Matériaux et équipements

Roubaix teste trois regards de canalisation imprimés en 3D [diaporama]

Mots clés : Béton

La ville vient de poser trois regards en béton imprimés en 3D sur des tronçons de canalisation datant du XIXe siècle et non équipés. Une première en France, fruit d’une collaboration entre Point.P TP, la Sade, la métropole de Lille et la start-up XtreeE. 

C’est une innovation qui pourrait faire gagner beaucoup de temps – et donc d’argent – aux exploitants de chantiers. Trois regards de canalisation imprimés en 3D viennent en effet d’être réalisés pour accéder aux égouts de Roubaix (Nord). Cette réalisation est le fruit d’une collaboration entre Point.P Travaux Publics, la Sade (société spécialisée dans la conception/construction et l’entretien des réseaux), la Métropole européenne de Lille (MEL) et la start-up XtreeE.

En effet, le réseau d’assainissement de la ville – qui date du XIXe siècle – était en mauvais état et non équipé sur les tronçons concernés. « L’idée, c’était d’ouvrir en réalisant une tranchée, de réparer la surface et de réaliser un coffrage qui s’adapte aux collecteurs », détaille Olivier Verbrugghe, chef d’antenne à la SADE.

 

Temps de séchage record

 

Les  trois regards, en béton fibré à haute performance et à prise rapide, ont été imprimés en usine, à Rungis, par la start-up XtreeE. L’impression de chacun d’entre eux  a nécessité moins de 8 heures. Il a fallu ensuite compter une demi-journée de séchage avant de pouvoir déplacer le module imprimé. Un temps record par rapport à une réalisation classique.

« Avec un préfabriqué du commerce, il m’aurait fallu une semaine et demi pour faire le même travail », assure Olivier Verbrugghe. « De plus, au vue des pièces dont nous disposions, nous aurions certainement réalisé un coffrage carré pour assurer le coulage du béton. Or, ici, la forme du coffrage est adaptée », complète ce dernier.

La technologie développée par XtreeE consiste à réaliser un coffrage perdu, qui va rester en place une fois que le béton a fait sa prise. L’utilisation de cette technique permet également d’utiliser la juste quantité de matériau. En effet, pour cette canalisation, l’épaisseur du voile n’a été que de 20 cm, alors que 30 cm aurait été nécessaires avec une méthode classique en béton armé. Avantage supplémentaire, le voile imprimé en 3D est creux.

 

Adapter le coffrage au millimètre

 

La précision de cette réalisation s’explique grâce au travail effectué en amont. En effet, pour imprimer le coffrage, XtreeE s’est appuyée sur les données issues de relevés au scanner laser 3D  de l’ouvrage existant. Ce travail préalable a permis de saisir les dimensions du collecteur, en adaptant le celui-ci au millimètre près. « Ici, la dimension du regard était petite (environ un mètre de diamètre), mais le collecteur n’était pas plat. Il a donc fallu travailler sur-mesure » détaille Philippe Roux, responsable systèmes et co-fondateur de la start-up XtreeE.

Afin d’adapter le regard à la forme légèrement ondulée de l’égout, les concepteurs ont imprimé un socle 3D adapté aux formes de l’ouvrage, sur lequel ils ont ensuite déposé le regard à sa sortie d’usine. Un système de sangle a ensuite permis de soulever le regard pour assurer sa pose directement sur le chantier.

Seul bémol : l’impression du regard ne peut pas, à l’heure actuelle, être réalisée directement sur place, notamment à cause des normes de sécurité sur les chantiers. « Mais c’est notre objectif à moyen terme », assure Philippe Roux.

 

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