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Rénovation HLM : un modèle d'organisation calqué sur celui de l'industrie... pour gagner du temps

Stéphane Miget |  le 14/10/2013  |  renovationhlmLogement socialYvelinesImmobilierLogement

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Optimisation des temps d’intervention, gestion des stocks et des approvisionnements, limitation des temps de déplacement, séquençage précis des tâches, préparation en atelier… La réhabilitation des résidences Versailles et Aravis a été organisée selon un modèle issu de l’industrie. L’objectif : faire vite et bien.

Les chiffres sont connus : le gouvernement a l’ambition de porter, d’ici à 2017, à 500 000 le nombre de logements rénovés par an, dont 120 000 pour le seul parc HLM. Un chiffre qui paraît difficile à atteindre. Déjà, la loi de programmation du Grenelle de 2009 fixait, comme objectif, la rénovation complète de 400 000 logements chaque année à compter de 2013. On est loin du compte, puisque seuls 120 000 logements privés et 25 000 logements sociaux sont rénovés chaque année. C’est donc un coup d’accélérateur sans précédent qu’il va falloir donner pour espérer y arriver. L’une des difficultés provient des modes opératoires, qui ne sont pas toujours adaptés à des opérations de grande ampleur. Des expériences sont en cours pour optimiser lesdits modes et accélérer la cadence, notamment en s’inspirant de ceux mis en place dans l’industrie.

Absence de sous-traitance

 

A ce titre, la réhabilitation des 395 logements sociaux des résidences Versailles et Aravis, respectivement à Saint-Nicolas-Lez-Arras (62) et à Saint-Laurent-Blangy (62), est exemplaire. Ici, l’entreprise en charge des travaux, Norpac, a mis en place, avec le bailleur Pas-de-Calais Habitat, une organisation innovante pour optimiser la rénovation des logements : « Notre objectif premier, explique Frédéric Talik, directeur des travaux Norpac, est de réduire les temps d’intervention dans le logement à une semaine, contre deux habituellement pour ce type de travaux. Il s’agissait de limiter la gêne occasionnée aux locataires ». Une volonté qui a impliqué une réflexion sur les modes opératoires et la logistique, de façon à préparer en amont et à l’atelier les interventions, et ce en flux tendu : « Nous avons choisi de travailler en direct sans sous-traitance, sauf pour le lot électricité et le désamiantage, et avons axé notre travail sur la polyvalence des compagnons qui interviennent dans le logement. Ainsi un seul compagnon réalise toutes les interventions dans un logement donné – démolition, cloisonnement, sanitaire ou revêtement de sol. A l’atelier, les équipes préparent, pour chaque intervention, le travail des compagnons, ce qui génère une montée en qualité et crée un lien de confiance avec les occupants ».

Découpe et préfabrication

 

Ce type d’organisation, proche de ce qui se pratique dans l’industrie, autorise, selon Frédéric Talik, une accélération du processus de réhabilitation : « Cela nous permet d’accélérer la cadence en démultipliant les équipes. Ici, nous avons mis en place 12 équipes pour presque 400 logements et 16 compagnons interviennent chaque jour dans les logements. Nous avons aussi la possibilité d’accueillir plus facilement des salariés en insertion ». Résultat : neuf mois de travaux à l’intérieur des logements au lieu de seize à dix-sept mois pour des opérations d’ampleur comparable.

La réhabilitation de la résidence Versailles s’accompagne aussi d’une intervention lourde à l’extérieur, avec une totale métamorphose du bâtiment. Elle concerne notamment la pose de 17 000 m2 d’ITE sous bardage et le remplacement des anciens balcons de 4 m2 par des balcons sur structure métal de 14 à 15 m2. Ici aussi, l’entreprise a imaginé une organisation proche de celle de l’industrie, avec un atelier de découpe des bardages et une préfabrication des cadres métalliques des balcons en atelier. : « Nous mettons tout en place de manière à nous approcher d’un produit fini, et que la pose des éléments et la finition soient les plus rapides possible ». Mais ici, la logique à ses limites : « Les garde-corps sont vitrés, il n’est donc pas possible de les installer à l’atelier, il y a des risques de casse lors de la mise en place ».

Fiche technique

Maître d’ouvrage : Pas-de-Calais Habitat (62)
Architecte : Atelier 204 (59)
Bureau d’étude : Bat’sup (59)
entreprise : Norpac (59)

Chiffres clés

5 jours d’intervention en moyenne par logement
17 mois de travaux, 9 mois pour les interventions à l’intérieur des logements
100 compagnons en pointe
261 balcons agrandis de 4 à 15 m2
395 logements
17 000 m2 de bardage réalisés en part propre
Coût : 12,5 millions d’euros

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