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Samaritaine : des travaux par étapes sont "possibles" affirme un des experts

Defawe Philippe |  le 23/06/2005  |  Seine-et-MarneVal-d'OiseYvelinesParisSeine-Saint-Denis

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Fermé pour une durée indéterminée depuis mercredi 15 juin, le grand magasin était devenu dangereux a indiqué la préfecture de police de Paris. Onze anomalies graves y ont été décelées par la Commission de sécurité lors de sa visite du 17 janvier dernier. Pourtant, selon un expert mandaté par les représentants du personnel, une fermeture totale n’est pas indispensable.

Lundi, le préfet de police de Paris Pierre Mutz a indiqué que la Samaritaine était, comme tous les établissements de ce type, "soumise à contrôles tous les deux ans" et qu'en janvier y avaient été décelées "11 anomalies graves".
"Lors de sa visite du 17 janvier 2005, la commission de sécurité a constaté l'absence d'un schéma directeur de sécurité, l'existence de 11 anomalies graves concernant les risques d'incendie, et l'aggravation des conditions de sécurité", a ajouté M. Mutz.
Il a cité le développement de réserves, de plate formes logistiques, des travaux menés sans autorisation, des travaux modificatifs réalisés au premier sous-sol "malgré un avis défavorable"...
Le préfet a également relevé que si l'établissement était fermé plus de dix mois, la réouverture, partielle ou totale, ne pourrait intervenir qu'après avis favorable de la commission de sécurité.
Si la fermeture est partielle, "il appartiendra à la Samaritaine de respecter les règles", de façon à ce que les travaux ne fassent pas courir de danger au public ou ne gênent pas son évacuation.

Car cette hypothèse est plausible pour Cyril Longin, expert du cabinet Alpha Conseil, mandaté par les représentants du personnel. Un calendrier de travaux par étapes pour réhabiliter la Samaritaine, fermée depuis jeudi pour une durée indéterminée, est "possible" a-t-il indiqué. "Nous avons fait des propositions de mise en conformité" par étapes de l'immeuble vétuste de la Samaritaine, notamment dans le domaine des risques d'incendie, a-t-il ajouté.
L'échelonnement des travaux est la solution préconisée par les salariés qui redoutent que la fermeture totale du site ne signe l'arrêt de mort de l'enseigne et de leurs emplois.
Cyril Longin a également laissé entendre que, contrairement à ce qu'avait affirmé La Samaritaine, le Cabinet FT, sollicité par la direction "n'a pas travaillé" sur cette hypothèse avant la fermeture provisoire mercredi du grand magasin.

"Les deux cabinets sont d'accord sur le diagnostic". FT "a travaillé sur l'hypothèse du phasage mais était plus pour la fermeture totale afin de faire les travaux de façon plus rapide et moins risquée" pour le public et les salariés, a affirmé pour sa part à l'AFP une porte-parole du groupe LVMH, propriétaire de la Samaritaine.
"Mais, en aucun cas les choses ne sont définitives", a-t-elle souligné, rappelant que deux hypothèses étaient envisagées: une fermeture partielle avec une rénovation des bâtiments par étapes pendant au moins dix ans, ou une fermeture totale pour au moins quatre ans.

Derrière ce débat d'experts, les salariés accusent la direction d'avoir envisagé de longue date la disparition de la Samaritaine et d'avoir laissé les locaux se délabrer pour justifier une fermeture.
La direction du groupe LVMH s'en défend, faisant valoir qu'elle a déjà procédé à 50 millions d'euros d'investissements dans des rénovations et en prévoit 100 supplémentaires.
Elle explique n'avoir pas pu en faire plus en raison du rejet de sa demande de permis de construire, indispensable pour modifier un monument historique comme l'immeuble de La Samaritaine, datant de plus d'un siècle.
Cyril Longin a lui estimé que des travaux auraient pu être entrepris et que "des mesures immédiates pour améliorer la sécurité (détection incendie, extinction automatiques) peuvent être prises sans permis de construire".

Jean-Philippe Defawe (avec AFP)

Un immeuble historique



A l’origine, le magasin fondé en 1870 par Ernest Cognacq et son épouse, Marie-Louise Jay occupait la rotonde de l'immeuble entre les rues du Pont-Neuf et de la Monnaie. Dès 1885, Cognacq fait appel à l'architecte Frantz Jourdain pour réaménager ce bâtiment (magasin n° 1). La construction du magasin n° 2, aux 17 et 19 rue de la Monnaie, une structure de quatre étages en charpente métallique laissée apparente, avec une cour éclairée par des verrières zénithales, intervient entre 1905 et 1910. Sa flamboyante décoration extérieure, dans l'esprit de l'Art nouveau, est réalisée par le décorateur Francis Jourdain (fils de l'architecte), le peintre Eugène Grasset (dessinateur de l'enseigne du magasin), le ferronnier Édouard Schenck et le céramiste Alexandre Bigot.
De 1926 à 1928 ce bâtiment est agrandi par l'architecte Henri Sauvage ; cet agrandissement crée la façade actuelle donnant sur le quai du Louvre. À la demande de la Préfecture, la charpente en acier est habillée d'une pierre de couleur crème. La magasin n° 3, un édifice de dix étages sur la parcelle délimitée par les rues de Rivoli, du Pont-Neuf et Boucher, est construit par Jourdain de 1930 à 1933, année de l'achèvement de la transformation des bâtiments existants qui forment le magasin n° 4. La protection des magasins 2 et 3 est motivée par l'importance de ces édifices dans les oeuvres des architectes Jourdain et Sauvage. Le décor intérieur subsistant du magasin n° 2 est protégé et a fait l'objet d'une restauration en 1989.
Protection
Magasin n° 2 en totalité ; façades et toitures du magasin n° 3 (cad. 01 : 01 AK 31, 38) : inscription par arrêté du 25 juillet 1990.
(sources : Ministère de la Culture)

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