Bâtiment

Rénovation énergétique : le bouquet de travaux s’installe chez les particuliers

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Efficacité énergétique

Lors d’un colloque consacré à la maîtrise des dépenses d’énergie dans les logements, le Club de l’amélioration de l’Habitat a présenté les résultats de plusieurs études sur l’évolution du marché de l’amélioration énergétique des logements. Celui-ci se maintient en volume, se contracte en valeur et sa qualité progresse.

Un parterre de spécialistes et professionnels des travaux de rénovation énergétique s’était réuni, le 24 juillet, au siège de Saint-Gobain, à La Défense, à l’initiative du Plan bâtiment Grenelle et du Club de l’Amélioration de l’Habitat. Si l’objectif était d’abord d’échanger autour du thème « Comprendre et maîtriser la dépense d’énergie dans les logements », et plus particulièrement sur l’évolution des comportements des ménages vis-à-vis de leur consommation d’énergie, ce colloque a aussi été l’occasion de faire le point sur l’évolution de l’amélioration énergétique des logements. Ce bilan, dévoilé tous les deux ans, a été réalisé à partir de trois études quantitatives et/ou quantitatives de l’Open (Observatoire permanent de l’amélioration énergétique du logement) de l’Observatoire national du bâtiment (ONTSBTP) et de Thierry Chanchorle Conseil (TCC).

 

Hausse des prix de l’énergie

 

Les résultats montrent des signes de maturité du marché, mais un rythme de développement insuffisant. « Dans un contexte de crise économique et de marché de l’entretien-amélioration des logements morose (-13% en nombre de logements entre 2008 et 2010), le marché de l’amélioration énergétique fait preuve de vitalité », indique l’étude Open.  L’observatoire révèle ainsi qu’en 2010, le nombre de logements sur lesquels ont été réalisés des travaux de rénovation énergétique est en légère progression, passant ainsi de 2,36 millions en 2008 à 2,85 en 2010. Ces résultats s’expliquent notamment par la hausse des prix de l’énergie (baromètre Ademe 2011).  « Les entreprises du bâtiment, spécialistes en rénovation, ne s’y trompent pas en considérant la rénovation thermique en maison individuelle comme un vecteur de croissance pour leur activité », indique l’ONTSBTP.

 

Comportement prudent des ménages

 

Pour autant, le panier moyen des travaux thermiques se contracte et le marché diminue en valeur. L’observatoire Open, comme le baromètre Ademe 2011 révèle une dépense par chantier en baisse de 7% en 2010 par rapport à 2008. « Ce coup de frein peut s’expliquer par un comportement plus prudent des ménages face à la crise ou le resserrement de l’accès au crédit d’impôt », indique l’étude. En conséquence, le marché de l’amélioration énergétique réelle est marqué en 2010 par une baisse en valeur (-4%) : 12,5 milliards d’euros en 2010 contre 13 milliards d’euros en 2008. 

 

Des évolutions contrastées

 

Mais ces chiffres masquent des évolutions contrastées. Trois segments de travaux sur cinq sont en baisse, avec une régression forte sur les équipements de chauffage due aux changements de règles du crédit d’impôt. Deux segments progressent : celui de l’isolation des murs intérieurs et celui de l’isolation des façades par l’extérieur, avec un fort taux de croissance. « Près de 80% des ménages ayant investi dans des travaux de maîtrise de l’énergie ont privilégié des travaux d’isolation des fenêtres et des murs », indique l’étude. En conséquence, le marché se structure autour de trois axes : amélioration du chauffage (moins de 30% du marché), isolation des ouvertures (plus de 40%) et isolation des parois opaques (autour de 30%).

 

Des ménages de plus en plus exigeants

 

Du côté de la qualité, selon l’étude, les ménages seraient de plus en plus exigeants et le niveau de performance énergétique des rénovations serait en progression. Ainsi, les rénovations qui cumulent trois types de travaux (ouverture, chauffage, isolation et pose de solutions techniques performantes) ont progressé de 35% entre 2008 et 2010. « En 2010, ce sont 135 000 logements qui ont bénéficié d’une rénovation thermique satisfaisante, 100 000 seulement en 2008 », rapporte l’étude.

 

Atteindre le bon rythme de développement

 

Malgré tout, cela reste insuffisant prévient le Club de l’amélioration de l’habitat : « A ce rythme, l’objectif de réduction par 4 des émissions de gaz à effets de serre ne pourra être atteint d’ici 40 ans. » Des progrès seraient nécessaires pour atteindre le « bon » rythme de développement du marché explique le Club. Plusieurs pistes, destinées aux professionnels, sont avancées. Il est ainsi recommandé de mettre en avant le diagnostic de performance énergétique (DPE) en faisant connaitre et comprendre les résultats que l’on peut en attendre, en mettant les intervenants en avant, en renforçant les critères de qualité d’un DPE, les fourchettes de prix ou encore les aides financières.

 

Favoriser l’offre globale

 

S’il est aussi préconisé de présenter l’éventail des possibilités adaptées aux différents logements aux particuliers, les professionnels pourraient être plus tentés de se spécialiser, analyse l’étude, et mieux à même de convaincre leurs clients de la valeur de leur prescription, en favorisant la formation et la qualification. De la même manière, l’offre globale devrait être favorisée  et les partenariats de réseaux développés. Et le Club de l’amélioration de l’Habitat  de conclure : « Enfin, reste aux collectivités territoriales de s’impliquer afin de mobiliser les professionnels, artisans, entreprises, négoces et maîtres d’œuvre au travers d’animations locales. »

 

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