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Restauré, le palais d'Antin retrouve la lumière
Un échafaudage parapluie de 42,5 m de large (1 870 m² de surface) a été installé au dessus de la coupole du palais d'Antin - © © ANTOINE MERCUSOT

Restauré, le palais d'Antin retrouve la lumière

Christian Capitaine |  le 30/03/2018  |  TechniqueBâtimentCreuse

Les couvertures et la rotonde du bâtiment qui abrite le Palais de la Découverte viennent de faire peau neuve.

Le 15 avril 1900, l'Exposition universelle de Paris ouvre ses portes. En point d'orgue, un monument « consacré à la gloire de l'art français » est inauguré : le Grand Palais. Outre sa nef, sa galerie sud, sa galerie nord et ses salons d'honneur, un bâtiment est édifié sur sa partie ouest : le palais d'Antin, coiffé d'une coupole centrale elliptique. Août 2016. La restauration du palais d'Antin est actée. Un platelage est déployé à 14 m de haut (au niveau des chapiteaux des piliers) dans le hall de ce bâtiment devenu, en 1937, hôte du Palais de la Découverte. Objectif : installer sur ce plancher de charpente, soutenu par quatre piliers d'étaiements, un échafaudage haut de 13 m afin d'atteindre le plafond verrier de la structure. Deux mois plus tard, en extérieur, un échafaudage parapluie de 42,5 m de large (1 870 m² de surface) commence à envelopper, dans le cadre de sa mise hors d'eau, le dôme de la rotonde. Les travaux de restauration - jamais entrepris jusqu'alors - de cet élément architectural vieux de 116 ans peuvent commencer.

Un plafond de 632 verres

 « Ce chantier a revalorisé l'ouvrage, qui arbore une charpente métallique de forme elliptique, pour redonner toute sa splendeur au hall central du bâtiment », explique Delfim Caseiro, chargé de projets de l'architecte en chef des monuments historiques, François Chatillon, maître d'œuvre du projet. En intérieur, au niveau des combles, la première étape de restauration a concerné la charpente métallique en acier : « Ses parements ont été nettoyés à l'eau et à l'éponge, poursuit Delfim Caseiro, puis des fissurations, peu nombreuses et liées aux mouvements de la charpente, ont été reprises. » Elle a ensuite été repeinte en vert d'eau.

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Seconde étape : le plafond verrier, ouvrage d'un diamètre de 20 x 17 m. Son ossature, composée de profilés en acier d'origine (de 80 mm pour la structure porteuse et de 30 mm pour la structure support des verres), a pareillement été nettoyée et remise en peinture. Pour son vitrage, sur les 632 verres qui le composent, 72, détériorés avec le temps, ont été déposés puis remplacés par des verres simples armés de 8 mm.

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 Quant à ses cinq branchages et son soleil central, ils ont également été entièrement restaurés : dans une dorure de bronzine pour les premiers, et à la feuille d'or pour ce dernier, fidèles à l'origine pour l'ensemble. L'ultime étape en intérieur a consisté à nettoyer, puis à restaurer les piliers de la rotonde en pierre d'origine.

Ardoises de Galice cintrées

En extérieur, les travaux en toiture ont tout d'abord consisté à déposer les ardoises originelles du dôme qui, outre des défauts de mise en œuvre présentaient, pour certaines, quelques bris. Issues des ardoisières d'Angers qui ne sont aujourd'hui plus en activité, elles ont été remplacées par des ardoises de Galice pareillement cintrées, façonnées dans la même texture et dans une teinte identique. « Puis les ornements de la toiture en zinc estampé, ainsi que les feuillages, ont été déposés, reprend Delfim Caseiro. Ils ont ensuite été transférés dans un atelier installé dans la Creuse pour être restaurés. »

Quant aux vitrages de la verrière, ils ont fait place à un double vitrage à l'argon composé à l'extérieur d'un verre strié feuilleté. L'aspect de la verrière est ainsi conservé et ses performances sont améliorées. Le résultat final ? La livraison d'un ouvrage fidèle à sa beauté originelle, capable de diffuser, selon les souhaits de son premier maître d'œuvre, Albert Thomas, une lumière filtrée et douce afin de préserver les œuvres qui y étaient exposées.

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