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Restauration d'un coron avec l'aide de la Fondation du Patrimoine

JEAN-YVES MEREAU |  le 09/03/2001  |  ArchitectureFrance entièreEuropePatrimoineProfessionnels

Si l'intérêt d'une restauration fidèle de la cité minière de Wallers-Arenberg - où a été tourné «Germinal» - a fait l'unanimité, son montage financier a été ardu.

Au pied des trois chevalements du site minier de Wallers-Arenberg classé monument historique, les deux rues désertes d'une cité ouvrière sont dans le plus complet abandon. Ici, Claude Berri a tourné le film « Germinal ». Le décor a disparu, les maisons sont en ruine. Dans quelques semaines, au terme d'un long parcours, va débuter un chantier original, spectaculaire illustration de l'intervention de la Fondation du Patrimoine dont le mécénat a permis à l'Opac du Nord de boucler financièrement un dossier difficile.

La mairie de Wallers a cédé pour le franc symbolique cet ensemble de quarante maisons, maintenant inhabitées depuis quinze ans, pour que l'Opac entreprenne une réhabilitation complète dans le respect de cette architecture des corons du début du XXe siècle. Pour le détail, seront restitués les volets battants en bois. Pour raison de sécurité, des volets roulants seront intégrés en intérieur. Le rythme des façades sera préservé avec cette alternance caractéristique de maisons doubles séparées par un jardinet, où se dresse un appentis en briques avec pignon sur rue. Contrairement à d'autres réhabilitations voisines, cet ordonnancement ne sera pas altéré par la construction de garages en front. Le grand jeu des façades de brique où alternent maisons et appentis sera maintenu intact. Les voitures auront une place discrète derrière les appentis.

Des maisons uniques

L'architecte lillois Edmond Boyeldieu s'est passionné pour cette restauration : « On répare à l'identique, restaurant des volets avec barres et écharpes, reconstituant les soupiraux. Tout a été étudié dans le détail avec l'ABF (Architecte des bâtiments de France) jusqu'aux gonds. On va montrer un savoir-faire. C'est une oeuvre d'art que l'on réalise. Les gens habiteront des maisons uniques. C'est ma première réhabilitation. Faire attention au patrimoine est une bonne expérience. »

Le module de base est une assise construite moyenne de 65 m2. Ces maisons, dès l'origine mono-familiales, composées de deux pièces principales seront reconverties en T3. Quelques-unes formeront des T5 ou 6 par réunion de deux modules. Chaque logement sera agrémenté d'un jardin privatif de 400 à 1 000 m2.

Quatorze maisons seront proposées en location et dix-huit en accession sociale. Ces dernières, vendues de 400 000 à 420 000 francs TTC, sont prêtes à être habitées, avec un remboursement assimilé à un loyer. Pour l'Opac du Nord, ce dossier n'a pas été facile à monter. Non pas sur le plan architectural, car tout le monde est rapidement tombé d'accord sur l'intérêt d'une restauration exemplaire, mais sur le plan financier. Lancé en août 1994, le projet a longtemps achoppé sur le budget de 16 millions de francs, la commune prenant déjà à sa charge les 2,5 millions de francs de viabilisation, réseaux et assainissement. Malgré les subventions de la région, de l'Etat et de l'Europe, il manquait cependant 1,6 million.

Créer un gîte minier

Sollicitée, la Fondation du Patrimoine a répondu immédiatement. Pierre Vidal, délégué de la Fondation pour le département du Nord, a été séduit par le projet et a convaincu Shell de lui accorder son mécénat. Sophie Meullenet de l'Opac l'atteste : « La Fondation a été rapide et efficace. Sa subvention a posé moins de problèmes que celle du Feder. » Les fonds européens n'arriveront que pour le démarrage du chantier, or le dossier est bouclé depuis 1998.

Pour la mairie de Wallers-Arenberg cette opération est primordiale pour stimuler le tourisme industriel avec les visites du carreau de mine, ainsi que le tourisme vert que suscite la forêt de Saint-Amand Raismes. La mairie a prévu de conserver quatre maisons pour créer un « gîte minier » en l'absence d'hôtel. Les jeunes de l'atelier de menuiserie, installé lui aussi dans l'ancienne cité, seront associés au chantier et un terrain sera réservé aux classes du patrimoine.

Enfin, la Communauté de communes va installer ses services dans les anciens bâtiments d'exploitation de la fosse. Une reconversion complète vers le tourisme et le tertiaire d'un site industriel emblématique du Pays noir.

PHOTO + DESSINS :

Au pied du site minier classé (à droite), le groupe de 40 maisons en ruine (ci-dessus)

va faire l'objet d'une restauration exemplaire : contrairement à des réhabilitations voisines, le projet de l'architecte lillois Edmond Boyeldieu (à gauche) préserve notamment l'alternance des façades de brique des maisons et appentis.

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