Projets

« RÉUSSIR LA VILLE 2.0 » par ROUEÏDA AYACHE, ARCHITECTURE-STUDIO

Mots clés : Architecture

Réussir la mutation des villes commence par faire se parler et se comprendre les acteurs de l’acte de construire pour mieux en cerner les enjeux et les réponses. C’est le sens des grandes conférences organisées depuis plusieurs années par Wicona. Le 8 novembre dernier, Roueïda Ayache, architecte associée de l’agence internationale Architecture-Studio, livrait devant les 200 invités sa vision de « la ville 2.0 ».

Intelligence collective

« Après les changements de paradigmes de l’urbanisme du XXe siècle, une nouvelle génération de villes est en train de naître. À l’heure des grandes mutations numériques, sociétales, économiques et écologiques qui interagissent tant à l’échelle locale que globale, comment se conçoit la ville de demain ? », lance l’architecte en introduction.

La référence de la formule au numérique puise dans ce qu’il peut offrir de meilleur via les nouveaux outils mais sans laquelle ceux-ci sont inopérants, à savoir « l’intelligence collective ». Celle de l’architecte-urbaniste et de ses partenaires dans le travail de conception-réalisation. Celle de la ville elle-même, dans une gestion globale « qui restitue sa part à l’usager ». Mais encore ?

 

La technologie au service de l’écologie

La restructuration de la Maison de la Radio à Paris, avec le lien piéton créé entre la « maison ronde » et la Seine en enjambant la voie sur berges, illustre l’une des manières d’opérer la transition de la ville du XXe siècle, dominée par les axes routiers, vers une ville 2.0 qui restitue à l’usager sa part via une requalification de l’espace public, ici à petite échelle.

L’opération de « cicatrisation » peut se concevoir à la dimension d’une mégapole, comme ce travail mené à travers une plateforme numérique participative associant de nombreux partenaires sur le simulateur 3D de ville durable de Santiago du Chili. En jeu : une capitale coupée en deux par l’autoroute panaméricaine, créant une périphérie en son cœur, et sa couverture, proposée in fine sous deux versions permettant de « retisser la ville » pour en revaloriser tous les aspects – foncier, énergétique, habitat, etc. – de façon la plus équitable possible.

Plus proche de chez nous, deux projets d’écoquartiers traduisent concrètement comment « la technologie se met au service de l’écologie » et le numérique au service de la qualité de ville : celui de Port Marianne à Montpellier, axé sur l’intégration des mobilités douces, et celui de l’écoquartier du « fort numérique » d’Issy-les-Moulineaux (12 ha, 120 000 m2 en restructuration-réhabilitation), exemplaire en termes énergétiques et de mobilité intelligentes, mais aussi d’espaces publics et de « densité équilibrée » du bâti.

 

Bâtiment résilient

Parmi les nombreux projets d’Architecture-Studio emblématiques de la ville 2.0 à toutes les échelles et à tous les stades de son développement – du Paris hausmannien au Kaboul en devenir en passant par Doha, village mondial au Qatar –, celui de l’Abdali Gate, dans la capitale jordanienne d’Amman, illustre de façon spectaculaire ce que Roueïda Ayache qualifie de « bâtiment résilient ». À l’origine du programme : deux tours de bureaux et des bâtiments plus bas de logements, le tout formant une porte d’entrée de la ville. Une crise économique plus tard, demeure une tour, en cours de construction, et un bâtiment de logements. « Le projet a survécu grâce à sa faculté à pouvoir changer d’usage », passant de bureaux à une destination hôtelière. Derrière sa façade en verre et marbre translucide : des châssis Wicona…

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