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Rendre la transition écologique désirable, par Dominique Bidou
Dominique Bidou, président d'honneur de l'association HQE - © © DB
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Rendre la transition écologique désirable, par Dominique Bidou

le 05/12/2019  |  EnvironnementHQETransition énergétiqueFrance

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Le président d’honneur de l’association HQE, plaide en faveur d'une transition écologique plus désirable,  susceptible - aussi - d’améliorer la qualité de vie, la santé et le confort : l’instrument d’un progrès social et pas uniquement une contrainte subie…

La COP 25 est l’occasion de le dire haut et fort : ça ne va pas assez vite! Bien sûr, parce que l’on cherche en vain une stratégie de la transition autre que l’alerte à répétition et la honte de compromettre l’avenir de nos enfants. Il y mieux pour donner envie, une envie qui fait cruellement défaut. La transition par devoir, comme si elle n’apportait que des contraintes, voire une régression de nos modes de vie. Ce n’est pas très encourageant, et chacun attend que l’autre commence, sans parler de la recherche d’un coupable : l’autre, évidemment. Le résultat est que c’est à la puissance publique qu’il revient de porter le «fardeau», de porter à bout de bras la politique du changement, avec toutes les résistances que vous imaginez. C’est elle que l’on accuse quand ça ne va pas assez vite. Ca coûte cher, c’est mal fait, et on prend du retard.

Qualité de vie


L’exemple du bâtiment est intéressant. La rénovation des logements est nécessaire à de nombreux titres. Vétusté, bruit, hygiène, mode de vie, composition des familles, climat et sans doute bien d’autres choses encore. Et pourtant, seul le climat semble motiver et guider la politique. Le label créé pour préfigurer la nouvelle politique réglementaire ne mentionne que le climat et l’énergie. Rien sur la qualité de vie des occupants, ce n’est manifestement pas le problème… Le climat est un sujet qui peut recevoir un accueil favorable dans les esprits, mais souvent sans suites concrètes. Trop complexe, trop loin, inaccessible. Le retour d’investissement est aléatoire. La rénovation est ainsi dépendante de subventions ou d’avantages fiscaux, et l’idée de la rendre obligatoire revient régulièrement, même si la sagesse populaire le dit bien : "on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif."

Instrument de progrès social


Un minimum de marketing ferait comprendre l’intérêt d’ouvrir l’argumentaire. On ne construit pas, ou l’on ne rénove pas de logements pour faire des économies d’énergie, mais pour accueillir des êtres humains, avec leurs désirs, leurs envies, leur culture, leur mode de vie. Il faut satisfaire cette exigence, la raison d’être d’un bâtiment. L’énergie et le climat sont des contraintes à intégrer, à «embarquer» dans un projet, sans en être la substance. Il est tout à fait possible d’y parvenir, et avec une grande efficacité. Les exemples abondent, tant pour le logement que pour les locaux d’activité. La transition énergétique (ou écologique) apparaît alors comme un moyen d’améliorer la qualité de vie, et «l’urgence climatique» une occasion de reprendre en main un parc immobilier pour le plaisir, la santé et le confort de ses habitants. La transition comme instrument de progrès social, et non comme contrainte et abandon d’envies et de rêves.

Bien-être


L’expression «facteur 4» est le titre d’un livre commandé par le Club de Rome. Le sous-titre en explicite le sens : deux fois plus de bien-être, en consommant deux fois moins de ressources. La croissance est donc au rendez-vous, celle du bien-être, la seule digne d’intérêt, susceptible de donner envie de s’engager dans la transition, pas uniquement les experts et les militants, mais l’ensemble de la société. Au lieu de devoir porter la transition à bout de bras, les pouvoirs publics auront pour tâche d’accompagner un large mouvement social, en donnant des repères, en favorisant les échanges, en formant les professionnels, en adaptant des règles souvent anciennes, en apportant en France les fruits de la coopération internationale. Une telle politique est peut-être plus longue à mettre en place, et suppose une culture sans doute bien éloignée de celle qui domine dans les administrations. Mais une fois engagée, elle prend toute son ampleur et permet d’aller beaucoup plus vite et plus loin, sans avoir à affronter chaque jour des résistances actives ou passives. Donner envie du développement durable, c’est autre chose que de s’y résoudre «parce que l’on n’a pas le choix»!

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