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Rénovation à l’identique au palais des papes

philippe donnaes |  le 13/07/2012  |  VaucluseProduits et matériels

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taille de pierre -

Restaurée selon des techniques ancestrales, la tour de Trouillas, qui s’élève à l’extrémité du palais des papes d’Avignon, est également rehaussée afin de retrouver son aspect d’origine.

Les travaux réalisés sur la tour de Trouillas s’inscrivent dans le schéma directeur, élaboré dès 1994, de consolidation et de restauration du palais des papes d’Avignon. Erigé au XIV e siècle, celui-ci constitue, avec ses 15 000 m² de plancher, la plus grande construction médiévale d’Europe.

La tour, de 53 m de haut, bâtie à l’angle nord-est du palais, bénéficie d’une double cure : jouvence et croissance. Le projet comprend en effet la remise en état l’ensemble des ouvertures - certaines avaient été obstruées au cours des siècles - et la restauration des parties endommagées en leur redonnant leur aspect d’origine, mais aussi le rehaussement la tour de 2,50 m au-dessus du niveau existant. La restauration, qui s’effectue selon les techniques originelles par des hommes de l’art, a nécessité d’importantes études en amont afin de concilier les exigences historiques, archéologiques et techniques. L’entreprise a dû tout d’abord purger les zones fortement dégradées, puis décaper en douceur l’ensemble de la tour par hydrogommage pour préserver le calcin de la pierre, et ensuite procéder à la refouille des pierres, c’est-à-dire au remplacement des éléments très endommagés. « Certaines parties de l’édifice ont nécessité d’importants travaux de reprise en sous-œuvre », précise Grégory Masselus, chef d’équipe tailleur de pierre de l’entreprise spécialisée Sèle.

Contraintes logistiques

Principale difficulté du chantier, outre le mistral qui interdisait, certains jours, les travaux en partie sommitale : l’approvisionnement en matériaux et l’évacuation des déblais. Le chantier a en effet nécessité d’acheminer 367 m 3 de pierres (environ 1 000 t), soit 30 m 3 par mois, et d’éliminer jusqu’à 40 tonnes de gravats par semaine. L’ensemble de ces tâches s’est effectué à partir d’un ascenseur central et d’un camion de petite taille, en rotation permanente, adapté aux venelles alentours. « Sur le plan logistique, l’aspect confiné du site, sans aucune possibilité de stockage, nous oblige à fonctionner en flux tendu », conclut Jean Brunet, conducteur de travaux de l’entreprise.

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PHOTO - 652289.BR.jpg - © pelleschi / LAFARGE
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PHOTO - 652291.BR.jpg - © pelleschi / LAFARGE
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PHOTO - 652290.BR.jpg - © pelleschi / LAFARGE
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PHOTO - 652305.BR.jpg - © Emmanuel GABILY / LAFARGE
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PHOTO - 652288.BR.jpg - © PHILIPPE DONNAES
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PHOTO - 652304.BR.jpg - © Emmanuel GABILY / LAFARGE
Fiche technique

Maître d’ouvrage : Ville d’Avignon. Maître d’œuvre : Didier Repellin, architecte en chef des Monuments historiques. Entreprise : Sèle. Coût du projet : 2,5 millions d’euros. Durée des travaux : 24 mois.

Cure de jouvence - Refouille des pierres et jointoiement, ragréage et patine

« Chaque pierre de remplacement, réalisée sur mesure et soigneusement répertoriée, présente la particularité d’être taillée sur les six faces comme à l’origine », confie Jean Brunet, conducteur de travaux de l’entreprise Sèle. Une fois posées, les pierres sont jointoyées tandis que les éléments partiellement abîmés sont ragréés avant l’application d’une patine générale au lait de chaux pigmenté pour harmoniser l’aspect et préserver le bâtiment. L’ensemble de ces travaux est réalisé à partir de mortiers, laits et liants à base de chaux blanche Nathural (Lafarge). « Grâce à cette chaux particulièrement lumineuse, permettant de mettre en valeur les sables employés pour retrouver l’aspect d’antan, nous avons pu nous raccorder parfaitement à l’existant, sans aucune différence de teintes », commente Gregory Masselus, chef d’équipe tailleur de pierre.

Renaissance des créneaux et mâchicoulis

« Le sommet de la tour, coiffé de créneaux et de mâchicoulis, a été détruit par l’érosion du temps, explique Grégory Masselus, chef d’équipe tailleur de pierre de l’entreprise Sèle. Les fers d’armature mis en œuvre à l’origine ont provoqué, en gonflant sous l’effet de la corrosion, l’éclatement de la pierre. » La reconstruction des mâchicoulis et des créneaux représente donc l’une des plus importantes étapes de la restauration. Ces éléments, composés de pierres de taille très élaborées (corbeaux, arcatures, crénelages…) présentent des dimensions variables. Des archéologues ont accompagné l’entreprise pendant les étapes du relevé et de la refouille des chaînes d’angle, des créneaux et des mâchicoulis. Ils ont réalisé des relevés et des sondages pour vérifier les données connues et ont répertorié toutes les barres de fer.

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