Chantiers

RER à La Défense : un mégachantier souterrain en zone hyper encombrée

Mots clés : Chaussée - Transport collectif urbain - Travaux publics

A 35 m sous le rez-de-chaussée du Cnit de La Défense, la future gare du RER E doit reprendre la charge de l’existant avant les travaux en taupe.

C’est l’un des premiers exploits techniques et organisationnels du Grand Paris : celui réalisé en génie civil pour la construction de la gare RER E-Eole à La Défense (Hauts-de-Seine). Pour comprendre les difficultés rencontrées, il faut décrire l’encombrement du sous-sol : la ligne 1 du métro au sud du parvis du quartier d’affaires, celle du RER A au centre… Il ne restait plus que la partie nord, au droit du Centre des nouvelles industries et technologies (Cnit), pour recevoir la station sur le futur prolongement de la ligne Eole entre la gare parisienne de Saint-Lazare et Mantes-la-Jolie (Yvelines).

 

Descendre plus profondément

 

Destinée à désengorger la ligne A du RER qui est empruntée quotidiennement par 1,2 million d’usagers, cette nouvelle voie devrait être utilisée par quelque 620 000 voyageurs. Cependant, impossible de réaliser cette gare au même niveau que ses voisines. Sous le Cnit, les derniers niveaux de parking arrivent à la cote des voies du RER A. Soit à 44 m NGF. Il faut donc descendre plus profondément, à 20 m NGF. La future gare sera ainsi située à 35 m sous la dalle de rez-de-chaussée du hall du Cnit.

Retenu par la SNCF pour prolonger la ligne de RER E vers l’ouest, le groupement E-DEF, composé de Vinci Construction et de Spie Batignolles, dispose de cinq ans pour réaliser cette gare. Le chantier consiste à construire un ouvrage cathédrale d’une longueur d’environ 110 m et d’une hauteur de 17 m sous le centre commercial, les hôtels et les parkings logés sous le tripode de béton.

La création de cette gare oblige le groupement à trouver tous les accès possibles pour accéder au sous-sol. En tout, 24 sites ont été retenus autour du quartier de La Défense, qu’il s’agisse d’établir les bases vie, les puits d’accès, les issues de secours, les unités de ventilation, les plates-formes logistiques… Ils sont répartis de Courbevoie – sur la berge de la Seine, face à l’île de la Jatte, au pied des tours du quartier de la place des Vosges – jusqu’à l’autre berge de la Seine, côté Nanterre, où est implantée la centrale à béton Jules-Quentin (unité dédiée à la quinzaine de formulations employées sur l’ensemble de l’ouvrage), en passant par une émergence sur le parvis de La Défense et la zone d’attente des camions sur le boulevard circulaire sud.

Après avoir pris possession des niveaux inférieurs du parking Regnault – entre 50 et 44 m NGF -, le groupement a dans un premier temps créé un accès vertical vers les futurs niveaux de la gare. Cette faille découpée dans les dalles existantes permet de déposer les engins de chantier et les outils de construction. Surtout, cette entrée en matière autorise la réalisation de la première phase de la reprise des charges verticales avant la création de la gare par la méthode classique du creusement « en taupe ».

Les 119 poteaux du dernier niveau de parking, tous fondés sur un massif dans le sol (2,6 m de côté et 1,20 m d’épaisseur), sont individuellement repris. Le but est de reporter la charge du bâtiment en superstructure sur la future dalle de 2 m d’épaisseur qui constituera le toit de la gare. Des ouvertures pratiquées dans la nouvelle dalle donneront accès à sa sous-face afin de terrasser les puits qui permettront de réaliser les 61 piliers de 20 m de hauteur -dont 3 m de semelle – et de 2,5 m de diamètre, et former ainsi le volume de la gare. Ce chantier titanesque de terrassement en taupe dans les couches de marnes et de caillasses démarrera au printemps prochain.

 

Pont roulant de 50 t

 

Pour assurer l’approvisionnement en béton et le déblai des terres, un pont roulant d’un poids de 50 tonnes sera prochainement aménagé dans la faille. Au total, le groupement estime le volume de déblais à excaver à 600 000 m³. La structure finale est conçue pour une reprise de charge maximale de 75 000 tonnes.

La création de la gare de La Défense et les interventions sur les 2,8 km de galeries connexes nécessiteront 3,5 millions d’heures de travail. Il emploiera 370 personnes, dont 160 encadrants. Ce chantier représente 206 000 m³ de béton et 10 600 tonnes d’acier. A la centaine de mètres de quai s’ajoutent près de 800 m de galeries diverses, 550 m de tranchée ouverte dans la direction de Nanterre-la-Folie et 1,5 km de tunnels de part et d’autre de la gare.

Le marché attribué au groupement E-DEF s’établit à 600 M€, auquel il faut rajouter les équipements techniques. Pour la SNCF, le budget de prolongation ouest de la ligne E s’élève à 3,7 Mds €, hors matériel roulant.

 

 

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : SNCF. Maîtrise d’œuvre : Setec, Egis et Agence Duthilleul. Travaux : groupement E-DEF : Vinci Construction et Spie Batignolles. Budget travaux de la gare : 6OO millions d’euros. Budget prolongation de ligne du RER E : 3,7 milliards d’euros TTC. Livraison prévue de la gare : 2O22. Mise en service annoncée de la ligne : 2O24.

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