Alors que l’agence japonaise a réalisé le musée du Louvre-Lens, récompensé le 21 janvier par l’Equerre d’argent 2013, ses fondateurs, Kazuyo Sejima et Ryue Nishizawa, ont répondu il y a quelques semaines, par écrit et en anglais, à nos questions. L’occasion de mieux comprendre l’approche et le fonctionnement de ce duo discret.

Comment et pourquoi avez-vous, tous deux, choisi de devenir architecte ?

Kazuyo Sejima : Quand j’étais très jeune, j’ai vu une image de la « Sky House » de l’architecte japonais Kiyonori Kikutake. Et plus tard, quand il m’a fallu décider vers quoi m’orienter à l’université, je me suis souvenue de cette maison qui m’avait profondément marquée.

Ryue Nishizawa : Je n’ai jamais réellement décidé de devenir architecte. Etant Japonais, j’ai en quelque sorte fait ce qu’on m’a dit de faire. Au lycée, un de mes professeurs a pensé que je devais choisir cette filière universitaire parce que j’aimais la musique, le cinéma et les mathématiques. Alors c’est ce que j’ai fait.

Comment en êtes-vous venus à créer l’agence Sanaa ?

K. S. : Quand j’ai ouvert ma propre agence [Kazuyo Sejima + Associates, en 1987, NDLR.] Nishizawa a été l’un des premiers à travailler pour moi alors qu’il était étudiant. Puis après quelques temps, il a voulu à son tour prendre son indépendance. Néanmoins, nous avons pensé qu’il serait bon de continuer à collaborer pour les compétitions internationales importantes. C’est ainsi que nous avons fondé Sanaa en 1995, pour élaborer une proposition pour un concours dans le port de Sydney.

Comment définiriez-vous votre travail ?

R. N. : Nous essayons de produire une architecture simple mais pas sévère.

Comment vous répartissez-vous la tâche quand vous abordez un projet ?

R. N. : Nous n’avons pas de méthode établie. Cela dépend des projets, de notre état d’esprit et de bien d’autres choses encore… Nous lançons nos idées jusqu’à ce que nous tombions d’accord.

Pensez-vous avoir une approche similaire ou complémentaire ?

K. S. : Nous avons des personnalités très différentes, mais d’une certaine manière, cela fonctionne bien. Nous sommes tous deux entêtés mais cela rend nos conversations sur les projets passionnantes. Parfois nos débats nous amènent vers une proposition totalement différente mais qui nous apparaît finalement meilleure à tous les deux.

Comment parvenez-vous à concilier travaux personnels et projets communs ?

K. S. : Nous travaillons tous dans le même espace, un vaste entrepôt de plain-pied, ce qui facilite grandement nos allers et retours entre notre pratique indépendante et nos projets joints. Les trois agences s’enrichissent mutuellement. Nous travaillons ensemble depuis longtemps maintenant, si bien que nos styles sont liés.

En France, on décrit souvent votre architecture comme évanescente, proche de la disparition. Etes-vous d’accord avec cette appréciation ?

R.N. : Nous sommes honorés que des Français voient ainsi notre travail. En général nous essayons de mettre en œuvre des dispositifs qui permettent une transition douce avec l’environnement, par la transparence, la réflexion ou l’ouverture directe sur l’extérieur. Qu’on ne sache pas où le paysage s’arrête et où le bâtiment commence, telle est le plus souvent notre intention.

Quelles leçons tirez-vous de votre première expérience française, à Lens ?

R. N. : La première fois que nous construisons dans un nouveau pays est toujours instructive. Pour travailler avec le client et les entreprises de construction, il faut trouver un juste équilibre entre la culture japonaise et les usages locaux. Cet accord finit en général par apparaître dans le bâtiment lui-même.

Quelles différences de méthode vous ont marqué au cours de ce chantier ?

R. N. : Notre culture japonaise se focalise de la même façon sur la grande et la petite échelle. Les Français semblent se concentrer davantage sur le grand geste et sur l’ambiance intérieure. Un des grands avantages à travailler à l’international est d’ailleurs d’avoir l’occasion de penser des bâtiments qui correspondent à une culture locale. Ces édifices sont toujours très différents de ce qui se serait fait pour un programme identique au Japon.

K. S. : Nous aimerions continuer à travailler en France. Nous avons actuellement deux projets à Paris, le réaménagement de La Samaritaine, rue de Rivoli (voir notre portfolio), et un projet de logements sociaux dans le XVIe arrondissement. Et maintenant que nous avons bâti au nord, ce serait bien de pouvoir mener un projet dans le sud de la France…

AMC et Le Moniteur vous donnent rendez-vous le 21 janvier 2014 à la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris (XVIe) pour participer à la conférence des architectes nominés pour le prix de l’Equerre d’argent et le lauréat de la Première œuvre, assister à la remise des prix 2013 et découvrir en avant-première l’exposition « 30 ans d’Equerre d’argent ».

Inscription obligatoire sur www.lequerredargent.fr

Manifestations organisées en partenariat avec Kawneer et Permasteelisa France.

Commentaires

Sanaa : «Une architecture simple mais pas sévère»

Votre e-mail ne sera pas publié

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Éclairage des espaces extérieurs

Éclairage des espaces extérieurs

Date de parution : 05/2019

Voir

DICOBAT Visuel

DICOBAT Visuel

Date de parution : 05/2019

Voir

L'assurance construction

L'assurance construction

Date de parution : 04/2019

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur