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Philippe Vignaud, architecte urbaniste - ©

"Rouen : deux enfants victimes de la "connerie" française"

le 22/07/2011  |  ArchitectureRéalisationsSeine-Maritime

La mort accidentelle de deux enfants dans un bâtiment des années 60 de l'architecte Marcel Lods relance la polémique sur le choix des politiques publiques de la rénovation urbaine. Philippe Vignaud, Architecte - urbaniste associé de l'agence RVA s'insurge, dans ce point de vue, contre les politiques extrêmes.

Dans ce pays qui ne dialogue pas, la radicalité d'une posture entraine sans délai le raidissement également irraisonné de la posture opposée.
A la campagne musclée et médiatiquement orchestrée de démolition des banlieues françaises par Jean-Louis Borloo a succédé un puissant courant de conservation totale des grands ensembles.
D'un côté, le social-sadisme qui consiste à donner à la grande pauvreté des banlieues un visage prétendument urbain, sous forme de pavillons, de l'autre une partie de l'intelligentsia parisienne amoureuse inconditionnelle du mouvement moderne.
Du même premier côté, la technostructure a été mise dans un premier temps au service d'une idéologie qui prétend résoudre la question sociale par le changement de forme urbaine, ce qui évidemment représente une supercherie, car quelques années et quelques milliards plus tard le ghetto se survit à lui-même.
De l'autre il y a cécité intellectuelle à ne pas distinguer la spécificité de l'œuvre en architecture : elle est aussi ouvrage. Dès que cette œuvre -qui comprend l'ouvrage-, ne répond plus à sa destination première, ici loger les humains, n'est-il pas légitime de s'interroger sur le sens et l'avenir de ces bâtiments ?

En France, on supprime les passages à niveau après un certain quota d'accidents mortels.
S'agissant de la conservation patrimoniale, avons-nous atteint notre quorum pour enfin traiter de cette question hors polémiques et postures ?

Dans une plus vaste politique d'aménagement du territoire, nous savons qu'une évolution raisonnée des banlieues est nécessaire. La ville et sa banlieue doivent pouvoir évoluer sans violence, sans éradication systématique y compris avec l'assimilation historique de ce que furent les « trente glorieuses ».
Avec 80% des Français qui y résident, la ville constitue aujourd'hui notre biotope civilisationnel. Par essence ce doit être le lieu de la culture et du débat démocratique responsable. La ville représente l'antithèse de l'actualité politico-médiatique. Ce lieu de complexité et temporalités superposées, nous sommes de sortir de nous-mêmes et de nous hisser à un niveau supérieur de conscience pour aller vers une ville solidaire et durable.
Sortons de la « connerie » française !

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