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Russie Impact limité de la crise sur les entreprises françaises

JEAN-MICHEL GRADT, LAURENCE FRANCQUEVILLE |  le 04/09/1998  |  EntreprisesDroit de l'environnementEuropeFrance International

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Les groupes de BTP tricolores sont peu présents.

Quelles seront les conséquences de la crise qui sévit actuellement en Russie (1) sur les entreprises de BTP françaises ? « A court terme, elles seront limitées tant le volume d'affaires sur place est marginal », explique Arnaud Graves, attaché équipement de l'ambassade de France à Moscou (2) ; tout juste relève-t-il « quelques inquiétudes concernant des partenaires russes éventuels qui essaient de changer de banques. » En effet, les entreprises françaises, à l'instar de Spie, SGE (présente en Ukraine et en Pologne), Degrémont, et même Lyonnaise des eaux et Générale des eaux (Vivendi), en sont encore à observer ce marché réputé peu sûr. La présence française se résume aux chantiers en cours de Bouygues (centre spatial à Moscou pour 170 millions de francs ; immeuble de bureaux pour Nikoil pour 140 millions) et Dumez-GTM (complexe de villas pour 400 millions) et à OTV (groupe Vivendi), qui vient de livrer une installation de traitement des boues à Saint-Pétersbourg et possède une filiale locale.

A noter aussi quelques coups réussis de PME comme SNF-Floerger, qui a construit une unité de production de floculants à Saint-Pétersbourg avec un local, ou Cunin, qui a remporté la rénovation de la bibliothèque Lénine à Moscou. « Il n'y a pas de raison majeure de s'alarmer, explique Serge Cunin, P-DG de cette PME de bâtiment, qui a plusieurs contrats en Russie, mais l'avenir n'est pas rose. »

Les opérations menées depuis l'Hexagone, assurées et financées en devises ou payées cash, se poursuivent normalement, assure-t-on chez les majors (voir encadré). Discours rassurant aussi à la Coface, qui relativise la gravité de la situation et estime ses engagements propres en Russie - tous secteurs et hormis ceux garantis par l'Etat au titre de l'assurance-crédit - à moins de 50 millions de francs (contre 8 milliards en Asie). Le ministère de l'Economie continue d'assurer que l'impact sera limité. Au ministère de l'Equipement, des Transports et du Logement, Jean-Michel Etienne, sous-directeur pour le BTP de la Direction des affaires économiques et internationales (DAEI), rappelle que les Français savent sécuriser leurs affaires et ne perçoit pas de risque majeur de contagion en Europe de l'Est. Un risque qui existe, selon les experts, surtout pour les pays limitrophes, les économies d'Ukraine et du Bélarus restant très intégrées à Moscou.

Extrême prudence à moyen terme

Quelle que soit l'issue de la crise politique et les résultats des pressions internationales sur la poursuite des réformes, le climat et la sécurité des affaires en Russie resteront relatifs. Par conséquent, les analyses faites au début 1998 par Laza Kekic, du Desk Russie de l'Economic Intelligence Unit de Londres, et la Coface, estimant élevé à moyen terme le risque du premier marché émergent d'Europe, sont toujours valables (3). A plus long terme, les analystes s'accordent à dire que le développement économique de ce pays sera ralenti.

(1) Chiffre d'affaires du secteur de la construction russe estimé entre 250 et 290 milliards de francs, essentiellement dans le bâtiment.

(2) Poste d'expansion économique près l'Ambassade de France, Kazanski Pereoulok, 10 - 117049 Moscou ; tél. : (70-95) 956.33.62/64 ; télécopie : 956.30.25.

(3) Risque pays 1998 Coface/Moci.

Pour les industriels, pas de risque en soi

La crise en Russie ? Chez Lafarge, la question ne suscite pas d'émoi. « Nous possédons deux cimenteries, idéalement situées dans la région de Moscou. Mais cela est insignifiant par rapport à nos positions internationales.

Pour Lafarge, la Russie représente une opportunité de très long terme qui ne risque d'affecter, ni nos résultats, ni notre chiffre d'affaires », estime-t-on au siège parisien du groupe. Et le risque de contamination aux pays limitrophes... En clair, une dévaluation en chaîne des monnaies dans les pays de l'ex-bloc soviétique ? Chez Dirickx, une PME de l'ouest de la France spécialisée dans la fabrication de clôtures, on ne se montre pas inquiet. Pourtant, Dirickx, qui a beaucoup misé sur la croissance externe en Europe de l'Est, table cette année sur un chiffre d'affaires proche de 100 millions de francs dans la zone, grâce aux joint-ventures créés depuis 1991 (Tchéquie, Pologne, Slovénie, Hongrie...). « Nos contrats sont libellés en dollars. La seule crainte pourrait provenir d'une rupture des approvisionnements. Pour nous, la Russie constitue une source d'approvisionnement. Donc, la dévaluation est profitable à nos filiales », analyse Jean-Pierre Claret, le directeur financier de la société.

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