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ROUTES L’innovation au service de la sécurité
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ROUTES L’innovation au service de la sécurité

Olivier Baumann |  le 12/09/2008  |  RéalisationsTravailInnovationTransportsProduits et matériels

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Signalisation d’incident en temps réel, barrières gonflables, peinture thermosensible… l’innovation en matière d’équipement routier ne cesse de se développer au service de la sécurité routière dans un contexte européen d’évolution rapide des règles.

L’Union européenne s’est fixé dans un Livre blanc l’objectif de réduire de 50 % le nombre de tués et de blessés sur les routes en Europe entre 2003 et 2010. La réussite de ce projet passe bien sûr par la responsabilisation des conducteurs et l’amélioration de la fiabilité des véhicules. Mais elle passe aussi par la maîtrise du facteur « infrastructure ». Celui-ci, s’il n’est que rarement la première cause des accidents, est néanmoins présent dans 40 % des accidents mortels, comme le rappelle un rapport du Conseil économique et social de février 2008*.

Dans un contexte de judiciarisation du risque routier, les maîtres d’ouvrage doivent donc optimiser le niveau de sécurité de leurs routes. Chaussées, marquage au sol, panneaux de signalisation, dispositifs de retenue… autant d’éléments qui contribuent à diminuer les risques et qui s’inscrivent dans un cadre réglementaire européen en pleine évolution (voir ci-dessous).

L’importance du marquage au sol

« Lorsqu’on demande aux usagers de la route d’évaluer les éléments qui font la qualité d’une route, le marquage au sol vient en première position », annonce Pierre Anelli, responsable développement travaux de Prosign, filiale de signalisation horizontale de Somaro (groupe Colas). Véritable guide visuel pour le conducteur, il doit toujours être bien visible, quelles que soient les conditions météorologiques. « C’est une pièce d’usure pour la route, explique Pierre Anelli. Il est donc très important de connaître son niveau de performance en usage et non pas seulement à la sortie de l’usine. C’est une attente des maîtres d’ouvrage qui peuvent alors passer d’une politique de dépense à une politique d’investissement. »

Joignant l’acte à la parole, le syndicat des équipements routiers (SER) et le Laboratoire central des ponts et chaussées (LCPC) mettent actuellement au point une méthode qui permet d’améliorer le rendement du contrôle en usage des marquages au sol dans les conditions les plus accidentogènes : de nuit et par temps de pluie (voir encadré p. 65). Une innovation synonyme de meilleure gestion du patrimoine pour les gestionnaires de routes, et de sécurité accrue pour les usagers.

Autre élément essentiel de lutte contre les accidents, l’adhérence des chaussées est l’objet d’améliorations continues de la part des entreprises routières. Il s’agit de trouver un optimum entre des caractéristiques qui ne s’accordent pas forcément bien : la macrotexture des granulats, qui assure un bon maintien de la chaussée, et la microtexture, qui permet d’augmenter la surface de frottement avec les pneus. Le tout en assurant une bonne drainabilité à l’enrobé afin d’obtenir des caractéristiques par temps de pluie proches de celles garanties par temps sec. « Globalement, chaque année, le niveau d’adhérence moyen des routes augmente, constate Pierre Calvin, directeur commercial de Colas. Pour autant, la demande en produits à très forte adhérence (Colgrip, Viagrip…) reste faible. » Quant aux enrobés clairs, plus visibles, ils sont surtout utilisés pour les pistes cyclables. Le contraste créé avec la chaussée noire offre une meilleure lisibilité au conducteur.

Dialogue route-véhicule

Plus technologiques, les systèmes de dialogue entre l’infrastructure et les véhicules font l’objet de recherches actives. Basés sur l’analyse et la transmission en temps réel des variations conjoncturelles des conditions, leur mise en œuvre nécessite deux éléments de base : des capteurs/émetteurs intégrés dans l’infrastructure et des véhicules équipés de manière équivalente. Le dialogue peut alors commencer. Exemple au LCPC, dont un des axes de recherche concerne la visibilité en cas de brouillard. « Nous travaillons sur un système de capteurs fixes, capable d’analyser l’opacité du brouillard, explique Eric Dumont, de la division « Exploitation, signalisation, éclairage » du LCPC. Le système pourrait transmettre au véhicule l’information de visibilité en termes de vitesse conseillée. » Le conducteur adapterait alors sa vitesse en temps réel, afin de limiter les risques. Si la recherche est active dans le domaine du dialogue infrastructure-véhicule, l’industrialisation des procédés ne semble pas à l’ordre du jour. « Le frein est majoritairement économique », souligne Eric Dumont.

L’infrastructure n’est pas la seule à dialoguer avec le véhicule. Le projet Lavia (limiteur s’adaptant à la vitesse autorisée), également en développement au LCPC, utilise le GPS. Le système, connaissant la vitesse maximale autorisée sur une section de route, se bride automatiquement lorsque le véhicule l’atteint.

La complexité tient ici autant dans la technologie que dans l’établissement de la base de données répertoriant de manière exhaustive la vitesse maximale autorisée de chaque section de route. Pour améliorer l’efficacité de la signalisation, le Comité interministériel de la sécurité routière a décidé de mettre en place sur le réseau national des inspections de sécurité des itinéraires à fréquence régulière (tous les trois ans) à partir de 2009.

La route partagée

Parallèlement, des commissions intégrant des citoyens fins connaisseurs des itinéraires locaux sont constituées sur tout le territoire pour évaluer la pertinence du positionnement des signalisations.

Côté entreprises, des concepts séduisants à destination des collectivités sont développés. Ainsi, Signature, filiale d’Eurovia, propose une offre « packagée » de sécurisation des abords des écoles. Avec un œil d’expert, que ne possède pas toujours le maître d’ouvrage local, l’entreprise conçoit un réaménagement global en intégrant la totalité des paramètres (signalisation, revêtement, géométrie des lieux, modes de circulation, réglementation…).

Cet exemple s’inscrit dans un contexte de démocratisation de la route, où le partage de la voie publique par l’ensemble des usagers devient la norme en milieu urbain. Une tendance illustrée par le salon Interoute, devenu le salon Interoute et Villes, qui se tiendra du 23 au 25 septembre au Parc des expositions de Rennes.

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Chiffres

4 838 tués sur les routes en 2007 (métropole plus DOM), en baisse de 2,1 % par rapport à 2006.

106 709 blessés en 2007, en hausse de 0,7 % par rapport à 2006.

25 milliards d’euros c’est le montant annuel des conséquences financières des accidents corporels et purement matériels selon l’Observatoire national interministériel de sécurité routière.

40 % c’est le taux d’accidents mortels pour lesquels le facteur « infrastructure » est présent.

* Rapport « sécurité routière et circulation », Conseil économique et social, février 2008.
Des performances minimales pour chaque équipement

Conformément à la Directive européenne sur les produits de construction n°89/106 CEE, le marquage CE est progressivement mis en place sur la plupart des familles d’équipements routiers. Lorsqu’il apparaît sur un équipement, il se substitue à la marque NF. Mais contrairement à cette dernière, il n’est pas forcément synonyme de qualité.

C’est pourquoi la réglementation nationale des équipements routiers (RNER) complète l’arrivée du marquage CE en imposant par le biais d’arrêtés des performances minimales obligatoires à respecter pour chacun des équipements.

Pour chaque type d’équipement, une période de coexistence (d’un à trois ans en général) permet au maître d’ouvrage d’accepter les produits certifiés NF parallèlement aux produits marqués CE. A son issue, le marquage CE prend alors un caractère obligatoire.

L’EXPERT Gérard Vuillemin, directeur d’études « conception et équipement des infrastructures » au Sétra

« Décloisonner tous les équipements »

« Sans connaître de révolution, le domaine des équipements routiers se complexifie, dans un contexte réglementaire en pleine évolution. Nous ne nous cantonnons plus à une réflexion par type de signalisation mais nous favorisons une approche intégrée par aménagement, la sécurité étant l’objectif prioritaire. On cherche une cohérence globale en termes de lisibilité afin que le conducteur adapte naturellement son comportement au type de zone traversée. Par exemple, nous travaillons au renforcement de la signalisation aux abords des passages à niveau. Pour cela, nous repensons tous les équipements concernés : diamètre du feu, îlots séparateurs bordurés, marquage au sol, taille des panneaux, signalisation avancée dynamique asservie aux annonces des trains… Sur tous ces aspects, dont celui de la réglementation nationale des équipements routiers, qui fixe selon les réseaux des seuils minimaux de performance pour chaque famille d’équipements marqués CE, nous veillons à ce que la concertation avec les bénéficiaires, la profession et les collectivités territoriales soit la plus large et la plus constructive possible. »

Salon

Salon Interoute et Villes 2008; il aura lieu du 23 au 25 septembre au parc des expositions de Rennes. Renseignements : www.interoute-ville.com

EN SAVOIR PLUS

www.equipementsdelaroute.equipement.gouv.fr pour suivre l’actualité réglementaire et normative des équipements routiers.

www.ser-info.com pour découvrir le site du syndicat des équipements routiers, regroupant les entreprises du domaine.

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