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Retour d’expérience : où se trouve le surcoût du BBC ?
Bonne Energie à Grenoble, livré à l'hiver 2009-2010 - © © PRD

Retour d’expérience : où se trouve le surcoût du BBC ?

eric Leysens |  le 24/05/2011  |  TechniqueFrance entièresurcout

A partir des bordereaux de prix de 11 bâtiments basse consommation situés en région Rhône-Alpes, le bureau d'étude Enertech a,  pour l'Ademe, estimé les surinvestissements et identifié les choix techniques offrant le meilleur rapport  entre les kWh économisés et le coût exigé.

La méthodologie de Thierry Rieser,  ingénieur chez Enertech est simple mais laborieuse : remplacer, sur les bordereaux de prix  (pose et fourniture comprises),  les différents matériaux ou équipements  ayant permis d'atteindre le niveau BBC par des références qui auraient simplement permis d'atteindre la RT 2005. Bilan : pour les logements, il constate un surinvestissement compris entre 5,4 et 7,4 % sur un coût total  y compris  VRD (soit 77 à 124 euros HT par m² shon) et, pour les bureaux, 6,3% avec climatisation active (113 euros/m²) et 2,3% avec climatisation passive (55euros/m²).

Surinvestissement sous la barre des 15%

Le surinvestissement nécessaire à la livraison d'un bâtiment basse consommation se situe donc largement en dessous des 15 %, niveau habituellement cité et ce, pour  des bâtiments livrés entre  février 2009 et  septembre 2010. Mais l'enseignement de l'étude ne se limite pas uniquement à ce constat, le Centralien a également comparé les différentes solutions techniques.

Pour l'isolation, Thierry Rieser constate que « la pose et le parement représentent généralement 80% du prix » ;  doubler une faible épaisseur d'isolant ne fait donc pas doubler le prix de l'isolation, mais seulement l'augmenter de 20%. Il en déduit ainsi que le coût de l'isolation par l'extérieur, de loin la plus performante, dépend surtout du parement (enduit ou bardage) et peu de la résistance thermique.

Concernant les matériaux, « on aime bien le monomur » dit l'ingénieur études thermiques,  forcé de constater que la performance obtenue, en comparaison du prix, est plutôt décevante. Pour l'ingénieur, le rapport moyen entre les kWh économisés et le  surinvestissement s'explique par le fait que le monomur  constitue  encore  une nouveauté en France et, peut-être également, par la difficulté de mise en œuvre qu'il peut poser sur un chantier. « Une brique de 50 cm se porte à bout de bras, et donc sollicite plus le dos du maçon » observe-t-il.

Triple vitrage: de 440 à 850 euros du m²

Pour les menuiseries, « excellente surprise »: avec un  triple vitrage très performant (Uw=0,7 W/m².K), fourni-posé, on arrive à descendre à 440 euros par m². « On aimerait en voir sur tous les chantiers », précise Thierry Rieser, habitué des chantiers BBC. Mais le triple vitrage n'offre pas que des bonnes surprises. Sur un chantier, il a pu monter jusqu'à 850 euros du m². Pour Thierry Rieser, c'est un « prix irrationnel » qui ne s'explique que par une marge largement trop importante, au profit du  menuisier-poseur.

Des « prix irrationnels », Thierry Rieser en a aussi constatés  chez les installateurs de ventilation. Il prend l'exemple de deux bâtiments de logements à Epagny , en Haute Savoie, construits côte à côte, et dont le  surinvestissement  de la VMC double flux avec échangeurs individuels, le même modèle dans les deux cas, est de  33 % plus élevé pour l'un d'entre eux. « On ne peut même pas expliquer cet écart considérable par un effet d'échelle, car c'est dans le bâtiment le plus petit que la ventilation a couté nettement moins cher. Ni par la qualité du travail, car les  deux installations fonctionnent correctement» explique-t-il.

Attention au surdimensionnement !

Concernant le chauffage et la climatisation, c'est souvent un surdimensionnement des équipements qui, en plus d'offrir un fonctionnement moins performant, engendre un surcoût évitable. Autre étonnement, plutôt positif, qui démontre que la recherche de performance énergétique peut aussi coûter moins chère à l'investissement :  l'installation d'une « PAC  géothermique avec géocooling »  sur un bâtiment a été moins onéreuse qu'une climatisation réversible classique. « L'utilisation de la géothermie a nécessité de forer, mais l'économie réalisée en évitant  l'installation de systèmes  courants de climatisation, et les réseaux qui les accompagnent, a été plus importante».

L'étude contredit l'idée que les économies de consommation sont proportionnelles à l'investissement. Par exemple, « en installant des limiteurs de débit sur tous les robinets (à 7 euros l'unité),  on peut réduire la consommation d'eau chaude sanitaire de 25 à 40% », indique Thierry Rieser. Il remet également en cause l'idée répandue selon laquelle le balcon autoporté est la meilleure solution. Pour lui,  l'installation de rupteurs de ponts thermiques permet d'être deux fois moins cher que l'autoporté, pour une légère différence de performance énergétique entre les deux solutions.

Thierry Rieser, ingénieur chez Enertech
Thierry Rieser,  ingénieur chez Enertech
Simple ou double flux ?

Chez Enertech, la confrontation entre le simple flux hygro réglable et la double flux semble devoir d'abord se poser sur le terrain de la santé. Le simple flux hygroréglable peut réduire, en l'absence d'occupants, ses débits jusqu'à - 30 à 50 % de ceux imposés par la réglementation sur la ventilation de 1982. Ainsi, pour Thierry Rieser, "quand l'occupant du logement rentre chez lui après le travail, il a droit à un « bol » de formaldéhyde, cancérogène". La double flux est donc, pour lui, le seul moyen de réduire les déperditions par la ventilation sans dégrader la qualité de l'air intérieur.

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