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Rupteur de ponts thermiques : un bouclier anti déperditions d’énergie
Pose des rupteurs thermiques. - © © DR

Rupteur de ponts thermiques : un bouclier anti déperditions d’énergie

Frédérique Vergne |  le 24/09/2009  |  EnergieTechniquePerformance énergétiqueRéglementation techniqueFrance entière

Le durcissement attendu des exigences de la RT 2012 en matière de performances thermiques du bâti devrait généraliser le traitement des ponts thermiques, source importante des déperditions. Parmi les solutions disponibles sur le marché, les rupteurs thermiques industriels.

Dans un contexte réglementaire qui vise à réduire la consommation énergétique des bâtiments et par là-même les émissions de gaz à effet de serre, le renforcement de l'isolation de la structure s'avère primordial et avec lui le traitement des ponts thermiques.
Véritables trous à travers l'isolation de l'enveloppe, ces derniers sont responsables, selon le CSTB, de 10 à 40% de fuite de chaleur supplémentaire vers l'extérieur.

Un mètre de pont thermique non traité = 10 litres de fuel en plus

De manière générale, les déperditions liées aux ponts thermiques représentent 30 à 40 % des déperditions par les parois d'un immeuble collectif. Sachant qu'un mètre de pont thermique non traité en France représente 77 kWh de consommation supplémentaire/an, 10 litres de fuel supplémentaire/an et 5 kg de CO2 supplémentaires rejetés par an, la surconsommation pour un immeuble type R+3, comprenant 700 m de ponts thermiques non traités sera de 42 000 kWh, 6 000 litres de fuel, 6 000 m3 de gaz, soit 3,4 tonnes de CO2, l'équivalent de 27 000 kms parcourus en voiture. Des chiffres impressionnants qui plaident en faveur du traitement des ponts thermiques et à sa systématisation.
Si leur réduction est synonyme d'économies d'énergie, elle contribue aussi à la pérennité du bâti en luttant contre les pathologies liées aux différences de température entre les parois. De par sa nature, le pont thermique occasionne un flux thermique ciblé sur une faible surface de la paroi. La conséquence première est une forte réduction de la température surfacique au niveau du pont thermique à l'intérieur du bâtiment. Un second effet est la condensation qui se crée au coeur du pont thermique, générant une dégradation du bâti, en surface (détériorations de la peinture et des enduits), mais aussi en profondeur (fissures, moisissures).

Les rupteurs : entre 3 et 5% du potentiel marché

Que ce soit pour l'isolation thermique intérieure, technique la plus courante en France, ou pour l'isolation extérieure, ou encore répartie (de type monomur), il existe plusieurs solutions pour lutter contre les ponts thermiques, parmi lesquelles les rupteurs thermiques industriels. Leur utilisation, quoiqu'en fort développement aujourd'hui, a longtemps tardé à se développer. « Les rupteurs répondent entre 3 et 5% du potentiel marché (estimé à 40 millions d'euros), c'est dire les marges de progression que ce produit peut générer », observe Raphaël Kieffer, directeur commercial de Schöck, spécialiste allemand des rupteurs de ponts thermiques. « Présent sur le marché depuis 1992 avec des produits sous avis technique, nous n'avons pas connu, à l'origine, le succès escompté. La demande n'a réellement explosé que depuis ces dernières années, boostée par les réglementations thermiques et le Grenelle de l'Environnement ».
En 2008, les ventes de ses rupteurs Rutherma® qui atteignaient l'année précédente 5 500 ml sont passées à environ 18 700 ml, soit une croissance de 240 %. Et malgré le recul des constructions neuves, l'industriel prévoit, en 2009, un maintien de ses volumes. Pour consolider désormais sa position sur le marché français, Schöck vient d'ailleurs de créer une filiale française qui s'inscrit dans une démarche d'information des acteurs du bâtiment, de formation et d'assistance technique sur chantier. L'ambition ouvertement affichée est de faire de ses procédés d'isolation un véritable standard de construction, aussi bien en isolation thermique par l'intérieur, par l'extérieur ou répartie.
Si les rupteurs thermiques industriels constituent des solutions très performantes, - l'industriel annonce jusqu'à 75 % de déperditions en moins avec son produit pour la liaison dalle/façade -, ils engendrent néanmoins un surcoût de construction. Mais la réduction de la facture énergétique étant aussi un argument de poids, les rupteurs de ponts thermiques pourraient devenir comme en Allemagne des éléments essentiels des technologies du gros œuvre.

Rupteurs linéiques.
Rupteurs linéiques.
Le rupteur est noyé dans le béton et sa partie isolante est en continuité avec l'isolant.
Le rupteur est noyé dans le béton et sa partie isolante est en continuité avec l'isolant.
Rupteur pour liaison béton/béton en isolation thermique extérieure et/ou répartie.
Rupteur pour liaison béton/béton en isolation thermique extérieure et/ou répartie.
Une gamme de produits adaptée à toutes les isolations

Inventé en 1983 par Schöck, le rupteur de ponts thermiques de structure Rutherma® assure la continuité de l'isolation du bâtiment là où celle-ci est interrompue par les jonctions de structure et de balcons.
Rupteur linéique (contrairement au rupteur ponctuel) d'un mètre de long, il est composé d'un corps isolant en polystyrène expansé haute densité et hydrophobe et d'armatures pour la reprise des sollicitations de structure. Afin d'éviter la corrosion des armatures dans les zones où le polystyrène ne permet pas leur enrobage dans le béton, les armatures sont réalisées avec une partie médiane en acier inoxydable. Le raccord entre l'acier inoxydable et les armatures pour béton armé se fait par fusion bout à bout sans métal d'apport.
La gamme proposée par Schöck est adaptée à tout type d'isolation : intérieure, extérieure et répartie. Une nouvelle référence commercialisée depuis mars 2009 est adaptée aux zones sismiques.

Ponts thermiques

Un pont thermique est une partie de l'enveloppe d'un bâtiment où la résistance thermique, par ailleurs uniforme, est affaiblie par une absence ou une dégradation locale de l'isolation et donne lieu à d'importantes fuites de chaleur vers l'extérieur.

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