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Reprise en sous-oeuvre sur deux niveaux de sous-sol

-Les murs filants sont repris par la méthode des tabourets. -De nouveaux poteaux ont été créés sur la hauteur du sous-sol.

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Le musée Guimet des arts asiatiques à Paris est entièrement rénové. Pour la partie gros oeuvre, cela se traduit par la création de deux niveaux de sous-sol pour accueillir un amphithéâtre, les réserves du musée et les locaux techniques, en particulier ceux de la climatisation qui n'existait pas. Il y a donc un travail de reprise en sous-oeuvre. Le bâtiment date de 1880, avec une construction en murs de maçonnerie et poutrelles métalliques avec entrevous en mortier de plâtre. Il a déjà fait l'objet de deux restructurations : l'une en 1937, avec création de planchers en béton et de murs porteurs en béton ou en briques pleines ; l'autre entre 1970 et 1973, avec des murs porteurs en béton et des planchers en béton de type nervuré, avec remplissage en ourdis de briques creuses. Pour les murs filants, la reprise en sous-oeuvre est faite avec la technique des tabourets. Ceux-ci sont installés dans le mur et scellés avec un mortier sans retrait à base de résine pour ne pas le déstabiliser. Les charges reprises sont de l'ordre de 70 à 80 t par tabouret. Après la mise en place du ferraillage, une poutre en béton haute résistance B40 est coulée pour reprendre les charges. Afin d'éviter les risques de flèche qui peuvent entraîner des fissures dans les murs, les poutres sont surdimensionnées, avec une hauteur de 80 à 120 cm selon les endroits, et des portées faibles, de l'ordre de 5 à 6 m. En même temps, de nouveaux poteaux sont réalisés, dans la hauteur du sous-sol, en puits blindés. Ils mesurent 9 m de haut pour une section carrée de 2 m de côté. La réalisation manuelle est rendue nécessaire par le manque de place sur le chantier pour amener une machine pour pieux. L'autre solution, avec création de micropieux, ne convenait pas à la nature de l'ouvrage. En fond des puits blindés, une semelle de 3 3 m sur une hauteur de 1,20 m, qui s'appuie sur le calcaire, est coulée. Ces poteaux viennent soutenir les poutres coulées sur les tabourets, et la mise en charge de l'ensemble poutres-poteaux se fait au moment où le mur est détruit sous la poutre. Le risque de fissures est largement limité par la hauteur des poutres et la solidité du sol. La flèche de la poutre et le tassement de la semelle sont de l'ordre de 1 à 1,5 cm. Chaque poteau supporte jusqu'à 400 ou 500 t. Au total, une quarantaine de poteaux ont été créés. Parallèlement, les poteaux du rez-de-chaussée sont eux aussi repris. Ils sont percés en pied et reçoivent des barres pleines, d'une section pouvant aller jusqu'à 120 120 mm, scellées à la résine. Des poutres moisantes sont ensuite coulées au niveau de ces ferraillages. Les nouveaux poteaux sur lesquels viennent reposer ces poutres sont réalisés en puits blindés dans les niveaux de sous-sol, entre les fondations existantes. Enfin, la partie inférieure des anciens poteaux est démolie. Quelques parties neuves sont construites en gros oeuvre. Pour une cour anglaise donnant sur les deux niveaux de sous-sol et le rez-de-jardin, les poussées de terre sont reprises par butonnage sur le reste du bâtiment, en plancher haut rez-de-jardin et premier sous-sol. Par ailleurs, sur les trois étages supérieurs, un vide toute hauteur accueille les escaliers. Les charges des anciens murs porteurs sont reprises par des poteaux circulaires ou oblongs. De plus, l'escalier viendra s'appuyer sur les murs porteurs qui ont été conservés. FICHE TECHNIQUEMaître d'ouvrage : ministère de la Culture. Conducteur d'opération : Service national des travaux. Maîtres d'oeuvre : Henri et Bruno Gaudin. Bureau d'études techniques gros oeuvre-structure : OTH. Entreprise gros oeuvre : Chantiers Modernes. Coût du chantier : 60 millions de francs. Durée du chantier gros oeuvre : septembre 1997-juillet 1998. PHOTO : Les charges reprises sont de l'ordre de 70 à 80 tonnes par tabouret. Ils sont scellés dans le mur avec un mortier à base de résine. Après ferraillage une poutre en béton haute résistance est coulée pour reprendre les charges. Précision du Moniteur du 05/06/98 p. 73 : Le coût total de la réhabilitation du Musée est de 320 millions de francs, dont 60 millions de francs pour le gros oeuvre. La maîtrise d'oeuvre est assurée conjointement par les architectes Henri et Bruno Gaudin (mandataires), par le BET tous corps d'état OTH et par l'éclairagiste l'Observatoire. La direction des musées de France assure la direction d'investissement, Apave le contrôle et Cicad la coordination SPS.

Un voile-masque sur toute la périphérie

Sur la périphérie du musée, un voile-masque a été créé sur les deux niveaux de sous-sol pour répondre aux problèmes posés par les poussées de terre. « Ce voile-masque est placé en avant des façades pour ne pas taper dans les fondations, et il est tenu horizontalement par les planchers des deux niveaux de sous-sol », explique Bruno Corpel, chargé d'études, de conception et de suivi de travaux à OTH. Différentes phases transitoires ont eu pour objectif de reprendre les poussées, et le voile a été réalisé en puits blindé, selon la technique des jambes de pantalon. Après création du plancher R - 1 et terrassement, les parties centrales, entre les jambes de pantalon, sont réalisées, toujours en puits blindé. Ensuite, une partie du deuxième sous-sol est terrassée en utilisant le butonnage. Puis le plancher haut R - 2 est créé, ainsi que la partie inférieure du voile dans les parties centrales entre puits. En dernier, la deuxième partie du sous-sol est terrassée, et les parties manquantes avec leur semelle sont réalisées. Le terrassement est à chaque fois effectué en taupe, avec des engins de chantier de taille réduite en raison des contraintes d'espace.

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SOMMAIRE - 4867 - REHABILITATION

Panne historique du moteur principal du bâtiment

Climatisation Un «plafond rayonnant froid» pour une tour de bureaux

Structure Un entrepôt transformé en logements

Structure Renforcement de poutres et de poteaux

Structure Rehausse de bureaux par pieux battus

Structure Surélévation de bâtiments HLM

Fondations Le «soil crete» au secours d'un musée

Electricité Sécurité pour la salle des marchés du Crédit lyonnais

Sols textile Décor personnalisé

Bétons Un chantier très diffus

Aménagement intérieur Un bâtiment militaire devient musée

Démarche séquentielle : nouvelle distribution des cartes

Un pont roulant provisoire pour acheminer des balcons

Isolation par l'extérieur pour rénover des logements

Une vêture avec enduit mince sur isolant

Des échanges informatisés pour une opération HLM

Un faux plafond à grandes trames

Mise en sécurité des installations électriques

Des règles de sécurité à respecter

Organisation : la réhabilitation d'une copropriété complexe

Rénover les terrasses en aidant à la gestion de l'eau

Réfection de sol sans décapage mécanique

Sommaire dossier

Une croissance sans enthousiasme

REHABILITATION Les aides dans le parc privé

Façade Restauration à l'identique de la « Maison radieuse »

Transformation d'une usine en collège

Création d'un étage léger pour un cinéma converti en hôtel

Le Grand-Quevilly : six tours de quinze étages des années 70 totalement «relookées »

INFORMATIQUE Un outil d'évaluation pour la réhabilitation

Un hôtel trois étoiles climatisé au gaz

Protections d'urgence provisoires contre le saturnisme

Remplacer les canalisations en plomb

Reconstruire à l'identique un moulin brûlé

Mise en sécurité électrique pour des immeubles HLM

REHABILITATION La mise en sécurité des installations électriques

Des solutions pour renforcer les structures existantes

LOUIS-MARIE MICHON, ingénieur principal de l'entreprise Pradeau & Morin (Fougerolle) « Il faut identifier les descentes de charges »

JEROME STUBLER, directeur technique du groupe Freyssinet « Nous sommes des dermatologues du béton»

PETER TERRELL, gérant de l'ingénierie Terrell Rooke Associés « Il faut maîtriser les déformations »

Des fibres de carbone pour renforcer les structures

Renforcement d'un plancher en site occupé

Transformation d'un hangar en béton armé

Un plancher en bois composite

Des planchers mixtes connectés

Les bacs collaborants acier-béton

Menuiserie Escalier repliable

Vichy Centre de séjour

Transformations à petits prix

Détection précoce de la corrosion

Un connecteur de planchers mixtes bois béton

Sauvegarder les premiers ouvrages en béton

Les architectes à l'honneur

« Un contexte porteur pour la qualité architecturale des réhabilitations »

NIMES Place des Esclafidous

PARIS-20e Rues Alexandre- Dumas et de Terre-Neuve

AULNAY-SOUS-BOIS Cité des Merisiers

PARIS-16e Rue Félicien-David

LE BLANC-MESNIL Cité du 212

TOULOUSE Cité universitaire Daniel-Faucher

BAYONNE Rues d'Espagne et Lagréou

PARIS-19e Rue de Crimée

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