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Retour d'expérience : comment une école rurale résiste au climat savoyard

Hubert d'Erceville |  le 15/04/2014  |  Haute-SavoieArchitectureEducationMatériel de chantierTechnique

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Les architectes ne construisent plus comme il y a dix ans. Cette petite école à Dingy-Saint-Clair en est l’illustration. D’une part, sa conception très soignée respecte l’échelle des enfants, utilise la lumière naturelle et privilégie la visibilité. D’autre part, les matériaux et équipements témoignent d’une époque révolue.

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lemoniteur.fr a le plaisir de vous offrir en lecture un extrait d'un article réservé aux abonnés des Cahiers techniques du Bâtiment. Il est tiré du numéro 332 d'avril 2014. Profitez de tous les articles réservés, en cliquant ici .

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1 - Le programme : des fonctions clairement identifiables

Réinterpréter de façon contemporaine une architecture traditionnelle savoyarde. C’est le parti pris esthétique de cette école élémentaire de cinq?classes, construite en?2003 sous le climat savoyard de Dingy-Saint-Clair (1350?habitants). L’implantation – près des bâtiments publics, la mairie, l’église – l’organisation et le traitement esthétique sont inspirés des pratiques locales, avec la volonté d’ouvrir les espaces intérieurs sur le paysage environnant.

Les matériaux, maçonnerie et bois, sont des classiques de l’architecture traditionnelle du village. Enfin, la conception des volumes doit intégrer cet équipement municipal important au cœur d’une structure urbaine, dont le caractère est bien préservé.

Le projet a été confié à l’équipe d’Anne Raimond, spécialiste des établissements scolaires dans la région. Elle a particulièrement soigné la forme et les espaces intérieurs pour que les enfants s’approprient les lieux?: « Cela veut dire respecter leur échelle spatiale, le besoin de lumière naturelle, privilégier la visibilité, en jouant sur les espaces, les matériaux et l’éclairage ».

Son principe est simple?: deux ailes sur deux niveaux - aux dimensions proches des anciennes fermes - regroupent des fonctions clairement indentifiables?: côté est, cinq?salles de cours et les ateliers?; côté ouest, les locaux communs et administratifs. À l’intersection, le hall est la pièce maîtresse de l’ensemble avec un grand escalier intérieur qui distribue les deux ailes. Largement vitré, il symbolise l’ouverture de l’école au monde qui l’entoure. Depuis l’intérieur, il offre des vues généreuses sur les falaises du Parmelan d’un côté et sur la vallée du Fier de l’autre.

2 - L'état des lieux : Une conception obéissant aux contraintes de l'époque

Reposant sur des semelles classiques, la structure générale du bâtiment est réalisée en poteaux de béton banché, avec des dalles et des refends béton. Toutes les façades extérieures sont réalisées en ossature bois. Côté ouest, le pignon et la sous-face de l’aile ouest sont bardés de sapin du nord, traité au CCA (Chrome, cuivre, arsenic), interdit depuis fin 2004. « Cet usage ne répond absolument plus aux critères actuels en terme environnemental », reconnaît Anne Raimond. L’ossature bois est isolée classiquement avec de la laine de roche dans les panneaux. Au niveau des pignons, l’isolation intérieure comporte quelques ponts thermiques. Cet ouvrage témoigne d’une conception du début des années 2000. Aujourd’hui, toute l’isolation serait réalisée par l’extérieur.

Le hall en ossature bois est entièrement vitré. Sa toiture-terrasse est recouverte de shingle à faible pente, solution peu courante dans un pays montagneux soumis à la neige et aux amples variations climatiques. L’étanchéité a dû être renforcée à la suite de quelques fuites d’eau.

Les toitures des deux autres ailes sont à double pente en tuiles grises, plus traditionnelles. Le bâtiment ouest, en avancée sur la cour de récréation et le préau d’accueil, est réservé aux usages communs et administratifs?: salle des enseignants, bureaux, sanitaires, salle informatique, Bibliothèque centre de documentation (BCD), atelier et, dans l’angle en bas, une chaufferie classique au fioul accessible depuis l’extérieur.Le bâtiment est abrite tous les espaces d’enseignement. Partout, l’éclairage naturel est très étudié. D’un côté, chaque classe est dotée de deux portes vitrées sur toute la hauteur. En façade, des fenêtres orientées plein est assurent une lumière naturelle maximale. La paroi comporte des allèges de?90 cm sous faux plafond de?2,70 m, ce qui assure une surface vitrée continue de?1,80 m dans les classes.

L’éclairage électrique est classique dans un équipement scolaire?: deux rangées de plafonniers pour les classes et les circulations, disposant de deux circuits d’allumage différents. Partout, la ventilation est assurée par une VMC simple flux.

3 - Le bilan : Des espaces très bien organisés et agréables à vivre

Une chose est sûre, il y a dix?ans, les architectes se préoccupaient encore peu d’énergie et d’isolation. Les notions d’étanchéité à l’air existaient peu et les matériaux n’étaient pas choisis selon des critères de développement durable. Aujourd’hui, c’est sur ces thèmes que l’attention des concepteurs se concentrerait. C’est en tout cas ce que constate Anne Raimond.

Sur l’organisation des espaces et les finitions, elle ne changerait pas grand-chose. L’orientation des classes à l’est, par exemple, limite les risques de surchauffe liés à l’ensoleillement direct, notamment, lors des périodes les plus chaudes de l’année. De même, l’implantation de la cour de récréation et du préau d’accueil, souvent bruyants, est au sud?; à l’écart de l’aile est, où les classes des enfants demeurent au calme.

« À l’usage, explique Anne Raimond, les volumes sont bons. Aujourd’hui, ma réflexion porterait donc davantage sur la création d’une ventilation naturelle, non plus une VMC, et des matériaux de construction plus étudiés en matière de développement durable. » Concernant la chaufferie, les habitudes et la réglementation ont changé?: la mairie qui avait opté pour le fioul à l’époque, reverrait la copie en étudiant finement les atouts de la géothermie, du puits canadien, ou de la chaudière bois.

À l’époque de la conception, en 2002-2003, les normes d’accessibilité en vigueur étaient moins contraignantes et précises. Pour ce R+1, il n’y avait pas nécessité d’installer un ascenseur. Pourtant, plusieurs scénarios avaient été prévus, comme des sanitaires accessibles aux personnes à mobilité réduite, ou l’existence d’une réserve de trémie d’ascenseur dans le gros œuvre, au bout du couloir de l’aile est. Aujourd’hui, pour la mise en conformité, Anne Raimond ignore quelles sont les options prévues par la mairie.

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