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Réseau ferré : vers une maintenance
Voies ferrées denses - © ©RFF/SNCF

Réseau ferré : vers une maintenance "haute performance"

Olivier Baumann |  le 31/01/2014  |  FerroviaireInternational

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Près d'un milliard d’euros vont être investis dans le réseau ferré francilien en 2014, dont 600 millions pour la maintenance et le renouvellement des voies. Dans un environnement complexe pour la conduite des travaux, le futur gestionnaire des infrastructures veut mettre en place une maintenance à « haute performance » en rupture avec les méthodes traditionnelles.

La réforme ferroviaire n’est pas encore actée, mais le futur gestionnaire des infrastructures unifié (GIU), qui regroupera RFF, SCNF Infra et la Direction de la circulation ferroviaire de la SNCF (DCF) au 1er janvier 2015, est déjà à pied d’œuvre pour anticiper les nombreux et épineux chantiers qui l’attendent. C’est le message qu’a fait passer Jacques Rapoport, président de RFF, lors d’un séminaire destiné à la presse, les 28 et 29 janvier dernier. «Nous oublions les mécaniques de délégation qui prévalent, aujourd’hui  encore, pour travailler en équipe au sein d’un comité national de coordination» explique-t-il. Cette structure provisoire, pilotée par Jacques Rapoport entouré de ses directeurs adjoints et des directeurs de SNCF Infra et de la DCF (voir composition du comité dans l’encadré ci-dessous), s’inscrit dans les orientations du projet de loi  présenté en octobre 2013. Parmi les nombreux enjeux, «le premier et le plus important est celui de la modernisation de la partie la plus circulée du réseau existant», insiste Jacques Rapoport.

Sous-investissement sur les lignes principales

«L’électrochoc» causé par les conclusions du rapport de l’Ecole Polytechnique de Lausanne de 2005 sur l’état du réseau existant, lequel avait constaté le sous-investissement chronique dans la maintenance des voies ferrées hexagonales depuis 30 ans, avait entraîné une relance des investissements dès  2007. Mais ceux-ci avaient été orientés vers des lignes régionales peu fréquentées. Plusieurs raisons à cela selon Jacques Rapoport : la grande vétusté de ces lignes, la volonté et la force de persuasion des régions, le tout conjugué à la facilité de faire des travaux de rénovation sur des lignes peu fréquentées. «Si bien qu’en 2012, après cinq ans de travaux, nous avons constaté que nous avions investi beaucoup  sur les petites lignes, et peu sur les lignes principales».

Près de 600 millions engagés en 2014 pour la maintenance des voies franciliennes

L’heure est donc venue de faire bouger les curseurs. «La masse des travaux va rester stable mais nous la réorientons sur la partie la plus structurante et donc la plus visible du réseau». L’Ile-de-France, qui représente 10% du linéaire des lignes mais concentre 40% des circulations ferroviaires, va être la grande bénéficiaire de ce changement. «En 2015, les investissements dans la maintenance/renouvellement et dans le développement du réseau  auront été multipliés par 2,5 par rapport à 2012», se réjouit  Yves Ramette, directeur général RFF et SNCF Infra pour l’Ile-de-France.  Dans le détail, 549 millions d'euros ont été investis en 2012 (dont 370 millions dans la maintenance/renouvellement), 960 millions sont engagés pour 2014 (dont 596 pour la maintenance), et 1,326 milliard d'euros sont prévus pour 2015 (dont 618 millions pour la maintenance).

Une infrastructure hétérogène  et pressurisée

Si le financement est une chose, le contexte technique, particulièrement complexe en Ile-de-France, en est une autre. La typologie de l’infrastructure y est en effet particulièrement retorse. Vieillissante, et alors que le nombre de trains qui circule ne cesse de croître, elle est constituée de composants très hétérogènes, qui la mitent. «Sur un kilomètre de voies, du fait d’interventions dispersées qui se sont succédées sur des dizaines d’années, on peut trouver des types d’attaches et de traverses différents», illustre Christian Cochet, directeur général adjoint de RFF. Difficile dans ces conditions d’industrialiser les opérations de maintenance ! C’est pourtant l’un des objectifs que s’est fixé Yves Ramette qui, après avoir passé toute sa carrière à la RATP (qu’il a quittée en tant que directeur général adjoint, en charge des projets, de l'ingénierie, des investissements et de la mission Grand Paris) a rejoint RFF et SNCF en mars dernier, pour mettre à profit son expérience des réseaux ferrés «denses».

Maintenance « haute performance »

Yves Ramette veut mettre en place un système de maintenance «haute performance» en rupture avec les méthodes traditionnelles. Il mise notamment sur des moyens matériels innovants. L’appel d’offre pour la fourniture d’une «suite rapide» adaptée aux caractéristiques du réseau Francilien -une succession de courbes et contre-courbes serrées émaillées d’une multitude d’appareils de voie - va être lancé sous peu. Ce sera la quatrième suite rapide en activité sur le réseau hexagonal. Yves Ramette compte également investir dans des wagons «pupitres», des wagons de transport de voies de branchement préfabriquées, qui permettent de gagner un tiers du temps dans le remplacement des appareils de voie. Globalement, l’objectif est de multiplier par deux le nombre d’appareils de voie remplacés chaque année sur le réseau francilien.

Evidemment, ce programme ambitieux de rénovation aura un impact sur la circulation des trains, et des perturbations sont à prévoir pour les voyageurs ! Le STIF a d’ores et déjà accepté le principe de plages de travaux plus importantes et des interruptions de trafics spécifiques. Les lignes les plus impactées seront celles de la Gare St-Lazare et du  RER C, du côté de la gare souterraine d’Austerlitz.

La conduite des opérations en Ile-de-France sera menée au sein d’un GIU spécifique à la région, dirigé par Yves Ramette. Un «GIU dans le GIU» en quelque sorte, intégrant les équipes de RFF, de SNCF Infra et de la DCF en Ile-de-France, soit 13 000 personnes environ.

Plus généralement en France, mille kilomètres de voies vont être renouvelés chaque année, contre 500 en moyenne avant 2007, pour un investissement de 2,5 milliards d'euros par an jusqu'en 2020.

Les membres du comité national de coordination du GIU

Directeur: Jacques Rapoport (président de RFF)

Directeurs  délégués : Alain Quinet (DG délégué de RFF) et Pierre Izard (directeur général de SNCF Infrastructure)

Directeurs adjoints

- ingénierie projet : Bernard Schaer (DG adjoint de SNCF Infra)

- Maintenance/travaux : Christian Cochet (DG adjoint « opérations » de RFF)

- exploitation ferroviaire : Jean-Claude Larrieu (directeur de la circulation ferroviaire de la SNCF)

- Accès réseau : Matthieu Chabanel (directeur général adjoint « commercialisation et planification » de RFF)

- Ile-de-France : Yves Ramette (directeur général RFF et SNCF Infra pour l’Ile-de-France)

- finance/achat : non encore désigné

- Secrétaire général : Romain Dubois (SG de RFF).

-Communication : Christophe Piednoel, (directeur des relations extériuers, de la communication et de la concertation de RFF).

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