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S'évader - Un parc mi-sauvage, mi-urbain
Trois vaches Highlands Cattle et deux ânes pâturent sur 9 hectares. - ©

S'évader - Un parc mi-sauvage, mi-urbain

Anne-Elisabeth Bertucci |  le 28/08/2020  |  #sortezdechezvousIlle-et-Vilaine

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En lisière du centre-ville de Rennes, une étendue de verdure à fleur d'eau juxtapose espaces de loisirs aménagés, zones naturelles et jardins.

 

Emprunter un vélo en libre-service place de Bretagne à Rennes (Ille-et-Vilaine) suffit pour se retrouver en une dizaine de minutes « à la campagne ».

Plus précisément, au parc des Prairies Saint-Martin. Malgré sa situation très urbaine, cet espace naturel de 30 hectares, à fleur d'eau car lové entre une boucle de l'Ille et le canal d'Ille-et-Rance, offre la possibilité de s'échapper vers la nature sans presque s'en rendre compte. Un sentiment de liberté cher au cœur des Rennais.

L'entrée côté canal, la plus utilisée, se confond avec les quais piétons bordés de péniches. Le chemin de halage file vers la côte, direction l'océan. L'imagination travaille déjà… Ici, pas de grille ou de barrière. Un totem indique la direction des différents espaces : la plaine festive et sportive avec sa butte de jeux aérienne, l'arboretum, les jardins partagés, les zones humides, l'écopâturage, les prairies inondables… A terme, trois autres entrées créeront des liaisons douces entre le centre ancien et les quartiers denses de Maurepas, d'Antrain et d'Armorique, via des passerelles qui enjamberont la rivière.

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La progression entre les différentes zones se fait intuitivement à travers un parcours fluide qui emprunte des allées stabilisées, bordées d’ormes et de chênes. - © BASE

Respecter les perspectives. Livré en 2019 pour sa première tranche, ce projet conçu par l'agence Base respecte la végétation préexistante et l'histoire sociale de cette ancienne friche industrielle, longtemps occupée par des jardins ouvriers. « Il est toujours difficile d'abandonner une valeur pour la remplacer par d'autres, explique le paysagiste Franck Poirier. L'héritage de ce patrimoine arboré sert de trame aux dispositifs spatiaux. Nous n'avons pas recréé de formes, de perspectives ou de diagonales. Il s'agissait plutôt de clarifier les structures originelles du paysage. L'allée principale s'accroche par exemple à une dorsale nord-sud préexistante bordée par un alignement de chênes. »

Restaurer l'écosystème. Si la partie ouest du parc est dédiée aux usages de loisirs avec ses nappes d'herbe, son kiosque à musique, ses agrès ludiques et ses rangées de barbecues, l'entrée dans les zones humides marque clairement une autre intention majeure : la restauration d'un écosystème. La flore s'intensifie entre les bosquets de saules et la roselière. La faune, insectes et batraciens en tête, pullule autour des mares et des biefs sur lesquels s'avancent des pontons légers. Deux observatoires naturalistes permettent d'admirer sans se faire remarquer quelques-unes des 37 espèces d'oiseaux de cette zone naturelle protégée.

Très présent jusqu'alors, le mobilier urbain volontairement surdimensionné s'efface peu à peu, signifiant ainsi un usage moins domestique du parc. Le promeneur n'est jamais perdu, mais constamment stimulé par une légère désorientation. La curiosité le mènera peut-être vers l'enclos des trois vaches de la race Highlands Cattle qui, avec deux ânes, vont pâturer sur 9 hectares. Outre ses objectifs écologiques, la gestion différenciée du patrimoine végétal (écopâturage, fauche tardive, taille minimale) renforce l'esthétique légèrement « punk » du site.

Restituer la zone d'expansion des crues. Laurence Roux, conductrice d'opération pour la Ville de Rennes, a porté ce projet à fortes contraintes environnementales, sociales et techniques, et riche en péripéties : « les grandes inondations des années 1990 qui ont imposé la restitution de la zone d'expansion des crues ; la découverte de la pollution des sols interdisant le maintien des jardins ouvriers au grand dam des usagers ; les préemptions d'habitations toujours présentes dans cette zone inondable dans le cadre d'une DUP… » Les opérations de la deuxième et de la troisième tranche vont se poursuivre jusqu'en 2022 avec l'aménagement des berges du canal et de grands travaux hydrauliques. La zone d'expansion de crue des Prairies Saint-Martin représente au total un volume de 60 000 m3. De quoi laisser la rivière respirer.

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Le coût de la dépollution des sols, évalué au départ à 5 M€, a été minoré par l’encapsulation d’une partie des terres sous une membrane géotechnique. Ces déblais constituent le belvédère à l’entrée du parc et la butte de jeux. - © BASE

Maîtrise d'ouvrage : Ville de Rennes. Maîtrise d'œuvre : Base Paysagistes, mandataire ; EODD, écologue ; Ingérop, hydraulicien et VRD.

Entreprises : Colas (terrassements, dépollution, VRD), ID Verde (plantations, butte de jeux), Vallois (plantations), Jourdanière Nature/ECMB (mobilier, équipements bois/métal), ACML (passerelle), ERS (réseaux, éclairage public), Kerne (abattage, élagage). Coût : 30 186 900 € TTC.

La semaine prochaine : Explorer un jardin extraordinaire à Nantes (Loire-Atlantique).

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