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Retraites Les atouts d'un mélange de capitalisation et de répartition

HUGUES HAENTJENS |  le 16/05/1997  |  Temps de travailConjonctureTravail

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-Une étude réalisée par les cabinets Bipe et Quantix envisage trois scénarios de projection des systèmes de retraite à moyen et long terme. -Elle conclut que le scénario moyen entre une retraite basée sur la capitalisation et des pensions par répartition (système actuel) se révélerait plus avantageux à terme.

Il faut agir pour préserver les retraites, tout le monde en est conscient. Si le Parti socialiste souhaite l'abolir en cas de victoire aux élections législatives, la loi concernant la mise en place de fonds de pension a été votée. Mais son application relève de choix politiques qui, selon les options retenues, peuvent donner aux pensions de retraite un visage bien différent.

Une étude réalisée par le Bipe (société d'études et de prévisions économiques) et Quantix (cabinet d'études et de conseil en économie et marketing) permet de comparer trois systèmes de retraite, basés sur une cohabitation plus ou moins grande des fonds de pension et du système actuel de retraite par répartition. Sur trois schémas envisagés, deux peuvent être qualifiés « d'extrêmes » et un de « central ». L'étude réalisée par Bipe-Quantix montre que les deux scénarios « extrêmes » portent en eux leurs propres limites. La position centrale marie la répartition et les fonds de pension dans un système plus cohérent.

Un mariage heureux des fonds de pension et du système par répartition

La position « centrale » appelée dans l'étude « capitalisation organisée » fait coexister les deux systèmes : les pensions dépendent des salaires en fin de carrière ; l'Etat intervient par la fiscalité « pour remplacer les cotisations et orienter l'épargne » ; l'entreprise abonde les fonds de pension. Ce système fait intervenir trois acteurs : l'individu pour l'épargne, l'entreprise pour l'abondement (elle voit en même temps ses charges diminuer) et l'Etat par la fiscalité. Les aînés bénéficient d'une fiscalité favorable en contrepartie d'une baisse des pensions et d'un allongement de la période d'activité. La hausse des cotisations est alors limitée par une fiscalisation de type CSG et l'âge légal de la retraite retardé de 60 à 63 ans. Ce scénario d'un dosage de capitalisation et de répartition s'avère le meilleur sur ce plan des flux d'épargne disponibles pour l'économie nationale, indique l'étude Bipe-Quantix.

Conserver la répartition impose des cotisations élevées

La première version « extrême », appelée « répartition rénovée », envisage la sauvegarde de la répartition en garantissant le pouvoir d'achat des pensions et en maintenant le principe de la solidarité entre générations.

Cette position conduit à augmenter les cotisations et à allonger la période d'activité professionnelle afin de bénéficier d'une pension à taux plein. Dans ce cas, ce sont les plus jeunes qui doivent provisionner les fonds de pension pour que leur retraite ne se limite pas au « minimum vieillesse ». Les cadres vieillissants sont attirés par le système pour son effet d'aubaine. Mais globalement, l'épargne est limitée et l'effet de levier sur l'économie manque de puissance.

Option « libérale » : forte capitalisation mais déséquilibres structurels

Une autre option, nommée « néo-libérale », prend le contre-pied de la dernière et marginalise le système de répartition pour s'appuyer sur les fonds de pension. A long terme, la capitalisation devient le régime de base et la répartition un simple complément. Les pensions de répartition s'amenuisent petit à petit vers le minimum vieillesse et l'âge légal de la retraite est supprimé. Ce système « libéral » basé sur les fonds de pension fait dépendre totalement les retraites des marchés financiers. C'est également la fin du pacte entre générations : les actifs capitalisent désormais pour eux-mêmes. L'Etat n'assure qu'une rente minimale de survie et les produits financiers prolifèrent. Mais, paradoxalement, ce schéma n'est pas le plus performant en terme d'épargne.

TABLEAU : Taux d'effort théorique d'Epargne/retraite

D'IMPORTANTS EFFORTS D'EPARGNE EN PERSPECTIVE. Dans le système de la « capitalisation organisée », le taux d'épargne nécessaire pour obtenir une pension de retraite d'environ 70 % du dernier salaire net est moins important et, paradoxalement, le total des flux d'épargne injectés dans l'économie nationale est supérieur à celui du scénario « néo-libéral ».

Mise en place plus rapide dans les grandes entreprises

Retraites Les atouts d'un mélange de capitalisation et de répartition

Selon la simulation et les calculs effectués par le Bipe et Quantix, les petites entreprises de moins de 50 salariés adhéreront beaucoup plus lentement que les entreprises de plus de 500 salariés aux fonds d'épargne-retraite. Ainsi, seulement 40 % d'entre elles seront engagées dans ce dispositif en 2015, quand 90 % des entreprises de plus de 500 salariés auront sauté le pas (60 % des moyennes entreprises). A cette date, 56 % des cadres seront des cotisants actifs et seulement 32,5 % des employés et ouvriers.

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