Rénovation énergétique des copropriétés : la bataille de Paris
Rénovation d'une copropriété place d'Aligre à Paris XIIe - © © LeMoniteur.fr

Rénovation énergétique des copropriétés : la bataille de Paris

Timothée Bongrain |  le 06/12/2012  |  aligreImmobilierPerformance énergétiqueParisEnergie

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Un conseil syndical volontariste a permis aux habitants de la copropriété Fontaine d’Aligre, située dans le 12e arrondissement de Paris, d’aller au bout de son projet de rénovation énergétique. Un vaste chantier technique et administratif qui a demandé le concours de plusieurs bonnes volontés, parmi lesquelles l’Agence Parisienne du Climat (APC).

Comment rénover énergétiquement le bâti privé parisien, qui cumule à lui seul 14 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) du territoire français ? C’est l’une des questions à laquelle la ville de Paris, la région Île-de-France et l’ADEME (l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) tentent de répondre. Car pour l’heure, avec 43 000 copropriétés à Paris, soit 78 % des logements parisiens, la rénovation énergétique et l’isolation de celles?ci constituent un enjeu majeur du Plan Climat Énergie de la ville de Paris, dont l’actualisation sera soumise au Conseil de Paris de décembre.

Dans ce cadre, l’Agence Parisienne du Climat (APC) est née en mars 2011. Cette association qui se veut indépendante et gratuite œuvre sur le territoire parisien et offre un service de conseil, d’accompagnement sur la sobriété et l’efficacité énergétique. À destination de l’ensemble des particuliers, elle prodigue des conseils et des solutions pour maîtriser sa consommation et réduire sa facture. Mais elle offre surtout un accompagnement personnalisé dans les projets de rénovation énergétique, tout particulièrement des copropriétés, dont 75 "pilotes" bénéficient d’une mission d’accompagnement de A à Z auprès des propriétaires dans leur projet de rénovation énergétique.

C’est notamment le cas de la copropriété Fontaine d’Aligre, dont le Président du conseil syndical, Gérard Andrieux, dit à qui veut l’entendre tout le bien qu’il pense de cet organisme. Et de témoigner à quel point celui?ci lui a permis de mener à bien son projet de rénovation énergétique qui devrait s’achever à la fin du mois de janvier 2013.

Pédagogie et communication

Cette copropriété, qui domine le marché Aligre dans le 12e arrondissement à Paris, est composée de 107 logements et de 4 commerces. Dès lors pas facile de mettre d’accord l’ensemble des propriétaires sur des travaux dont le coût total, plus de 800 000 euros, a de quoi dissuader. Mais Gérard Andrieux a de la suite dans les idées et va s’atteler à faire comprendre le bénéfice de cet investissement à moyen et à long terme. Il faut savoir que la majorité des habitants de la copropriété sont des copropriétaires habitants, ce qui a peut?être facilité les choses. En tout cas, les conseils et le suivi de l’APC a permis à l’ancien géomètre d’arriver à ses fins, à sa plus grande surprise. « Je ne pensais pas qu’on pouvait faire passer ça surtout aussi vite », explique?t?il, fier de sa copropriété et de ses habitants qui ont voté pour à 72 % lors de l’Assemblée générale fatidique.

Il faut dire que le conseil syndical, sous la houlette de son président, qui ne cache pas avoir « quelques velléités écologiques » n’a pas lésiné sur la communication, allant jusqu’à louer le café d’en bas pour organiser une soirée de questions réponses. « Ne pas manier la langue de bois ! Il faut être prêt à répondre à toutes les questions, à tout expliquer, y compris les coûts, et à bien exposer les résultats », confirme Pascal Lemaire, un autre membre du conseil syndical.

Audit énergétique

Le financement d’un audit énergétique, réalisé par ENERA Conseil et pris en charge à hauteur de 70% par la Ville de Paris, l’ADEME et la Région Ile-de-France, a permis d’enclencher le passage à l’acte vers la phase travaux. Objectif : diviser par deux la facture énergétique de la copropriété de 90 000 à 45 000 euros par an. Pour ce faire, le conseil syndical décide de rénover la toiture terrasse avec un isolant thermique, d’installer une isolation thermique par l’extérieur, de changer les 400 fenêtres d’origine par du double vitrage, d’installer des régulateurs sur le chauffage et de troquer les ampoules des parties communes contre des lampes basse consommation. Montant total des travaux : 800 000 euros (hors subvention).

Grâce à l’appui de l’Agence Parisienne du Climat, la copropriété obtient une subvention d’environ 200 000 euros accordée par le Conseil régional d’Ile-de-France. En complément des crédits d’impôts et des certificats d’économie d’énergie, la facture des travaux par lot passe de 7 300 à 4 600 euros TTC. Un investissement sur le long terme accessible, qui a permis pour la copropriété de gagner deux étiquettes énergétiques (E à C). La consommation énergétique du bâtiment devrait passer à terme de 236 kWhEP/m² par an à 127 kWhEF/m² par an.

Copropriété Fontaine d’Aligre à Paris : un exemple
Copropriété Fontaine d’Aligre à Paris : un exemple 'référent" de rénovation énergétique - © © Jean-Baptiste Gurliat / Mairie de Paris

Exemplarité

Mais le plus encourageant est sans doute que cette expérience a fait des émules. Les deux immeubles voisins se sont également lancés dans des démarches équivalentes. Le bouche à oreille de la réussite des travaux réalisés et des aides financières accordées n’a pas tardé à convaincre deux copropriétés voisines d’engager, elles aussi, une démarche de rénovation énergétique. Ainsi la copropriété située au 24 rue Beccaria dans le 12e a, elle aussi, fait appel à l’APC et s’est vue accorder, début novembre, une aide pour le financement de l’audit énergétique. La seconde s’apprête à engager les mêmes travaux que la copropriété d’Aligre.

Pour l’heure, l’APC suit 75 copropriétés pilotes, qui ont été accompagnées dans leur projet de rénovation énergétique, 108 audits ont été réalisés, mais seulement 31 copropriétés ont voté des travaux. « Cela ne va pas assez vite », concède Anne Ged, directrice de l’APC. Mais cela permet de mener des projets à terme et de profiter de solides retours d’expérience, selon elle. Un succès comme Aligre sera utile à la mairie de Paris qui présente au prochain Conseil de Paris, le mardi 11 décembre son nouveau Plan Climat Énergie dont les objectifs sont plus qu’ambitieux : réductions des émissions de GES de 25 % par rapport à 2004, diminution de la consommation d’énergie de 25 %, utilisation de 25 % d’énergie renouvelable. Pour y parvenir, il faudra multiplier les chantiers comme celui?ci.

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