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Retour d'expérience : énergie positive, air pur et cerises du bureau
Le siège de Gamba Acousitque - © © Gamba

Retour d'expérience : énergie positive, air pur et cerises du bureau

eric Leysens |  le 27/10/2011  |  Technique

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Après une année d'exploitation, le siège de l'entreprise "Gamba Acoustique" à Labège (31) produit plus d'énergie qu'il n'en consomme. Pourtant, privilégiant le confort à l'efficacité énergétique, le bâtiment fonctionne avec un débit d'air et une température dépassant de loin ceux recommandés.

Sur la première année d'exploitation, les mesures de consommation effectuées par l'entreprise Gamba Acoustique, qui occupe le bâtiment, donnent 37.7kWh/m²Shon d'énergie finale (96.9 kWh/m² d'énergie primaire) pour tous les postes, informatique comprise. La production annuelle d'électricité des 355 m² de panneaux photovoltaïques installés sur le bâtiment, frôlant les 70kWh/m², permet donc de compenser largement les besoins du bâtiment en énergie finale.

Évidemment,  sa forme simple et sa petite taille,  rectangle de 500 m² sur deux étages, fera dire aux mauvaises langues que ce n'est pas difficile dans cette configuration d'être à énergie positive. Mais pour Guy Capdeville, gérant de Gamba Acoustique et qui a son bureau dans le bâtiment, l'important n'est de toute façon pas là. "Ce qui compte c'est que le bâtiment offre la liberté d'être comme on est". Si cette formule sonne un peu comme une publicité pour un restaurant famillial, ce n'est pas tout à fait un hazard. Guy Capdeville souhaite souligner qu'il faut savoir, pour offrir un véritable confort aux occupants,  s'affranchir du strict respect de la température de consigne ou des lux recommandés. Il s'étonne d' ailleurs,  lorsqu'un bâtiment n'a pas réussi à être à énergie positive durant son exploitation, alors que c'était annoncé dans les calculs théoriques, de voir la faute portée sur les occupants.

Débit d'air deux fois supérieur à la réglementation

Guy Capdeville défie quiconque de rester assis devant son ordinateur dans un bureau chauffé à 19°C. "On peut supporter cette température lorsqu'on bouge ou éventuellement chez soi avec une couverture mais au bureau, statique, c’est très inconfortable".  Au siège de Gamba Acoustique, le chauffage est, en hiver, réglé, non pas sur les 19° réglementaires, mais sur 22°C. Et le débit d'air soufflé par la VMC est deux fois celui qu'impose la réglementation. Ici, la sacro-sainte efficacité énergétique passe après le bien être.

« Clafouti aux cerises du bureau »

Enfin la recherche du contentement des employés se passe également côté jardin. Autour des bureaux, cerisiers, pommiers, ou encore châtaigniers sont en train de pousser. Les employés de Gamba Acoustique motivés, peuvent déjà, lors de leur pause cigarette, aller jeter un coup d'œil sur les légumes du potager plantés sur un remblai du chantier. Pour le « clafouti aux cerises du bureau », il faudra encore attendre quelques années.

LES POINTS POSITIFS ET NEGATIFS

Energie grise :
- Pas d' estimation en phase conception. Des calculs vont néanmoins être effectués.

Etanchéité à l'air :
+ Côté perméabilité à l'air, trois mesures ont été réalisées : en fin de chantier et en exploitation. Après chaque mesure, des fuites ont été identifiées et corrigées. Lors du dernier test,sous une dépression de 50 Pascals (débit de fuite "n50"), le bâtiment a un taux de renouvellement de l'air de 1,77 vol/h. A titre de comparaison l'objectif du label Passivhaus pour des logements collectifs est de 0,6 vol/h. Autrement dit, l'ensemble des fuites représente un trou de 950 cm² ou une bande de 1m sur 10 cm.

Eau de pluie :
- Il n' y a pas de système de récupération des eaux pluviales  mais, indique le gérant de Gamba Acoustique, "elles sont canalisées dans un coin du bâtiment pour éventuellement en installer un par la suite".

Perméabilité du site :
+ La surface  entourant le bâtiment est quasiment uniquement constituée de gazon.

Transport doux :
+ Des abris pour vélos et des douches pour les cyclistes sont réalisés.
+ Une station de métro est prévue à 500 m

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES

Label :
Le bâtiment n'est pas labellisé.

Isolation répartie :
Murs : Béton cellulaire 300 mm
Toiture terrase : Béton cellulaire 200 mm + Laine roche 100 mm + étanchéilté bitume
Shed côté sud : Plafond absorbant suspendu + Laine verre 240 mm + panneaux photovoltaïques
Shed côté nord : Dampatherm (polycarbonate)
Menuiserie : en aluminium, double vitrages 4/16/4 avec argon

Sources d'énergie :
Plancher chauffant sur PAC (COP mesuré +/- 5) et batterie chaude sur la CTA
Production sur géothermie via la PAC, ballon de stockage à 48°C avec flash hebdomadaire à 60°C
8 sondes géothermiques allant chercher de l'eau à 100 mètres de profondeur pour la production de chaleur et le rafraîchissement
Récupérateur de chaleur sur VMC double flux
355 m2 de panneaux photovoltaïques pour que la production dépasse la consommation

MULTI-RAFRAICHISSEMENTS

Le principe est simple : les nuits d'été les fenêtres s'ouvrent, l'air pénètre dans le bâtiment et charge les murs en béton d'une  fraîcheur qu'ils rendent le jour. En pratique, les choses se compliquent. Au-delà des barreaux anti effraction et des moustiquaires qu'il faut prévoir, l'automatisation du système d'ouverture des menuiseries est loin d'être évident. «  Lorsque le vent souffle à plus de 50 km/h, les ouvrants se referment automatiquement. Le problème c'est que la vitesse peut osciller autour de 50 et la menuiserie s'ouvre et se referme alors sans cesse. Je suis en train de peaufiner les réglages de manière à ce que la réouverture n'ait lieu que deux heures après l'enregistrement d'une vitesse trop élevée » explique Guy Capdeville.

Pour rafraîchir le bâtiment, d'autres dispositifs peuvent accompagner la ventilation naturelle nocturne.L'eau circulant dans le système de géothermie permet de rafraîchir  celle circulant dans le plancher et ainsi de la maintenir à une température d'environ 19° C durant la période chaude. Et après de « longues et âpres discussions » avec Aldes, Guy Capdeville dit avoir réussi à faire accepter le fabricant de CTA de faire circuler l'eau du sous-sol dans la batterie chaude, en été, de manière à rafraîchir l'air envoyé dans le bâtiment durant les journées chaudes. « Le fabricant craignait un risque de condensation, cet été aucune goutte d'eau ne s'est formée ».

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