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Rénovation énergétique des logements : « Nous devons aller vers une obligation de travaux », affirme Cécile Duflot
Cécile Duflot mercredi 12 février, lors de la conférence annuelle de l’association Effinergie. Assi à la table, le président du collectif, Jean-Jacques Queyranne - © © Eric Leysens/LeMoniteur.fr

Rénovation énergétique des logements : « Nous devons aller vers une obligation de travaux », affirme Cécile Duflot

eric Leysens |  le 12/02/2014  |  BâtimentEnvironnementEtatPerformance énergétiqueSanté

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Si la ministre du Logement, Cécile Duflot, n’a pas fait de révélations mercredi 12 février, lors de la conférence annuelle de l’association Effinergie, elle a marqué sa volonté d’aller vers une obligation de rénovation.

« Nous devons aller vers une obligation de travaux, sans brusquer », a déclaré Cécile Duflot lors de son passage à la conférence annuelle de l’association Effinergie. Pour la ministre du Logement, les 40 milliards d’euros que dépensent chaque année les Français dans des travaux, le plus souvent d’embellissement, doivent être réorientés vers la rénovation énergétique.

Interrogée par LeMoniteur.fr sur ce que cette obligation pourrait recouvrir, la ministre a évoqué la notion de travaux embarqués (comme par exemple la pose d’isolant lors du ravalement d’une façade), mais n'a pas souhaité, à ce jour, s’avancer davantage. « Si je parle au nom du gouvernement d’obligation de rénovation, c’est pour préparer le terrain », explique la ministre écologiste.

Pour Philippe Pelletier, président du Plan bâtiment durable, il y a de nombreuses façons d’obliger. « Si on dit aux bailleurs : "votre immeuble ne peut plus être loué car ses performances énergétiques sont trop faibles", ça revient à obliger. On peut également envisager que la taxe foncière soit fonction de la performance énergétique du bâti », a-t-il indiqué.

De la nécessité d’innover

Quelle que soit la forme donnée au mot obligation, elle devra s’appuyer sur une offre. Pour le député Jean-Yves Le Deaut, Président de l’OPECST il n’y aura pas de massification de la rénovation énergétique sans innovation. Or, selon lui, la RT 2012 la freine. « Le moteur de calcul ne prend pas en compte la VMC double flux, les gaz à effet de serre (c’est volontaire) et les bons comportements », juge M. Le Deaut.  «Demandez à Schneider electric si l’efficacité énergétique est bien prise en compte », a insisté le député qui souhaite changer le moteur de calcul et organise d'ailleurs jeudi 13 février une table ronde sur le sujet à l’Assemblée.

Si, pour Philippe Pelletier l’innovation est également une des clés du succès de la rénovation, il demande de ne pas remettre en cause cette nouvelle réglementation qui « libère l’innovation et n’oblige rien sur les moyens mais sur les résultats ». Le président du Plan bâtiment durable se dit « effrayé par nos amis électriciens qui veulent remettre en cause l’équilibre établit par la RT 2012 et  s’offrir le luxe d’un désordre supplémentaire ».

Permettre à tous d’emprunter pour rénover

Selon le Président de CDC Climat, Pierre Ducret, « la mise en place d’un système généralisé de garantie avec fonds national, financé par les distributeurs d’énergie en échange de certificats d’économie d’énergie (confirmé par le ministre de l’Ecologie Philipe Martin) devrait permettre de multiplier par 4 les investissements dans la rénovation énergétique ». Avant sa mise en place programmée pour début 2015, il faut régler des « détails de garantie bancaire compliqués » afin d’aboutir à des conditions de prêt immobilier.

Disposer d’assez d’artisans compétents

A côté de l’aspect financier, la formation des artisans est un autre pilier sur lequel doit s’appuyer le plan de rénovation massif. Le directeur de l’action territoriale à l’ADEME, Jacques Ravaillaut, se veut rassurant sur ce point. Malgré un nombre d’entreprises « reconnues garant de l’Environnement » (RGE) encore faible, il juge que "l’effet de levier est engagé" (du fait de l’annonce  de réservation des aides fiscales aux entreprises RGE) et que leur nombre purrait atteindre 30.000 en 2015. Reste à savoir si ces quelques dizaines de milliers d’entreprises seront suffisantes pour rénover, comme le veut le gouvernement, 500.000 logements par an.

Communiquer

Côté communication, la ministre du Logement, a indiqué que le lancement d’une campagne de communication grand public simple, la campagne "J'éco-rénove, j'économise", qui cible les ménages qui échappent aux réseaux de la rénovation, a eu un effet direct sur le nombre d’appels vers les guichets de rénovation énergétique. Comme le souligne le think tank « La fabrique écologique » dans son dernier rapport (notre article), "il faut donner envie de rénover et cela nécessite d’investir dans le marketing comme le fait une entreprise pour promouvoir une nouvelle marque".

Bref, pour que, comme le souhaite la ministre du Logement « en 2050, tous les français vivent dans des bâtiments basse consommation », obliger, d'une manière ou d'une autre, ne suffira pas.

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