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Rennes dévoile son nouveau centre des congrès

Jean-Philippe Defawe (Bureau de Nantes du Moniteur) |  le 15/12/2017  |  ArchitectureTechniqueBâtimentIlle-et-Vilaine

Avant l’ouverture officielle prévue début janvier, les 16 et 17 décembre, les Rennais ont la primeur de franchir le seuil du Couvent des Jacobins, transformé en un Centre des Congrès ultramoderne par Jean Guervilly et les équipes de Sogea.

Au terme d’un vaste chantier de quatre années d’une grande complexité technique (construction de niveaux enterrés sous le monument historique) et logistique (le chantier se déroulant dans un secteur urbain très contraint), le très attendu Centre des congrès de Rennes va enfin dévoiler ses incroyables espaces en partie installés dans un ancien couvent du XIVe siècle. Cet équipement hors normes de 15 000 m2, dont la maîtrise d’ouvrage revient à Rennes Métropole, sera exploité par la SPL Destination Rennes et servira d’écrin à l’Orchestre symphonique de Bretagne. L’investissement devrait atteindre 107,3 millions d’euros HT (valeur à la date de fin de chantier).

Le Couvent des Jacobins, désormais Centre des congrès, conjugue patrimoine, architecture contemporaine et prouesse technologique; la tour signal qui surmonte la façade restaurée du Couvent est couronnée d’un écran lumineux de plus de 60 m2. Invisible lorsqu’il est éteint, il se compose de 36 000 leds dont l’intensité varie automatiquement en fonction de la luminosité ambiante.

Le projet architectural imaginé par Jean Guervilly, associé à l’agence Perrot & Richard pour la partie monuments historiques, a été concrétisé par le savoir-faire des équipes de Sogea avec une centaine d’entreprises, en grande partie locales.

Les espaces originaux de l’édifice respectés

Consciente que le site renferme une charge symbolique très forte pour les Rennais, l’équipe de Jean Guervilly s’est particulièrement attachée à ne pas dissocier valeur esthétique et valeur d’usage. «La question centrale est de ne pas reléguer l’ouvrage initial au rang d’alibi patrimonial et de réinvestir avec pertinence les espaces du couvent, auxquels vont dorénavant s’agréger de nouveaux volumes» explique Jean Guervilly. Les architectes ont ainsi su respecter les espaces originaux de l’édifice. Comment ? En libérant au maximum les lieux patrimoniaux des contraintes du programme et, en conséquence, en cherchant le plus possible à aménager, dans les infrastructures, les grandes salles demandées. C’est ce que les architectes ont proposé, non seulement dans le terrain aux abords du monument, mais aussi en aménageant une salle de 500 places sous l’assiette d’une partie de l’église, de la tour-clocher et des chapelles adjacentes, ainsi que sous l’aile Ouest des bâtiments conventuels.

Le projet est binaire par définition. D’un côté, le couvent restructuré est restitué à l’espace public avec la solennité qui convient, il retrouve sa place dans le nouveau plateau piétonnier de la place Sainte-Anne. De l’autre, un ouvrage rapporté surgit, qu’il a fallu greffer au précédent avec retenue. Le couvent s’est configuré dans une échelle de temps séculaire, le nouvel édifice ne saurait imposer d’un seul trait les canons esthétiques de la dernière décennie. L’introduction d’un troisième élément, sous la forme d’un atrium ouvert à la lumière, assure à la fois la liaison interne des espaces et la transition d’une expression architecturale à l’autre.

Une succession de prouesses techniques

Le chantier se révélera particulièrement complexe. «Certainement le plus complexe de ma carrière» assure Jean Guervilly. «Près de 80% des 15 000 m2 de surface que proposera l’édifice seront sous la terre !» précise l’architecte briochin. En 2015, dans le cadre des travaux d’excavation conduits sous le monument historique, le Couvent reposera plusieurs semaines sur 143 micropieux de près de 14 m de hauteur et 18 pieux en périphérie. Cette phase spectaculaire du chantier visait à construire les salles enterrées du futur Centre des congrès (auditorium de 1 000 places et salle à plat de 500 places).

Des phases tout aussi complexes ont suivi, telles que le retrait des fondations provisoires installées le temps de la «lévitation» du Couvent ou le convoyage et l’installation sur le site de neuf poutres reconstituées soudées (PRS) mesurant jusqu’à 36 mètres et destinées à constituer le plafond du grand auditorium. A la manœuvre, le charpentier métallique Roger Delattre, qui renouvellera l’exploit avec la pose d’une poutre Warren de 40 m de portée qui supportera les trois niveaux de planchers. Quant aux calculs de structures, ils ont été confiés à l’éternel complice de Jean Guervilly, l’ingénieur Marc Malinowsky, du bureau d’études Alto.

Pour Sylvain Bonaldi, directeur du projet chez Sogea Bretagne, la particularité de ce chantier de 74,9 millions d’euros HT (valeur 2013) réside dans le fait qu’il «conjugue des techniques de construction complexes habituellement mises en œuvre séparément»: parois moulées, parois berlinoises, parois clouées, reprises en sous-œuvre sous tabouret, suspensions de voûtes par carcan et lanterne, terrassement en taupe, etc. le tout dans un environnement contraint d’hyper-centre avec, comme voisin, le chantier d’une nouvelle station de métro place Sainte-Anne.

La livraison, initialement prévue en septembre dernier pour une période blanche de test, a été décalée à ce début d’année 2018. Finalement, ce sera directement le grand bain, car l’agenda est déjà bien rempli avec près de 170 événements programmés, dont un premier le 8 janvier et une vaste exposition de la collection Pinault annoncée pour l’été prochain. «On évalue déjà les retombées économiques de l’activité du Couvent des Jacobins à plus de 20 millions d’euros par an» estime Emmanuel Couet, Président de Rennes Métropole

Le chantier dans l’œil d’un drone:

Sogea met le couvent en lévitation:

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1O ans: temps nécessaire pour sortir le projet.

2OO7: Rennes Métropole annonce son projet de se doter d’un Centre des congrès implanté en centre-ville.

2OO9: Rennes Métropole dévoile le site patrimonial retenu pour la construction de son Centre des congrès: c’est le Couvent des Jacobins, monument historique (classé en 1991) et propriété de Rennes Métropole depuis 2OO2. le site se trouve au cœur du centre historique de Rennes et à proximité immédiate de la station Sainte-Anne de la ligne A du métro, bientôt complétée par la desserte de la ligne B en construction.

2O1O: choix du projet architectural de l’équipe conduite par Jean Guervilly.

Décembre 2O11-juin 2O13: fouilles archéologiques préventives conduites par l’Inrap qui mettra au jour près de 8OO sépultures.

2O13: création de la Société publique locale (SPL) Destination Rennes, futur exploitant du site.

2O13: désignation de Sogea Bretagne (mandataire), associée à CMA Entreprises, Degaine, Soletanche Bachy, Botte Fondations, Cegelec Porte de Bretagne et Ineo Atlantique pour assurer les travaux de construction.

24 février 2O14: pose de la première pierre.

2O15: le chantier se dévoile au grand public lors de «fenêtres ouvertes sur le Couvent en lévitation», une des phases techniques les plus complexes de l’opération.

2O16: élévation du bâtiment neuf.

16 et 17 décembre 2O17: le couvent ouvre ses portes au public

Vendredi 8 janvier 2O18: inauguration du Centre des congrès.

Les principaux acteurs

Maîtrise d’ouvrage: Rennes Métropole

Maîtrise d’œuvre: Jean Guervilly (architecte mandataire), Alain-Charles Perrot et Florent Richard (architectes en chef des Monuments historiques), Françoise Mauffret et David Cras (architectes associés), ECB (économiste), Casso (assistance technique sécurité incendie), Votruba (économie de la construction), BSO avec Ates en sous-traitant (BET structure gros œuvre), Alto (BET structure métallique), Beterem (BET fluides et VDI), Terao (BET développement durable), Avel (acoustique), Architecture et Technique (scénographe).

Autres intervenants: Socotec (contrôle technique), Arcoos (coordination SPS), Vulcaneo (coordination SSI), Arcadis (étude géotechnique), Terragone (suivi géométrique, altimétrique tunnel).

Entreprises: Sogea Bretagne (mandataire), associée à Degaine, Soletanche Bachy, Botte Fondations, Cegelec et Cofely Ineo.

Exploitant: SPL Destination Rennes.

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