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Rendre l’écran indispensable
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Rendre l’écran indispensable

Franck Guidicelli (article de janvier 2008) |  le 03/01/2008  |  Technique

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Les industriels du secteur tentent d’imposer l’écran de sous-toiture comme un élément indispensable de la construction grâce à sa contribution à l’amélioration de la performance thermique des isolants.

Séduire toujours plus les couvreurs grâce à une grande polyvalence des produits et une mise en œuvre plus simple. Tel est l’objectif principal des industriels sur le marché des écrans de sous-toiture. Collant parfaitement aux objectifs du Grenelle de l’environnement notamment et ayant démontré son utilité lors de la tempête de 1999, l’écran de sous-toiture est un produit en vogue. Pourtant, dans le neuf, une grosse marge de progression existe.

Séduire les promoteurs-constructeurs

Daniel Esnault, couvreur en Loire- Atlantique, résume assez bien la situation : « Nous avons beaucoup de mal à mettre de l’écran de sous-toiture en neuf, notamment avec les constructeurs ou promoteurs. La raison est simple, c’est un produit qui ne se voit pas et qui ne donne pas de plus-value à la maison ». Un gros effort reste donc à faire du côté des industriels pour convaincre tout le monde de la nécessité de ce produit. Paul Merle, directeur commercial de Doerken France, pense d’ailleurs « qu’il devrait systématiquement s’en poser dans le neuf surtout suite au Grenelle de l’environnement et aux nouvelles réglementations thermiques ». Car aujourd’hui, la pose d’un écran de sous-toiture n’est pas obligatoire réglementairement. Jean-Luc Petis, conseiller technique chez Onduline, constate toutefois « une réelle demande des clients pour les produits respirant suite à la RT 2005 ». Paul Merle y ajoute toutefois un bémol en précisant que « aujourd’hui, en France, les couvreurs découvrent le plus souvent la réglementation thermique. Nous devons donc les accompagner pour voir l’intérêt de tous en multipliant les rencontres professionnelles avec les artisans par l’intermédiaire des négoces notamment ». Sur le terrain, en effet, ce manque d’information rejaillit parfois dans une confusion encore très souvent faite entre l’écran de sous-toiture et l’isolant mince réfléchissant.
Jean-Michel Bonnet, président du Snest, estime que « depuis le passage au marquage CE des écrans de sous-toiture, la distinction est facile car les isolants minces n’ont pas ce marquage. Nous alertons sans arrêt et depuis longtemps les couvreurs sur les risques de condensation existant en cas de mauvaise pose d’un IMR ». Ce que confirme Christophe Lagrange, directeur marketing composants de toiture chez Lafarge Couverture : « Les pathologies peuvent être importantes et le négoce doit être le lien avec les couvreurs sur ces questions-là afin de véhiculer les bons messages d’information ». Cette confusion existe aussi par l’apparition encore récente d’écrans de sous-toiture réfléchissants, une stratégie évidente des industriels qui entendent ajouter aux fonctions de l’écran un vrai rôle dans le confort d’été. Christophe Beyer, responsable marketing chez Soprema, confie d’ailleurs que « nous surfons sur la mode du réfléchissant depuis la canicule de 2003 ».

Participer au confort d’été

« L’écran de sous-toiture va de plus en plus devenir un produit complémentaire à l’isolation car le couvreur va évoluer petit à petit dans la pose d’isolant par l’extérieur », prévoit Eric Zimmer, chef de marché négoce chez Siplast. Une suite logique selon Paul Merle qui constate que « les choses évoluent. Avant, nous parlions beaucoup d’étanchéité à l’air intérieur alors que nous parlons de plus en plus de l’étanchéité au vent, de la protection du côté extérieur. Un rôle sur mesure pour l’écran de sous-toiture ». Même son de cloche chez Christophe Beyer qui affirme « que l’écran de sous-toiture va favoriser le confort thermique car il bloque le flux d’air. D’ailleurs, nous pourrons très bientôt démontrer qu’un toit avec un écran obtient un meilleur bilan énergétique que sans, car l’écran va optimiser le fonctionnement de l’isolant qui n’est pas pollué ». Hervé Quesnel, responsable des achats du groupe Larivière, confirme cette tendance : « L’écran réfléchissant répond à une vraie demande des clients qui attendent non seulement de l’écran de sous-toiture qu’il soit un complément d’isolation mais également un complément confort surtout en ce qui concerne les combles aménagés ».
Doit-on en conclure que des systèmes combinant isolant et écran de sous-toiture vont voir le jour prochainement. Pour Christophe Lagrange, la réponse est non : « Ce ne sont pas les mêmes intervenants qui posent les deux produits, le couvreur va être chargé de la pose de l’écran alors qu’un plaquiste va intervenir pour l’isolant ; cela semble donc très compliqué à mettre en œuvre sur le terrain ».
Pour Paul Merle, la mise en œuvre reste un débat crucial sur ce marché : « Nous sommes dans une année de transition car l’avis technique sur le produit a été supprimé et le CSTB est en train de mettre en place une procédure d’homologation des produits qui devrait voir le jour en 2008 ». Ce que confirme Jean-Michel Bonnet : « Nous sommes en train de mettre en place un processus d’évaluation des écrans de sous-toiture afin d’éviter que tout et n’importe quoi se fasse sur ce marché en pleine croissance, tout cela devrait être effectué courant 2008 ». José Faucheux, couvreur dans l’Aisne, attend avec impatience cette mise au point : « Ce marché a connu une vraie révolution et maintenant est venue l’heure de tout remettre à plat avec une information adéquate afin de rappeler à tous les règles de l’art ».
Ces nouvelles réglementations doivent venir un peu plus encadrer les couvreurs qui restent au cœur des préoccupations des stratégies industrielles des leaders du marché. « L’écran de sous-toiture ne présente que des avantages pour le couvreur, sourit Christophe Lagrange. D’une part, il sert de bâche provisoire lors de l’exécution des travaux, puis maintenant avec les écrans HPV la pose est simplifiée car possible dans presque tous les cas de figure. » Un sentiment partagé par José Faucheux : « L’utilisation d’un écran de sous-toiture est un moyen de nous simplifier le travail tout en amenant un plus grand confort aux clients ». Un bon compromis en somme.

Ce qu’ils en pensent

Eric Zimmer, chef de marché négoce chez Siplast
“ Aujourd’hui, le HPV connaît des progressions importantes mais nous avons chez Siplast parié avec raison, il y a quelques années, sur l’avenir des barrières radiantes. Ces écrans réfléchissants participent activement au confort d’été. Dans la rénovation notamment, c’est un marché qui commence à éclore et qui devrait exploser.
Christophe Lagrange, directeur marketing composants de toiture chez Lafarge Couverture
“ Nous travaillons toujours pour favoriser la mise en œuvre des produits. Depuis quelques années, les HPV ont révolutionné la pose, car ils peuvent être mis directement au contact de l’isolant. Maintenant, il faut travailler sur la réglementation de la mise en œuvre, ce que font le CSTB et le Snest.
Christophe Beyer, responsable marketing chez Soprema
“ Les habitudes en matière d’écrans de sous-toiture évoluent avec une grosse prédominance des écrans HPV qui permettent une pose dans presque tous les cas de figure. Cependant aujourd’hui, la pose d’un écran de sous-toiture reste une démarche volontaire car si elle est recommandée, rien n’est obligatoire.

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