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Hausse des salaires et inflation : Bruno Le Maire donne les premières tendances
"Il faut que les entreprises qui le peuvent engagent des discussions sur l’augmentation des salaires », encourage le ministre de l’Economie Bruno Le Maire. - © FFB

Hausse des salaires et inflation : Bruno Le Maire donne les premières tendances

Caroline Gitton |  le 24/05/2022  |  France Salaires BTPMinistère de l'Economie

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Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, qui a réuni le 23 mai des représentants du patronat, dont ceux du BTP, appelle les entreprises qui le peuvent à augmenter les salaires pour compenser l’inflation. Le locataire de Bercy fait la promotion de certains outils comme l’épargne salariale ou la prime « Macron » pour celles qui ont moins de marges de manœuvre. Ces dispositifs devraient être simplifiés dans le cadre du futur projet de loi « pouvoir d’achat ».
 

« L’inflation rebat les cartes sur le sujet des salaires », soulève Bruno Le Maire. Le ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique réunissait le 23 mai, à Bercy, le Medef, la CPME et l’U2P ainsi que, entre autres, la Capeb, la FFB et la FNTP.



Epargne salariale, heures sup » et prime « Macron »

« S’il ne s’agit pas de fragiliser des TPE et des PME quoi n’en ont pas les moyens, il faut que les entreprises qui le peuvent, notamment car elles ont des marges, engagent des discussions sur l’augmentation des salaires », encourage le ministre, qui convient que d’autres sociétés, notamment les plus petites « ont moins de marges de manœuvre ».

«Dans  le bâtiment par exemple, avec la hausse du prix des matériaux et les problèmes liés à la disponibilité du bois, de l’acier ou de l’aluminium, il apparaît très difficile de se projeter à deux ou trois ans quand le prix des matériaux peut augmenter de 20, 30 ou 100 % en l’espace de quelques semaines, et que l’employeur rencontre déjà des difficultés pour passer les hausses ».

Bruno Le Maire propose donc le recours à d’autres instruments « afin que les salariés vivent mieux de leur travail ». A commencer par l’intéressement et la participation ainsi que l’actionnariat salarié, « pour permettre de bâtir ce capitalisme plus juste où les salariés bénéficient davantage des résultats de l’entreprise ».



Tenir compte des réalités économiques dans le bâtiment

Autre réponse pour amortir la hausse du coût de la vie : la prime « Macron » totalement défiscalisée jusqu’à 6 000 euros. « Un instrument extrêmement efficace en ces temps de grande incertitude pour donner du pouvoir d’achat aux salariés sans fragiliser l’entreprise», vante le ministre de l’Economie. Aux outils à la disposition des employeurs s’ajoutent enfin les heures sup’, qui ont été défiscalisées au cours du premier quinquennat Macron. Le dispositif pourrait être renforcé, afin de le rendre encore plus attractif pour les salariés.

A la FFB, on tient toutefois à rappeler, qu’il s’agisse de hausses salariales ou du versement de primes, «l’impact de la crise des matériaux et la réalité économique de certaines entreprises du secteur qui souffrent. Les sociétés bénéficient dans l’ensemble d’une bonne visibilité sur leur carnet de commandes, mais les défaillances d’entreprises augmentent dans la profession ». Et d’ajouter : « les entreprises du bâtiment ont joué le jeu du recrutement, avec + 70 000 postes en 2021, et 15 000 depuis le début de l’année ».


Projet de loi « pouvoir d’achat » après les législatives

La fédération met ainsi en avant d’autres réponses pour les employeurs du bâtiment, qui ont tout intérêt à fidéliser leurs collaborateurs : les avantages dont bénéficient les salariés de la profession avec le concours de Pro BTP (retraite complémentaire, prévoyance, frais de santé…) doivent par exemple être valorisés.

Reste que Bruno Le Maire en convient : certains chefs d’entreprise se heurtent à la complexité de plusieurs instruments, «  comme les règles sur l’intéressement et l’actionnariat salarié ainsi que la formule de calcul de la participation ».

La Capeb, par la voix de son président Jean-Christophe Repon, qui salue la méthode de travail retenue par le ministère en associant les fédérations du secteur, plaide pour « un choc de simplification en faveur des TPE. Les artisans ne se sentent par exemple pas concernés par la prime « Macron » : il faudrait dès lors,  pour qu’ils s’en emparent et puissent récompenser leurs collaborateurs s’ils en ont les moyens, adapter le dispositif aux TPE, qui ont donc besoin de supports personnalisés, faciles d’utilisation ».

« Pour que ces différents outils soient massivement utilisés », le locataire de Bercy se dit ainsi à prêt à étudier la simplification d’une partie des règles dans le cadre du futur projet de loi « pouvoir d’achat », qui sera présenté en conseil des ministres après les élections législatives.

Le coup de pouce « apprentissage » prolongé jusqu'à fin 2022

« Nous avons réussi un grand pari en matière d’apprentissage : nous étions, il y a quatre ans, à 300 000 jeunes formés dans ce cadre par an, et nous sommes aujourd’hui à 700 000 (dont 11 % dans le BTP, NDLR). L’objectif est d’atteindre un million », pose Olivier Dussopt. Le ministre du Travail, du plein emploi et de l'insertion a annoncé le 24 mai sur RTL la prolongation des aides aux entreprises « au moins jusqu'à la fin de l’année », et la suite « dépendra de la loi de finances pour 2023 ». Le dispositif, inclus dans le plan «un jeune, une solution » lancé mi-2020 (prime de 5 000 euros pour le recrutement d’un mineur et de 8 000 euros pour un majeur), avait déjà été reconduit jusqu’à fin juin 2022. A la FFB, on se félicite de la nouvelle prorogation de cette mesure, qui « met un coup de boost sur l’apprentissage et permet notamment aux jeunes « qui ont décroché pendant la crise sanitaire de se remettre le pied à l’étrier dans le monde du travail ». Quelque 70 000 apprentis se forment en moyenne dans le bâtiment chaque année.

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