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Roubaix-Tourcoing Le grand projet urbain démarre

alix de vogüé |  le 17/01/1997  |  LogementUrbanismeAménagementRénovationFrance

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Un groupement d'intérêt public pilotera l'opération. 443 millions de francs d'investissements bientôt engagés. 800 hectares et 64 000 personnes sont concernés.

Le grand projet urbain (GPU) de Roubaix-Tourcoing, Croix et Wattrelos va prendre sa vraie mesure en 1997 car, après la signature à l'automne de la convention de programmation financière 1994-1998, le préfet vient de prendre, fin décembre, l'arrêté de création de sa structure de pilotage : un groupement d'intérêt public (GIP).

Le conseil d'administration du GIP va être le lieu de concertation entre l'Etat, la communauté urbaine de Lille et les villes, avec aussi la présence de la Caisse des dépôts et de la CMH, le bailleur social privé. Afin de jouer la cohérence, ce conseil constitue le comité de pilotage stratégique pour la zone franche urbaine (notamment dans les deux tiers du GPU qui en bénéficient) et pour Urban (7 millions d'écus sur le territoire du GPU) (1). « On utilise la procédure du GPU pour mettre en place une vraie démarche de grand projet », souligne Michel David responsable de la SEM Ville renouvelée à Roubaix.

Le conseil d'administration du GIP est chargé du cadrage, de la conception et de la conduite stratégique du projet. Pierre Lemonier, ancien directeur général des services de la région Nord-Pas-de-Calais qui va diriger l'équipe du GIP (moins de dix personnes), compte faire apparaître la dynamique du GPU. Il souhaite ainsi reventiler la liste des dossiers retenus dans la convention financière autour de cinq à six sous-ensembles stratégiques. Son objectif serait de faire apparaître, sur chacun de ces pôles, un assembleur urbain qui garantisse la synergie des différentes opérations. La SEM Ville renouvelée sera un candidat naturel à ce type de mission. Le GIP devra aussi préparer le XIIe Plan, alors que l'actuelle convention sélectionne les priorités sur des besoins évalués à quelque huit cents millions de francs.

A côté de cette fonction d'animation de projet, le GIP va assurer une mission « d'ingénierie de maîtrise d'ouvrage interinstitutionnelle, une sorte d'OPC (2) de maîtrise d'ouvrage urbaine », indique Pierre Lemonier. L'enjeu ? Faire travailler ensemble six personnes morales pour mettre en oeuvre 443 millions de francs d'investissements. Et sortir vite les projets.

A Tourcoing, l'une des opérations clés de 1997 sera la requalification du pont ferroviaire de la rue de Roubaix (4,5 millions de francs), qui, après celle du pont de la rue de la Tossée, est un moteur d'évolution du quartier de l'Epideme à l'entrée de la ville. L'aménagement de la rue de Roubaix, le traitement de ses carrefours et la préparation d'une voie de délestage se profilent à l'horizon 1998 (7 millions).

Désenclavement de la Bourgogne

Le quartier d'habitat social de la Bourgogne (15 000 habitants) va accueillir un projet de centre de technologie (6,5 millions de francs) et un futur pôle de service public (4 millions de francs) qui sera soit une construction neuve, soit un élément de la reconversion de la tour Delroeux. Le changement d'affectation de cette dernière est en effet à l'étude. Le désenclavement de la Bourgogne doit se poursuivre avec la requalification de voiries (Egalité-Schuman-Roitelet). Et la perspective, à l'horizon 2000, d'améliorer les liaisons est-ouest au sein du quartier. La rue de la Marlière, près de la Bourgogne, va bénéficier d'un contrat de rue.

Contrat de rue pour l'Epeule

Contrat de rue aussi pour la rue de l'Epeule et la rue de l'Alouette, secteur stratégique à l'ouest de Roubaix. Il s'agit de lancer une reconquête commerciale, avec des interventions prévues pour le foncier (7 millions), l'économique (12 millions), les espaces publics et la voirie (7 millions). Le quartier va aussi être doté d'équipements nouveaux (pôle de service public, salle de sport Bernard-Jeu, centre social). Au nord (Alma/ Cul-de-Four/ Hommelet), l'opération phare est la création du parc Phildar, dans le droit fil (comme le parc Bell-Brondeloire) des propositions de Christian Devillers. Des équipements publics sont aussi prévus (voir encadré).

Enfin, deux quartiers ont un statut spécial. Un petit quart du secteur d'habitat social de la Mousserie est inclus dans le territoire du GPU et bénéficiera de financements spécifiques. Mais Wattrelos mentionne dans la convention d'autres projets du quartier qui s'inscrivent dans la même dynamique partenariale : la reconstruction de la Maison pour tous (6 millions) et celle du centre social (6 millions). Le Virolois à Tourcoing, qui va lancer une Opah, n'est dans le GPU qu'au titre de l'habitat. Mais, là encore, la ville fait figurer des projets (aménagement du jardin botanique par exemple) qui ne sont pas financés par le GPU mais relèvent du même esprit.

L'Etat met peu d'argent (80 millions), soit moins que la communauté urbaine de Lille (CUDL, 89,2 millions) et que Roubaix (85,2). Cette contribution, loin du 50-50 affiché au départ, s'inscrit en bas de la fourchette actuelle : l'apport de l'Etat couvre entre un tiers et un cinquième des investissements contractualisés des GPU. « Mais l'ingénierie du GPU crée un effet de globalisation financière et stratégique », indique Michel David.

Innover pour l'habitat privé

Reste un enjeu majeur : l'habitat caractérisé par la présence majoritaire de logements anciens privés (en dehors de la Bourgogne et de la Mousserie). Sont réservés 125 millions de francs de crédits logements à côté des 19,4 millions (dont 4,8 millions pour le maintien d'équipes après la fin des Opah roubaisiennes) consacrés à ce domaine par la convention financière. Celle-ci souligne que, en matière d'habitat, « de nouvelles formes d'interventions sont à élaborer pour réinscrire les territoires dans une logique de marché, adapter les produits aux situations des familles et requalifier l'habitat privé de façon massive ».

Pour le moment, la programmation est restée très classique et, paradoxalement, compte tenu de l'absence de marché privé, la restructuration s'appuie sur une hausse de 125 % des PLA (prêts locatifs aidés), alors qu'il faudrait éviter de renforcer le poids de l'habitat social. Avec la mise en route du GIP, c'est l'espoir d'un travail plus en amont avec les villes sur une véritable stratégie d'habitat. Un travail collectif est amorcé pour évaluer les récentes Opah du GPU, voire les améliorations possibles, et faire des propositions pour créer une dynamique de réhabilitation privée. Des suggestions destinées à être présentées à la direction de l'habitat et de la construction. Aujourd'hui, personne ne sait quel champ d'expérimentation l'Etat est prêt à ouvrir.

TRACE : Le périmètre du grand projet urbain englobe dix-huit quartiers dans quatre communes.

SCHEMA : A Roubaix-nord l'opération phare est la création du parc Phildar (à g.).

A Tourcoing, un nouveau pont ferroviaire « allégé » rue de Roubaix. (Atelier de design Integral Ruedi Baur)

(1) Soit 45 millions de francs dont 15 millions ont déjà été pris en compte dans la convention financière.

(2) OPC : ordonnancement-pilotage-coordination.

Les principales opérations

Foncier (62,6 millions) :

Union, 15 millions ;

Epeule, 14 millions ;

parc Bell-Brondeloire, 4,5 millions...

Espaces publics (196,1 millions) :

parc Phildar, 21 millions de travaux (démarrage d'une tranche de 9 millions à la mi-1997) ;

parc Bell-Brondeloire, 6 millions de travaux prévus fin 1997 ;

abords du groupe de logements Bell, 6,6 millions (1997-1998) ;

requalification des ponts de la rue de la Tossée et de la rue de Roubaix, 6,4 millions ;

requalification de rues à la Bourgogne, 6,5 millions ;

îlot La Redoute/Blanche Porte, 11 millions...

Equipements publics (135,7 millions) :

groupes scolaires Jules-Verne et Diderot-Voltaire, 23 millions de francs (100 % Roubaix) ;

pôle de service public quartiers nord de Roubaix, 9,1 millions (aménagements de bâtiments existants) ;

salle de sport de l'Hommelet, 7 millions (programme en cours d'élaboration, travaux à l'horizon 1998) ;

relocalisation du centre social du Cul-de-Four, 6,9 millions de travaux à l'horizon 1998 (deux sites à l'étude) ;

pôle de service public de l'Epeule, 7,4 millions (choix du site à la mi-1997, travaux en 1998) ;

salle de sport Bernard-Jeu, 15,7 millions (travaux en cours) ;

aménagement de l'ex-usine Roussel, 10 millions (dont 5,5 millions pour une première tranche culturelle fin 1997)...

Voirie (30,6 millions) :

contrat de rue de l'Epeule (Roubaix), 7 millions ;

aménagement de la rue de Roubaix (Tourcoing), 3,5 millions...

Habitat (19,4 millions) :

changement d'usage de la tour Delroeux (la Bourgogne), 7 millions (études en cours)...

Soutien à l'économique (80,2 millions) :

construction de l'Afobat, 60 millions (travaux fin 1997) ;

centre de technologie à la Bourgogne, 6,5 millions (ouverture définitive prévue en septembre 1998) ;

contrat de rue de l'Epeule, 7 millions (fin des études).

Les crédits d'Etat du GPU

Les 250 millions de francs de crédits annoncés en 1994 pour la période 1994-1998 se décomposent en : 125 millions de crédits logement, 50 millions de crédits FSU (fonds social urbain) et 75 millions de crédits spécifiques « autres ministères ».

Les 125 millions de crédits logement sont engagés au rythme de 25 millions par an environ et se décomposent en moyenne depuis trois ans en :

- 9 millions de PLA) ;

- 4,5 millions de PLATS ;

- 1,5 à 3,5 millions de francs de Palulos (primes à l'amélioration des logements à usage locatif et d'occupation sociale) ;

- 8 à 10 millions d'aides à la pierre du parc privé ancien.

Les 125 millions de FSU (fonds social urbain) et de crédits spécifiques « autres ministères » se répartissent en :

- 8,2 millions déjà attribués avant la convention financière ;

- 80,2 millions part de l'Etat dans la convention de 443,9 millions de francs ;

- un solde de 36,6 millions qui fera l'objet d'un avenant pour 1999-2000 : un décalage comme pour les autres GPU.

Les jokers

- 15 millions de francs réservés dans le cadre du Plan de relance de 1993. Des crédits de titre V pour un portage foncier de l'Etat - une convention spécifique va être passée en l'Etat, l'EPF

(établissement public foncier) qui fera le portage pendant cinq ans et la CUDL qui rachètera les terrains en fin de période - ;

- 8 millions de francs, solde de la subvention accordée pour le GPU à l'Eprart (chargé au départ de son pilotage) qui doivent encore être transférés au GIP.

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