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Roanne (LOIRE) Un lycée dessiné par la lumière et les vents

VINCENT CHARBONNIER |  le 02/08/2007  |  SantéEnergieArchitecture

En tirant parti des caractéristiques climatiques du site, l’agence d’architecture Tekhné a conçu un bâtiment lumineux et sobre en énergie. Une démarche environnementale qui doit à la volonté des acteurs d’atteindre les objectifs initiaux du cahier des charges.

«Tout ce qui avait été annoncé en matière d’isolation extérieure, de VMC double flux, de puits canadien, de récupération d’eau pluviale, de protection solaire ou gestion de l’éclairage a été réalisé ! », s’exclame Christian Charignon, architecte lyonnais de l’agence Tekhné. Et même s’il n’a pas l’habitude de fanfaronner, le chantier du lycée Sampaix de Roanne (Loire), tel qu’il a été conduit jusqu’à présent, lui paraît exemplaire. Les premiers bâtiments, livrés en décembre, sont aujourd’hui en cours de certification NF bâtiments tertiaires démarche HQE (haute qualité environnementale) par le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB).

Coordination sans faille. « 80 % des cibles de la démarche HQE peuvent être atteints par une bonne orientation des bâtiments », notait dès l’origine Christian Charignon. De fait, le plan-masse conçu par Tekhné a été respecté. Les bâtiments scolaires, administratifs, de même que les ateliers de ce lycée professionnel dédié aux métiers de l’automobile, des transports routiers et de la maintenance des systèmes automatisés, sont disposés en fer à cheval autour d’une plaine paysagère. Ils sont tous distants d’au moins 15 m pour tenir compte des ombres portées et utiliser au maximum l’éclairage naturel. Des arbres ont également été plantés entre certains bâtiments pour contrarier l’accélération des vents, d’autres le seront vers la piste d’essai des camions pour créer un microclimat. « Il ne faut pas traiter une démarche environnementale cible par cible, observe Christian Charignon, sinon on court à la catastrophe ! ». Un tel chantier requiert une coordination sans faille, un travail transversal entre les ingénieurs et le cabinet d’architectes qui fait la synthèse. Un « atelier des conforts » a ainsi été mis en place pour plancher notamment sur l’acoustique des salles de classe. Cet esprit de dialogue a aussi permis de maintenir une passerelle de liaison en bordure des bâtiments. Le parti architectural a prévalu sur les réticences du maître d’ouvrage qui la trouvait « trop chère ». Outre un rôle de protection, cette passerelle permet de délimiter une plaine récréative et d’extérioriser une partie des circulations.

Inertie maximale. Pour aboutir à un facteur de lumière du jour de 2,5 % – soit 300 lux en moyenne – et à une température ambiante inférieure à 26 °C entre le 30 juin et le 1er octobre, sans alourdir la facture acoustique (les parois vitrées sont très réfléchissantes), les bureaux d’études ont dû composer avec les matériaux. Les salles de classe, d’au moins 3 m de hauteur sous plafond, sont équipées de grandes baies en mélèze autrichien et de double vitrage faiblement émissif. Les occultations extérieures sont fixées dans un cadre saillant qui apporte une première protection solaire. Les sources lumineuses fluorescentes à haut rendement sont pilotées par des cellules en fonction de l’éclairement. Cette priorité donnée à la lumière naturelle influe sur l’acoustique en risquant de conduire à une ambiance trop réverbérante. Un plafond suspendu et un revêtement absorbant sur la plus grande partie des parois non vitrées y remédie. Un abat-son en contreplaqué cintré, disposé au-dessus du bureau du professeur, fait porter sa voix jusqu’au fond de la classe. L’inertie thermique des bâtiments est assurée par une structure lourde en béton de 18 cm d’épaisseur, des dalles préfabriquées alvéolaires, une isolation par l’extérieur de 15 cm en laine minérale et un parement en bardage Naturalis (Eternit). Cette inertie est encore renforcée par des cloisons internes en Carrobric (Imerys) donnant sur les couloirs. Des terrasses végétalisées sur les salles à un seul niveau et une surventilation nocturne complètent le dispositif. Au regard des premiers calculs effectués, l’objectif de 50 à 60 kWh/m2/an pour le chauffage, la ventilation et l’éclairage est atteint : la consommation mesurée s’élève à 59 kWh/m2 par an.

Maîtrise d’ouvrage : région Rhône-Alpes/SEDL

Assistance à maîtrise d’ouvrage : CETE Lyon.

Maîtrise d’œuvre : Tekhné, mandataire (Hélène Duhoo et Christian Charignon, architectes. Fabienne Marcoux, Grégory Cluzel, Nicolas Bastide, architectes-assistants. François Varieras, architecte du chantier). Tribu, BET HQE. EAI, acoustique.

Principales entreprises : Lamy et Roanne bâtiment (gros œuvre), Besacier/Barlot (ossature vêture bois), Jacques et Cie (couverture métallique).

Surface : 10 317 m2 HON.

Coût : 12,6 millions d’euros.

PHOTO - 5410 Bioclim2.eps
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PHOTO - 5410 Bioclim1.eps
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PHOTO - 5410 Bioclim7.eps
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DESSIN - 5410 Bioclimplan1.eps
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PHOTO - 5410 Bioclim5.eps
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PHOTO - 5410 Bioclim4.eps
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CARTE - 5410 Bioclimplan2net.eps
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