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RÉSIDENCE POUR CHERCHEURS VILLEFRANCHE-SUR-MER

MARGOT GUISLAIN |  le 08/10/2018  |  Alpes-Maritimes

CAB -

Constituée, à l'arrière, d'un premier bâtiment encastré dans le versant de la côte niçoise et, à l'avant, d'un second, soulevé pour dégager des vues sur la mer et faire circuler la brise marine, cette résidence pour chercheurs développe une architecture puissante, presque infrastructurelle.

« La figure géométrique du projet superpose deux équerres : l'une, ancrée au sol, l'autre, qui se soulève. Elles font profiter les usagers du double paysage de Villefranche-sur-Mer, celui de la Méditerranée mais aussi celui des rocailles, de la terre et de la végétation qui s'accroche aux pentes abruptes de la côte niçoise », explique Bita Azimi, architecte, avec Marc Botineau et Jean-Patrice Calori, de cette résidence pour étudiants et chercheurs en océanologie. C'est l'un des sites de l'Institut de la mer, organisme de recherche dépendant de l'université Pierre-et-Marie-Curie et du CNRS. Encastrée dans la pente et retenant la terre par un important dispositif de butons, l'équerre basse abrite les espaces de vie collective répartis autour d'un patio, plan horizontal entre ciel et mer. Au-dessus, l'équerre haute contient 44 chambres sur deux niveaux.

Tournées l'une vers l'autre, les deux équerres forment un cloître ouvert ; leur différence de hauteur et les transparences qu'elles ménagent laissent filer le regard sur la mer comme sur le versant rocailleux.

Dialogues avec le paysage

Depuis le XIXe siècle, la rade de Villefranche-sur-Mer est jugée propice aux recherches en océanologie, en raison de la richesse de sa faune planctonique. Le centre d'hébergement vient ainsi compléter des édifices anciens à forte valeur patrimoniale - hôpital des galériens, corderie, caserne et arsenal -, dans lesquels s'est installé progressivement le pôle de recherche. En réinterprétant leurs caractéristiques communes, le nouveau bâtiment, bien qu'un peu à l'écart, s'inscrit dans une composition d'ensemble lisible à l'échelle du grand paysage : la minéralité et la massivité du béton brut font écho à la pierre des murs des constructions existantes ; la trame et la verticalité des ouvertures s'inscrit en continuité de leurs baies ; la faible hauteur et l'étirement du volume renvoient à leur volumétrie. Mais c'est aussi aux ouvrages d'art, qui parsèment le paysage méditerranéen en enjambant ses vallées escarpées, que le bâtiment se réfère. L'aile faisant front à la rade franchit 30 m sans point d'appui intermédiaire, soulevée du sol, reposant de chaque côté sur deux piles, dont l'une contient les circulations verticales. Ses deux façades longitudinales fonctionnent ainsi comme des poutres-échelles, avec les cloisons séparatives transversales des chambres. Sous le volume, dans le vide généré par ce franchissement, un bassin est aménagé, s'étirant sur toute la longueur. Selon le principe de l'effet Venturi, l'air pénètre par ce vide, se rafraîchit grâce à l'eau et, en continuité, ventile le patio jusqu'à pénétrer de l'autre côté de la cour dans les salles de vie collective, d'où il s'échappe par des ouvertures hautes.

En balcon sur le patio, des coursives extérieures distribuent les chambres sur deux niveaux, donnant alternativement à cet univers de thésards et de têtes chercheuses l'atmosphère détendue d'un familistère ou celle studieuse d'un monastère.

Les chambres, individuelles dans une aile et doubles dans l'autre, transpercent la massivité des murs en béton brut, telles des grottes creusées dans la falaise, précédées de seuils qui distinguent chacune d'entre elles. La chambre elle-même constitue un entre-deux, un passage entre le cloître et l'environnement maritime sans limite. L'intérieur est aménagé comme une cabine de bateau où s'enchaînent les fonctions le long de la cloison (douche, lavabo, lit en alcôve, placard séparatif et coin bureau), puis s'ouvre par la loggia sur la rade. Dans la tradition méditerranéenne, celle-ci constitue un espace habitable indispensable. Elle peut se transformer ici en une pièce [...]

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