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Retraites : la pénibilité dans le BTP, grande oubliée du débat
La CGT Construction dénonce l'oubli, dans le débat sur les retraites, des conditions de travail pénibles sur les chantiers du BTP. - © © Phovoir

Retraites : la pénibilité dans le BTP, grande oubliée du débat

Caroline Gitton |  le 18/12/2019  |  Emploi BTPRetraitePénibilitéVie du BTPFrance

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Alors que le Premier ministre, Edouard Philippe, a assorti ses annonces sur la réforme de la retraite de la promesse d’une meilleure prise en compte de la pénibilité, la CGT Construction pointe l’oubli, dans le débat, de la situation des salariés du BTP.


« Nous allons améliorer la prise en compte de la pénibilité », promettait le 11 décembre dernier le Premier ministre, Edouard Philippe, en dévoilant les grandes lignes de la réforme des retraites. De son côté, Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, avançait quelques jours plus tard que la pénibilité permettrait « d’acquérir des points supplémentaire » afin de pouvoir, « éventuellement […] partir plus tôt ».


Or, les facteurs de risques professionnels dans la construction sont précisément sortis, en 2017, d’un autre système à points, le compte professionnel de prévention de la pénibilité.

Une des ordonnances « Macron » réformant le Code du travail de septembre 2017 a en effet exclu du dispositif les quatre facteurs de pénibilité qui rythment la vie sur les chantiers du BTP : les manutentions manuelles de charges, les postures pénibles, les vibrations mécaniques et le risque chimique.

Si les fédérations d’employeurs du secteur avaient applaudi la disparition d’une « usine à gaz » enterrée avant d’avoir vu le jour, les syndicats de salariés, eux, s’en étaient émus. A l’image de la CFDT, à l’origine du dispositif, et de la CGT Construction.

"50 % des ouvriers du BTP sont sortis de l'emploi à 60 ans"


« Aujourd’hui, les annonces gouvernementales sur la réforme des retraites passent sous silence la pénibilité dans le BTP !, s’agace Laurent Tabbagh, secrétaire national à la centrale cégétiste, qui pointe ainsi un « déni du gouvernement et du patronat. Nous sommes les grands oubliés du débat national. Le passage de 60 à 62 ans avait déjà été difficile, nous reprenons deux ans ferme : c’est inenvisageable, alors que, dans nos professions, 50% des salariés de chantier ne sont plus au travail à 60 ans, bien souvent au chômage après un licenciement pour inaptitude, en maladie ou encore en invalidité ».

Les annonces gouvernementales font ainsi, aux yeux du responsable syndical, bien peu de cas de « centaines de milliers de salariés de nos professions, laissés au bord de la route. Sans compter les 200 morts par an sur les chantiers de construction, et les accidents du travail qui surviennent toutes les cinq minutes ! ». A la clé, « sept ans d’espérance de vie en moins », lâche Laurent Tabbagh.

La CGT Construction, qui plaide pour le maintien des régimes spéciaux, demande donc l’ouverture d’une négociation nationale interprofessionnelle sur la pénibilité et la dangerosité dans les professions du secteur. Sa revendication : « aboutir à un 43ème régime spécial pour les ouvriers du BTP. Nous demandions déjà la retraite anticipée à 55 ans pour les métiers pénibles. Nous ne sommes déjà pas en mesure, à ce jour, de travailler jusqu’à 60 ans sur les chantiers : nous ne pourrons davantage y parvenir jusqu’à 64 ans ! », conclut Laurent Tabbagh.

Dans le même ordre d’idées, la CFDT Construction demande, par la voix de son secrétaire national, Rui Portal, l’attribution de points de pénibilité pour les travailleurs exposés aux quatre facteurs de risques propres au BTP, ainsi que la suppression de l’âge d’équilibre à 64 ans. « Comment accepter de pénaliser celles et ceux […] qui subissent une usure prématurée réduisant leur espérance de vie à la retraite ? ».

Commentaires

Retraites : la pénibilité dans le BTP, grande oubliée du débat

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PhilGEO

19/12/2019 09h:56

Il serait temps que les salariés des régimes spéciaux sortent de leur zone de confort. Beaucoup de professions autour d'eux, dont le BTP, sont aussi concernés par la pénibilité dans leur travail...

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Papou

19/12/2019 19h:15

Respect pour nous les maçon ..... quand je vois plus d intempéries et obligés de travailler sous la pluie quand quand y gel même quand il y a du vent très fort ..et surtout pas de cabane obligés de manger dans ton fourgon ..... et j ai que 49 ans

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Carreleurabout

19/12/2019 19h:43

Bien évidemment déjà d être peu estimé par son patron, par les clients parfois, par les gouvernements en général, par les syndicats et même le milieu prudhommal, il ne faut pas s attendre à grand chose. On souffre, nous du Btp, on se donne, on prends souvent plus de responsabilités que nos patrons... On est là, les matins d hiver à creuser des tranchées, à changer des réseaux dans la boue, à mettre les mains dans la mer.. pour déboucher vos chiottes, à se taper des déplacements, à craindre pour nos vies quand on roule dans des camions (épaves parfois, parfois trop chargés, etc...), nous sommes là pour faire vos travaux, vous raccorder, vous permettre de profiter de vos intérieurs. Et on prends des risques physiques, on soulèvent des charges lourdes, tous les jours, dans la rapidité car on veut pas se prendre une prune, on se fais insulter parfois car nous on a un boulot, un boulot qui rapporte tout juste un peu au dessus du smic, des heures supplémentaires souvent non payées, des patrons escrocs, des licenciements à tour de bras ou des cdd à la chaîne. Tout ça oui c est le BTP ! Ça use et c est usant de voir qu on nous oublie encore et encore. Demain si on se met tous en grève, je donne pas cher de l économie française, sache le MR le président de la République. Entendez vous ou avez vous vu manifesté les ouvriers dans les rues ? Non rarement. Ah si dans les années 50 peut être avec les mineurs qui voulaient se faire entendre. Estimez nous et rendez nous notre fierté avant de le regretter car parmis les ouvriers bon nombre vont grossir les rangs des futures manifestations. À bon entendeur

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Stuff

20/12/2019 03h:11

Et oui il faut que le btp se bouge aussi car donner un toit a des familles c est aussi du service public et on est trop souvent oublié. Prenons nous aussi 1% sur les permis de construire pour ameliorer nos CE qui sont inexistants et creer Des caisses de soutient a tous les orphelins de travailleurs du batiments morts sur les chantiers Certains circulent gratuitement a vie D autres ne payent pas l electricité et nous dans le btp ...rien Certains ont su se battrent pas nous dommage . Et pourtant si tous les ouvriers artisans du btp arretent de travailler Quel pouvoir on aurait ....

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Laurent46

21/12/2019 09h:56

La pénibilité n'est pas dans le BTP mais dans la seule fonction publique, là ou la durée du travail est déjà la plus courte et pire encore s'ils ont toute la journée les fesses sur une chaise ou dans une voiture pour vérifier votre vitesse là c'est particulièrement pénible

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Yohan lamy

25/12/2019 11h:49

Bonjour, j'ai créé cette pétition dans le but de se faire entendre sur la question de pénibilité. Je vous met le lien : https://www.mesopinions.com/petition/social/reconnaissance-penibilite-metiers-batiment-metiers-exterieur/77664

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Seb19

26/12/2019 20h:20

Je suis tout à fait en accord avec le fait que le but ne doit pas être oublié dans le débat des retraite et aimerai qu'il soit proposé à tous les acteur de ce plan de l'économie de se faire connaître et se mettre en grève pour ne pas être spolié, oublié par la nation.cest quand meme grâce à nous que tous on un toit sur la tête pour dormir au chaud.

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Fakir

28/12/2019 21h:12

Je suis tout à fait d'accord pour cet article moi qui travaille sur les chantiers depuis l'âge de 16 ans et demi j'ai commencé en apprentissage la réforme de la retraite va me pénaliser moi et les autres ce que le gouvernement c'est pas je pense c'est que le bâtiment c'est un métier très difficile et dur nous travaillons dans tous les tempsavec toutes les difficultés qu'il y a sur les chantiers quand on travaille sur des chantiers dans des immeubles au dernier étage sans fenêtre en plein hiver je peux vous dire que c'est très imaginez-vous un maçon à 64 ans il peut pas un maçon arrivé à la retraite et exploser les mains les articulations les poumons la totale

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Cédric80560

01/01/2020 12h:58

Je suis couvreur et mon entreprise effectue aussi des missions de désamiantage, j'ai 42 ans et en effet je pense que si je dois travailler jusqu'à 64 ans, j'aurai sans doute été licencié avant pour inaptitude ou j'aurai été victime d'un accident du travail...le travail en hauteur, en peine chaleur l'été, le port de charges lourdes, les positions de travail difficiles et le port du masque pendant des heures lors du désamiantage...sont notre lot quotidien...et je crois qu'aucun aménagement n'est envisagé pour nous...en effet il semble que nous soyons oubliés...

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Jean-Jacques

02/01/2020 17h:20

Je prend la parole en temps qu'ancien chef d'entreprise (600 salariés / GO et groupements d'entreprises). Mon père est décédé à 60 ans le mois de son anniversaire, au travail... Il avait commencé à 13 ans sur les chantiers et la légion d'honneur reçue du ministre ornait son cercueil à Notre-Dame de Paris devant plus de 1 000 salariés ou amis. J'ai honte, pour nos professions les plus exposées du BTP, de voir leur coupable manque de réaction face l'injuste réforme en cours. Cette passivité est indigne, amorale et scandaleuse. Si cela peut s'expliquer par suite des intérêts en jeu , de la relative méconnaissance des règles de l'économie sociale ou plutôt par la faiblesse des organisations représentatives des salariés travaillant sur les chantiers, comment se fait-il que si peu d'initiatives surgissent sur cette question où chacun se trouve concerné ? Il est grand temps de se réveiller !...

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Thierry

09/01/2020 15h:43

Je trouve honteux que rien n'est envisagé concernant la pénibilité pour les gens travaillant dans le BTP. C'est de la pure hypocrisie de faire travailler un maçon, un couvreur jusqu'à 64 ans. Cette réforme dans on entend parler de pénibilité sauf pour les métiers du BTP me parait pas du tout égalitaire entre les hommes et les professions. Comment encourager les jeunes dans ses métiers alors que le manque de main d'œuvre se fait ressentir depuis des années. Le gouvernement veut promouvoir la voie de l'apprentissage mais par cette réforme des retraites bénéfique seulement à une catégorie de Français l'effet contraire va se produire: de moins en moins de travailleurs manuels.

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Pierre

01/02/2020 12h:55

Le btp et un travail dur j ai commence a 16 ans maintenent j ai 59 ans arthro aux genou

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