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Retraités Les « seniors » du BTP sont très demandés

PATRICE DROUIN |  le 14/02/1997  |  EntreprisesDroit du travailManagementAssociationsFrance

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-Préretraités et retraités du BTP continuent parfois à travailler bénévolement en France et à l'étranger.

« Les plans sociaux dans le BTP vont probablement nous valoir de nouveaux adhérents », affirme Claude Seigland, délégué général d'ECTI, une des trois grandes associations françaises spécialisées dans le bénévolat économique. Avec Agir et Egee, Ecti regroupe en effet quelque 10 000 professionnels volontaires (retraités ou préretraités) qui mettent bénévolement leur savoir-faire à la disposition de demandeurs français et étrangers : entreprises, associations, organisations non gouvernementales (ONG), organismes publics ou parapublics, etc. Il s'agit d'une prestation non pas « gratuite » mais « bénévole », le demandeur prenant en effet à sa charge les frais de voyage et de séjour de l'expert qui, en règle générale, paye une cotisation annuelle de 250 francs (déductible à 50 % des revenus) à l'association concernée. Le BTP ne constitue pas le gros des troupes des trois associations. Président d'EGEE, Bernard Souny reconnaît volontiers que ce secteur ne représente qu'une centaine de conseillers-adhérents sur un total de 3 000 environ. Pour sa part, Edouard Gleyze, coordinateur pour l'Afrique noire et Madagascar d'Agir, constate « que les médecins et les enseignants sont beaucoup plus nombreux que les ingénieurs TP ou les chefs de chantier ». Il n'en demeure pas moins que les jeunes préretraités et retraités sont très demandés un peu partout dans le monde (dans les pays en développement et en Europe centrale et orientale notamment), et dans l'Hexagone pour des missions ponctuelles (durée moyenne : une trentaine de jours) et très variées : étude sur le marché de la poutrelle métallique à Djibouti, expertise technique d'un barrage au Kazakhstan, appui à une unité de production de briques à Abidjan (Côte d'Ivoire), supervision de la construction de petits ouvrages sur digues au Cambodge, participation à la mise en service d'une voie d'eau sur le site de Kourou (Guyane), promotion des métiers du BTP dans les établissements scolaires de la région parisienne, inventaire des friches industrielles de la région Limousin, etc. Charles Becdelièvre, directeur des ressources humaines de Technip, résume bien le sentiment des demandeurs en déclarant notamment : « Le bénévolat économique nous permet d'avoir accès à des compétences que l'on n'a pas en interne ou dont on n'a pas besoin de manière régulière ; des compétences d'appoint dans des domaines nouveaux ou qu'on maîtrise mal. »

Les responsables de ces trois associations insistent beaucoup sur leur volonté de ne pas prendre le travail des actifs (voir interview) et sur leur souci d'aider les PME-PMI qui n'ont pas toujours les moyens de s'offrir les services de consultants. Il faut croire que les « seniors » ont la cote un peu partout dans le monde puisque tous les grands concurrents de la France - en particulier les Etats-Unis, le Japon, le Canada, l'Allemagne, le Royaume-Uni et les Pays-Bas - aident leurs associations de seniors sur le plan financier.

CONTACTS

-Agir (Association générale des intervenants retraités) Tél. : 01.47.70.18.90.

-Ecti (Echanges et consultations techniques internationaux) Tél. : 01.53.42.37.00.

-Egee (Entente des générations pour l'emploi et l'entreprise) Tél. : 01.47.05.57.71.

De moins en moins d'actifs

Seuls les Pays-Bas présentent dans les pays développés un taux d'emploi des salariés âgés aussi bas que la France (voir graphique). « Le poids des actifs âgés de plus de 55 ans dans la population active a diminué de plus de moitié entre 1968 et 1995, note une étude de l'Insee, passant de 18,7 % à 8,6 %. Sur la même période, la proportion d'actifs parmi cette classe d'âge n'est plus que de 15 % (31,5 % vingt-sept ans plus tôt). Quant au taux d'emploi des hommes de 55 à 59 ans il passe de 80 % dans les années 70 à 60 %.

Courbe : taux d'emploi masculin entre 55 et 64 ans de 1970 à 1990 selon les pays OCDE

VADIM TICHONICKY « Je ne prends pas la place d'un actif »

Depuis quand êtes-vous retraité ?

VADIM TICHONICKY. J'ai « décroché » début 1996. Mais en tant qu'expert d'Ecti, j'ai eu l'occasion d'entreprendre plusieurs missions en Russie et au Kazakhstan pour le compte de mon ancien employeur, le groupe Campenon Bernard SGE. Je suis intervenu à Saint-Petersbourg quelques jours après un accident dans le métro. L'objectif était de rétablir un tunnel dans une zone géologique difficile. Au Kazakhstan, il s'agissait d'un projet de barrage hydroélectrique. Etant à la fois ingénieur TP et ... linguiste - je parle parfaitement le russe -, j'ai pu « dépanner » Campenon Bernard qui n'allait pas embaucher un spécialiste pour des missions aussi courtes, un peu plus d'une semaine dans chaque cas.

N'avez-vous pas l'impression de prendre le travail d'un « actif » ?

Pas du tout ! Campenon Bernard embauchera quelqu'un ayant mon profil une fois qu'il aura enregistré un certain volume d'affaires dans cette partie du monde. Pour le moment, ce n'est pas le cas.

Qu'est-ce qui vous motive à vouloir rester... actif ?

Mon âge tout d'abord : à 63 ans, on est loin d'être « fini ». Pour avoir beaucoup prospecté l'ex-Union soviétique, j'ai le sentiment qu'il y a des marchés intéressants à prendre pour des groupes de BTP français. En outre, il n'est pas facile de tirer un trait sur une longue carrière, après avoir sillonné le monde en tant qu'ingénieur TP.

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