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Salonvert porté par la transition écologique
Autour du château de Baville (Essonne), une météo clémente a comblé les exposants et visiteurs de Salonvert - © Laurent Miguet

Salonvert porté par la transition écologique

Laurent miguet |  le 21/09/2018  |  Espaces vertsEntreprises du paysageEspace publicMatériels de jardinage 

Dans les produits comme dans les conférences, l’édition 2018 de Salonvert a confirmé la place centrale de la transition écologique, parmi les préoccupations des professionnels du paysage. Du 18 au 20 septembre, le rendez-vous biennal de Saint-Chéron (Essonne) a conforté sa place majeure, parmi les événements leader de la filière.

La dénonciation des « mensonges du moins disant » donne une idée du climat de Salonvert : les entreprises de paysage n’encaissent pas facilement le choc des surcoûts occasionnés par l’entretien des espaces publics sans produits phytosanitaires. « A résultat égal, prix différent », insiste Barbara Dekeyser, conférencière à l’Espace Conseil du salon, le 19 septembre, et chef d’entreprise représentant l’Union nationale des entreprises du paysage (Unep).
Confrontée aux délais « extrêmement courts » de mise en œuvre de l’interdiction des produits phytosanitaires sur l’espace public à partir du 1er janvier 2017, son entreprise en a subi les conséquences financières, matérielles et humaines : Barbara Dekeyser estime le surcoût du désherbage à un facteur cinq. Des produits plus chers pour une efficacité moins universelle, l’usure plus rapide des outils de coupe, des prestations plus longues et plus fréquentes, des salariés plus directement exposés aux déjections canines : non, la transition écologique n’est pas toujours une partie de plaisir.

Pas de retour en arrière

Pourtant, consciente de « la nécessité de se renouveler en fonction des attentes de la société civile », Barbara Dekeyser ne cède pas un instant à la tentation du retour en arrière, même si, face à elle, les firmes restent à l’affût de chaque brèche règlementaire : « Le zéro phyto, c’est une idéologie, mais ce n’est pas la loi. L’opportunité des solutions chimiques reste partiellement ouverte », argue Renaud Paumelin, du marketing de Bayer, relayé par Philippe Beuste, applicateur de produits phytosanitaires : il affirme avoir licencié la moitié de son personne à cause d’une loi « qui nous ramène 60 ans en arrière »…

Débauche d’innovations

A cette dernière affirmation, la débauche d’innovations liées à l’entretien écologique des espaces verts apporte un démenti définitif, dans l’allée unique de Salonvert, ponctuée par 600 marques exposantes. Pionnier des outils électriques à batterie made in France, Pellenc franchit de nouvelles étapes, pour faciliter la conversion des irréductibles adeptes des moteurs thermiques, encore nombreux dans les petites entreprises. Sur le nouveau souffleur dont la commercialisation va démarrer en octobre, « l’équilibre entre aspiration et succion évite les douleurs aux avant-bras occasionnées par le mouvement de l’outil vers le bas », détaille Bruno Jargeaix, directeur de la division Green & City Technology du groupe.
Contrepoids face aux têtes de coupe, les nouvelles batteries de la gamme alpha, intégrées aux taille-haies, marquent selon lui « la fin du mal nécessaire » associé aux batteries portées sur le dos. A ce cap d’ergonomie, Pellenc ajoute une durabilité augmentée : « Grâce à un emprunt à la technologie du led, nous mettons fin à l’exposition à la chaleur de certains composants sensibles », précise Bruno Jargeaix. La marque revendique enfin un gain d’efficacité avec « des coupe herbe dotés d’une puissance de débroussailleuse, inégalée en électrique ».

Jeune pousse confirmée

En face du stand de Pellenc, Oeliatec confirme la bonne santé des  industriels qui se sont saisi au bon moment du virage du Zéro Phyto : « J’étais seul en 2014, nous étions six en 2016, et nous voilà 15 depuis la semaine dernière », récapitule Jean-Pierre Barre, créateur de l’entreprise de Saint-Jacques de la Lande (Ille-et-Vilaine) et inventeur du désherbeur à eau chaude qui a catalysé sa croissance. Présent au Bénélux et en Allemagne avec des références comme les villes de Bruxelles et de Stuttgart, Oeliatec fabrique désormais une machine par jour. Après les collectivités, les grandes entreprises de paysage lui offrent un nouveau relais de croissance. Des porteurs électriques adaptés aux contraintes  urbaines vont motiver un nouvel investissement annoncé pour l’an prochain.

Résistances thermiques

Face aux jeunes pousses ou aux entreprises de taille intermédiaire engagées dans la croissance verte, les géants internationaux des matériels d’entretien d’espaces verts peaufinent leur communication écologique : Husqvarna annoncera officiellement au début 2019 le choix de la France comme marché test pour la neutralité carbone de ses matériels à batterie. Le poids du nucléaire, dans le mix électrique de la France, réduira la facture. « Sous le contrôle de l’organisme accrédité First Climate, nous compenserons intégralement le résidu de CO2, par le financement de projets d’électricité verte portés par des pays en développement », annonce Olivier Le Treste, directeur commercial de la marque suédoise pour l’Europe du sud. Mais pour Salonvert 2018, la principale innovation présentée par la marque concerne encore l’énergie thermique, avec un renouvellement complet des taille-haies professionnels, moins lourds, moins bruyants et plus faciles à affûter.
Les énergies fossiles restent également le pilier de la croissance européenne du géant américain MTD, même si la prise de participation de StanleyBlack&Decker, annoncée au premier jour de Salonvert, ouvre une perspective : « Face à l’explosion des outils sans fil et des robots, nous présentons une gamme insuffisante. En plus des économies générées par des achats massifiés de matière première, le soutien de notre nouvel actionnaire va nous conforter dans cette voie », estime Philippe Juban, directeur des ventes de MTD France. Pour les deux ans écoulés, le succès des autoportées constitue le principal motif de satisfaction de l’américain, dont la part de marché avoisine les 10 %. « Nous aurons des autoportées électriques en 2020 », promet Philippe Juban.

Passage de relais

Face à leur offre en pleine mutation, les fournisseurs des entreprises du paysage ont retrouvé un public fidèle et prêt, lui aussi, à de nouvelles impulsions, comme en témoigne une rencontre, entre deux stands : « J’ai fêté les 40 ans de mon entreprise la semaine dernière, un anniversaire placé sous le signe de la transmission à mon fils Thomas, qui a racheté l’affaire en janvier », témoigne Patrick Savariau, ancien président de l’Unep Aquitaine. 5 médailles du travail ont enrichi la fête de l’entreprise de 27 salariés, signe de la fierté qui, malgré tout, reste au rendez-vous d’un métier difficile.

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