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RT 2012 : un surcoût de construction de 15-20%
L’application de la RT 2012, à partir de fin octobre 2011 dans le non résidentiel et de janvier 2013 dans le logement, devrait engendrer des coûts supplémentaires. - © © FV

RT 2012 : un surcoût de construction de 15-20%

Frédérique Vergne |  le 05/01/2011  |  France

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Le surcoût de construction suite à l'application de la RT 2012 devrait avoisiner les 15-20%, estime le groupe Xerfi, dans son étude « La filière du bâtiment face aux enjeux environnementaux à l'horizon 2015 », publiée le 4 janvier.

Dans son étude « La filière du bâtiment face aux enjeux environnementaux à l'horizon 2015. Défis, opportunités et enjeux de la RT 2012 pour les opérateurs », le groupe Xerfi, spécialiste en France des études économiques sectorielles, note que les défis pour tous les acteurs du bâtiment sont à la hauteur de la révolution en cours, qu'il s'agisse des défis techniques, de la coordination entre les corps d'état ou encore de la formation des professionnels. Si les techniques pour construire durable existent, le problème concerne avant tout la formation des professionnels et le coût de la construction neuve. En effet, l'application de la RT 2012, à partir de fin octobre 2011 dans le non résidentiel et de janvier 2013 dans le logement, devrait engendrer des coûts supplémentaires. « Ceux-ci devraient être supérieurs à ceux prévus par le ministère de l'Ecologie et du Développement durable, soit 7-8% en moyenne, qui ne prend en compte dans ses estimations que les équipements et la construction. En rajoutant les sources structurelles de hausse des coûts de la construction neuve, comme le foncier, la hausse devrait plutôt approcher les 15-20% », estime l'auteur de l'étude Vincent Desruelles. Parmi les sources d'inflation, sont cités le coût des matériaux et équipements, notamment les innovations répondant aux exigences de la RT 2012, les prestations à plus forte valeur ajoutée des entreprises de gros œuvre et de finition nécessitant du personnel qualifié ou encore le surcroît de travail des architectes en amont des projets. L'étude rappelle que ces derniers vont aussi être à l'origine du calcul du coefficient Bbio (besoin bioclimatique) qui nécessite des compétences en thermicité. Les missions des métreurs ou des bureaux d'études sont aussi amenés à évoluer, ces derniers pouvant notamment estimer les performances énergétiques au stade de l'avant-projet avec des logiciels adaptés.

Des différences selon les acteurs

Pour Vincent Desruelles, si les enjeux environnementaux en général et la RT 2012 en particulier sont source d'opportunités, ils représentent aussi des menaces pour l'ensemble de la profession. Le nouveau contexte pèsera différemment selon les acteurs du bâtiment.
Au rang des défavorisés, les maîtres d'oeuvre (architectes, bureaux d'études) qui abordent le changement de réglementation très fragilisés par la crise et qui vont encore subir des pressions fortes sur leurs tarifs de la part des maîtres d'ouvrage. Et ce, malgré des missions à plus forte valeur ajoutée. L'étude estime que c'est elle, avec les entreprises de construction, qui pourraient avoir à supporter l'essentiel des hausses de coûts.
Les promoteurs, quant à eux, devront promettre des économies aux ménages pour les convaincre d'investir dans du BBC et d'en payer le surcoût. L'étude insiste sur le fait qu'il leur faudra surveiller leur poste des achats de prestations (plus de la moitié de leur CA) qui est le plus susceptible de gonfler.
Privilégiés par une palette de techniques plus importante que celle destinée au logement collectif, les constructeurs de maisons individuelles sont « en pointe dans l'éco-construction ». L'offre BBC développée dans leur catalogue devrait enregistrer une baisse avec les années , les retours d'expérience, voire le développement des systèmes constructifs industrialisés.
Quant aux entreprises de gros oeuvre et de second œuvre, c'est sur elles que repose en partie l'efficacité énergétique du bâtiment (qualité du bâti, des finitions). L'avenir leur sera assurée si elles justifient de leurs compétences (d'où la nécessaire obligation de formation). « Dans le second oeuvre, les contraintes de coordination entre les lots pour traiter l'étanchéité notamment, pourraient entraîner des regroupements et associations entre corps de métier », estime l'auteur de l'étude.
Reste que la réussite de la RT 2012 et de l'éco-construction repose sur plusieurs facteurs, à commencer par la baisse de la consommation énergétique qui devra bel et bien être réelle et non juste une promesse, puis le tarif des logements BBC qui, malgré les surcoûts, ne devra pas exploser, quitte à sacrifier les marges ; enfin, le mise en place des subventions qui permettra de doper le marché du BBC. Et Vincent Desruelles de conclure : « La dépendance à la fiscalité est aujourd'hui l'une des principales menaces qui pèsent sur le secteur de l'éco-construction ».

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