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Rénover :le pilier social Eviter la démolition des tours existantes

le 21/11/2008  |  ArchitectureAménagementTechnique

Construire des tours ? L’idée séduit à nouveau. Mais autant commencer par ne pas détruire celles qui existent et les restructurer pour offrir à leurs utilisateurs une qualité d’usage supérieure.

Les tours de bureaux ont la cote… chez les promoteurs immobiliers au moins. Côté utilisateurs, les tours des années 1970 et 1980 ont laissé le souvenir d’inconfort thermique et de climatisations agressives, sources de pathologies documentées depuis sous l’appellation « sick building syndrome » (SBS) ou « syndrome des bâtiments malsains ». Heureusement, les grands quartiers d’affaires comme celui de Paris-La Défense ont su faire amende honorable, en rénovant et en restructurant de nombreuses tours pour y attirer des grands groupes jusque-là plus enclins à lorgner vers Londres que vers l’Ile-de-France. Si ces rénovations lourdes ont permis d’embellir les tours et de les rendre plus sobres, elles ont également, au plan humain, fait bénéficier les salariés d’un confort hygrothermique accru, de plus d’espaces éclairés en lumière naturelle, voire de nouveaux équipements (sports, loisirs, restauration, etc.), le tout combiné à une reconfiguration des accès et des abords.

Côté logements, en revanche, les foudroyages de tours qui se sont spectaculairement multipliés ces dernières années ont accrédité la thèse que le dyna­mitage de ces bâtiments vieillissants était souhaité par tous. Une croyance réfutée par l’architecte ­Frédéric Druot, farouche opposant à la démolition, qui travaille avec le duo d’architectes Lacaton & Vassal sur la rénovation de tours de logements. « Tant qu’on ne s’est pas rendu chez les habitants des tours, on ne peut pas comprendre qu’on s’oppose aux démolitions, explique-t-il. La vérité, c’est que pour bénéficier des subventions ANRU, il faut des démolitions dans le dossier. » Des destructions souvent mal vécues par les locataires, et pas franchement « ­développement ­durable ». D’autant que les « fondamentaux » des tours de logements sont sains : « Ce sont des immeubles qui ne sont pas allés au bout de leur capacité », explique encore ­Frédéric Druot.

Eviter le gâchis de la démolition, restructurer l’existant, agrandir les ­appartements, redéployer la vie familiale, ­offrir davantage d’espace et lutter contre la précarité énergétique, ce sont précisément les enjeux du projet de métamorphose en site occupé de la tour Bois-le-Prêtre (Paris xviie). Par ajout d’extensions, de jardins ­d’­hiver et de balcons, la surface hors ­œuvre d’origine (8 900 m2) sera portée à 12 460 m2. La nouvelle organisation des logements et les améliorations apportées permettront, après concertation (voir encadré ci-contre) d’adapter ­l’offre locative aux besoins des familles, d’accéder de plain-pied à tous les logements et de réduire la consommation d’énergie en conservant inchangé le calcul de base des loyers (la surface des jardins d’hiver n’est pas prise en compte). Une intervention « radicale et généreuse », fruit d’une concertation menée au plus près des occupants. Elle montre aussi, pour reprendre l’expression de ­Frédéric Druot, que « faire la ville durable, ça commence dans les ­chambres ».

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